01.12.2009

C'est fini !

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Elsasong existe depuis fin mars 2006, il s'est empli de tous ces textes et de toutes ces photos au fil de mon inspiration, de mon humeur, de mes expériences... 30 Mo d'espace mémoire utilisé, voilà le résultat !

Elsasong c'est fini, un "elsasong2" n'est pas à exclure, mais pas pour tout de suite. J'ai pour le moment d'autres priorités, notamment en matière d'écriture. Il me faut du temps et l'air de rien, tenir un blog, ça en prend énormément !

Si vous passez par là, arrêtez-vous un peu, venez glaner ici ou là des choses qui vous feront plaisir. Commentaires bienvenus, bien sûr !

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18.11.2009

Vers le Nord

Ostende, Bruges, Lille, Bruxelles, Rotterdam, Delft, Louvain-la-Neuve, Tournai (août 2009)

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Ostende

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Ostende

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Ostende

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Bruges

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Bruges

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Bruges

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Bruges

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Bruges
Kezanti Art Gallery

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Lille

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Lille

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Bruxelles

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Bruxelles

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Bruxelles

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Bruxelles

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Bruxelles

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Bruxelles

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Bruxelles

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Rotterdam

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Rotterdam

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Rotterdam

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Rotterdam

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Delft

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Delft

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Delft

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Delft

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Louvain-la-Neuve (26 rue du Labrador)
Musée Hergé

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Louvain-la-Neuve (26 rue du Labrador)

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Louvain-la-Neuve (26 rue du Labrador)

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Tournai

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Tournai

07.11.2009

Le don de vivre

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Le don de vivre a passé dans les fleurs. Pourquoi cette phrase, enfouie au fond de ma mémoire, me revient-elle si soudainement ? Je n'ai jamais vraiment compris ce qu'elle voulait dire, et aujourd'hui, en cet instant, je ne parviens toujours pas à me faire une idée précise de la situation. D'ailleurs, dans cette phrase, je trouve qu'il y a une faute de français. Moi, j'aurais plutôt dit : "Le don de vivre est passé dans les fleurs." Cela me semble plus correct, et moins flou. Certes, le verbe "passer" se conjugue autant avec l'auxiliaire être que l'auxiliaire avoir. Le temps a passé, il est passé… Mais  pourquoi écrire : "Le don de vivre a passé dans les fleurs ?"

Le don de vivre est passé dans les fleurs. Il y a encore quelque chose qui cloche. L'on dit communément "le don de soi", "l'amour de vivre", alors qu'en est-il du don de vivre ? La vie qui m'a été donnée ? Le don de ma vie tout entière vouée aux fleurs, jusqu'à l'obsession, la folie, la destruction ? Ça a passé, c'est tout délavé. Le don de vivre s'en est allé, là-bas, très loin, dans les jardins d'Eden, rejoindre ses paradis perdus.

Le don de soi est passé dans les fleurs. L'amour de vivre est passé dans les fleurs. L'on passe dans un endroit, mais pas dans quelque chose ! Comment "passer dans les fleurs" ? Passer entre les fleurs, ça c'est possible, mais dans les fleurs ? Hier matin, je suis passée chez toi, mais tu n'étais pas là. Je suis passée par la ruelle, je suis passée entre les gouttes, je suis passée dans ton jardin, je suis passée par la fenêtre. Mon amour pour toi est passé dans les fleurs, tout mon argent est passé dans les fleurs, toutes celles que je t'ai offertes, jour après jour, depuis notre rencontre, pour que tu n'oublies jamais. Je ne le regrette pas.

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Ton amour est passé entre les fleurs. Il a filé, telle une abeille, pressée de rentrer à la ruche, impossible de le rattraper. La lune de miel est terminée. Comme j'y ai cru, tu sais ! Je t'avais tout donné, ma vie entière reposait dans tes mains, je t'étais dévouée, corps et âme, pieds et poings liés. Tu pouvais faire de moi ce que tu voulais, j'étais à toi, seule, exclusive, excessive, si aimante, admirative… Un jour, sans prévenir, tu as fait tes valises, tu m'as dit :"Garde tout, je m'en vais, je ne reviendrai jamais."

Tu n'es pas allé loin, casanier comme tu es, tu es retourné vivre dans le giron maternel, bien chaud, bien douillet, rassurant. Tu ne m'as laissé que de grandes pièces vides, et pas assez de larmes pour pleurer. J'avais l'envie de toi, pour toujours, j'avais le don de vivre, de ne vivre que pour toi. Tu as tout saccagé, tout détruit, tout défait. Je n'achète plus de fleurs, la boutique est fermée. Je suis presque morte, est-ce que tu le sais ?

J'ai cassé un à un tous ces vases vides, désormais inutiles. Cela forme, sur le sol, une très jolie mosaïque. Le sang qui coule de mes poignets, que je secoue, rajoute à l'œuvre d'art par ses effets de taches, de gouttes à gouttes. Je me sens faible, la tête me tourne, je m'affaisse, je m'écroule… Je suis allongée là, dans le salon, sur un tapis épais de vases cassés, éclatés, brisés en mille morceaux. Ma vie s'en va, les fleurs avec, sache que je fais tout ça pour toi.

Le don de vivre a passé dans les fleurs.

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Nota bene :

La phrase citée au début et à la fin de ce texte est de Paul Valéry, dans "Le cimetière marin", poésies, Bibliothèque de la Pléiade :

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L’argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs !

28.10.2009

La visite

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Le petit corps gisait, ensanglanté, sur la moquette écrue du salon, chichement meublé, mais très encombré. Deux clic-clac fatigués, élimés, aux couleurs passées, se faisaient face ; des étagères croulaient sous les livres, les disques, les cassettes vidéo, les DVD. Entre les deux canapés, trônait une grande table basse, sur laquelle se trouvait un fouillis indescriptible, peu ragoûtant : cannettes de bière, bouteilles de vin, verres encore pleins de breuvages indéterminés, couverts sales en plastique, emballages de pizza, cendriers débordant de mégots en tout genre… Il y avait une chaîne hi-fi d'un autre âge, avec des baffles impressionnants, un grand meuble poussiéreux où étaient posée un grosse télévision et tout le nécessaire pour visionner des films. Le sol à cet endroit était jonché de disques numériques, dépourvus de pochettes, lesquelles étaient rangées en piles, par terre, à la manière de la tour de Pise. Ces édifices semblaient pouvoir tomber à n'importe quel moment, certains s'étaient déjà écroulés, rajoutant à l'apocalypse qui semblait avoir frappé les lieux. Sur le papier peint jauni, déchiré, défraîchi, étaient punaisés des posters : Serge Gainsbourg, Bob Marley, The Doors. Une photo d'Hubert-Félix Thiéfaine en concert, encadrée, sous verre, était accrochée de travers. Ici, le désordre régnait en maître. Le ménage n'avait pas été fait depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Il y avait, dans toute la pièce, une forte odeur de poubelles.

Comment avait-on pu s'acharner à ce point sur une créature aussi innocente, inoffensive ? Sans défense, elle n'avait pas pu résister longtemps, quelle méchanceté gratuite ! Le frêle cadavre reposait sur le dos, la tête sur le côté, désarticulé, les yeux restés ouverts. Il baignait dans le sang, il en était couvert. Tout ce sang sans raison ! Il avait de multiples blessures sur le ventre, sur le cou, sur la tête… On s'était acharné, jusqu'à vouloir le démembrer, le briser, le déchiqueter. Tout autour de lui, une constellation de petites taches rouges maculait la moquette, usée, poussiéreuse, presque grise. C'était abominable, révoltant : sans doute le travail d'un monstre, l'œuvre d'un dangereux psychopathe, à enfermer d'urgence. Pour le moment, il ne fallait toucher à rien, laisser intacte la scène de crime, chercher des indices… Il y avait d'autres pièces dans l'appartement : il était temps d'y jeter un œil.

Dans la cuisine, un entassement de sacs poubelle, pleins à ras bord, lacérés par endroits, éventrés, vomissaient leurs déchets. Sur la petite table en formica, la même nature morte que dans le salon : vieux restes de repas, cadavres de bouteilles, cendres et mégots… La fenêtre était fermée, on ne pouvait que difficilement y accéder. Les sacs poubelle encombraient le passage, il faudrait les enjamber… La puanteur était infernale, insupportable, à en vomir : on devait aérer à tout prix, c'était intenable ! Il y avait là, sur les verres, les couverts, moult empreintes digitales qu'on se devrait de relever, identifier… Au vu du mode de vie de la maison, il ne serait pas étonnant qu'y soient venus des gens de mauvaise fréquentation, des délinquants, des trafiquants, des voyous, des bandits… Ils y étaient sûrement pour quelque chose, dans la mort de ce petit être sauvagement agressé, reposant là, tout près, dans le salon. Un délire malsain, alcoolisé, shooté, qui avait mal tourné ? Les choses qui dérapent, qui finissent dans le drame… Où sont-ils, maintenant, tous ces fêtards ? Les rats ont quitté le navire !

Il y a un long couloir qui mène à deux portes, celles des chambres ? Après tout, il y a peut-être des gens qui dorment, même si nous sommes en plein après-midi. Avec cette façon de vivre, il n'y aurait rien de surprenant. Il faut aller voir, avoir du courage, s'y risquer, vaille que vaille, malgré la peur qui tenaille. Que va-t-on trouver ? L'enquête doit avancer, coûte que coûte ! Ça ne sent pas non plus très bon par là. Quelle infection ! À s'en boucher le nez ! L'une des deux portes est entrouverte. C'est la salle de bains, avec les toilettes, à croire qu'on y a fait bien d'autres choses que de s'y laver. C'est crasseux, répugnant, vomitif. Il y a des verres à bières, des verres à vin, des flûtes à champagne posés ça et là, renversés ou brisés par terre. Il y a des odeurs de vieille vinasse, d'alcool tourné, mêlé au tabac froid. Des mégots ont été éteints dans le lavabo, il y en a aussi dans le bac de la douche, au rideau en plastique percé d'une multitude de trous, des brûlures de cigarettes, comme autant d'étoiles, de petites planètes… Autant mettre un peu de poésie dans ce capharnaüm, c'est tellement glauque, tellement abject… Des vêtements informes sont accrochés aux patères, il y a des traces de doigts suspectes, des dessins obscènes partout sur les murs… C'est écrit "FUCK" en grand, juste au-dessus de la cuvette des WC, dégoûtante, vraiment pas nette…

Pas grand-chose de plus à tirer de cet endroit, c'est consternant, un laisser-aller pareil, un manque aussi flagrant de dignité humaine. Il vaut mieux refermer la porte et aller vers l'autre, celle qui est close. Là est la solution de cette énigme, sans aucun doute. Pauvre petite victime morte, pas loin, dans le salon… Qui a pu lui faire ça ? Il faut s'attendre au pire, vu l'état de dévastation, de décomposition, de guerre nucléaire dans les pièces précédentes. Est-ce que ça vaut vraiment la peine de s'y aventurer ? Ne vaudrait-il pas mieux appeler les secours ? Ça sent mauvais, non, cette histoire ? Des grattements se font entendre derrière la porte, et puis aussi des gémissements. Sans réfléchir, aller ouvrir, enclencher la poignée, ne ressentir aucune résistance, elle n'est donc pas fermée de l'intérieur, pousser le battant, en grand, faire un pas dans la pièce…

Voir soudain s'échapper une bête hurlante, tel un bolide télécommandé, filer à fond de train dans le couloir. Quelques secondes de réflexion, puis un mauvais pressentiment. Le cœur qui bat, la sueur qui perle, courir vers le salon, mais il est déjà trop tard… Le sinistre animal achève son méfait, ayant déjà englouti une partie de sa proie, dont il ne reste dorénavant que l'arrière-train… C'est pathétique, navrant, rageant, il n'y a plus de scène de crime, avalée par ces monstrueuses babines, ces canines aux éclats carnassiers ! Il n'y a plus rien à faire, maintenant. Dans un coin, près de la fenêtre donnant sur le balcon, on aperçoit la cage, vide, ouverte.

En avoir le cœur net, retourner dans la pièce du fond, finir la visite de l'appartement, aller au bout des choses… Remonter le couloir, hésiter quelques instants puis entrer prudemment… C'est une chambre où règne, apparemment, moins de désordre que partout ailleurs. Les rideaux sont tirés, créant la pénombre. Il y a une forme allongée, sur le lit, quelqu'un qui dort ? Trouver l'interrupteur, mettre de la lumière, s'approcher… Dans les draps se tient une femme, une vieille femme, à la peau très pâle, aux cheveux tout blancs. Elle repose sur le dos, la tête sur un gros oreiller, les mains jointes, les yeux fermés, un léger sourire sur ses lèvres, figées pour l'éternité.

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17.10.2009

Chroniques automnales

Ci-dessous cinq chroniques d'albums que j'ai réalisées pour les numéros d'automne 2009 du Transistor et de Sur la même Longueur d'Ondes.

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KASHMIN
L'arbre noir
10 titres - Autoproduction

http://www.myspace.com/kashmingroupe

Le quintette (ex-Cashmin Soja) est désormais composé de Yann Lemarchand (chanteur), Robby Ten Braak (guitariste), Pascal Malié (batteur) et des frères Terranova, du groupe French Paradoxe : Franck (basse), Stéphane (guitare). Créée sur les bases de l'improvisation collective, la musique de Kashmin se joue des genres (punk, blues, flamenco, chanson, jazz…) mais reste profondément sombre, mystérieuse, prophétique. Les guitares sont puissantes, acérées, les rythmiques énergiques, appuyées, le chant rageur, écorché. "L'arbre noir" est un album franc du collier, à l'esprit rock, avant toute chose. (LE TRANSISTOR #28)


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UN HOMME ET UNE FEMME
Opium
10 titres - Kitchen Music

http://www.myspace.com/unhommeetunefemme

Trois ans après "Alamera", premier album sorti en 2006, où chanson française et rock new-yorkais se mêlaient habilement, le trio nous revient avec "Opium", aux atmosphères lourdes, lancinantes, douloureuses. Si Franck et Steve Travert, et Kevin Pierre-Emile restent dans le même registre musical, ils poussent plus loin leur démarche, expérimentent, triturent, distordent, déstructurent, réassemblent, élaborent, recomposent… Le résultat est convaincant. Sous la noirceur il y a toujours la lumière. Soudain elle explose, nous aveugle, nous chavire : moments exquis, forts et intenses, instants de grâce. (LE TRANSISTOR #28)


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J.mini
"Les figurants"
(La Small Factory / Microsillon)

http://www.myspace.com/jminiovni

"L'enfant lunaire" a été enregistré en trio (J.mini : chant/guitare, Louise : violoncelle, Hary : basse), juste avant l'arrivée de Gaetan (batterie). Sur ce 4 titres, le groupe joue au complet. Nous connaissions "La danseuse étoile" et "Sous ta peau", nous découvrons deux chansons inédites, légères et sautillantes, aux accents folk, jazzy : "Les figurants" et "Ma dernière balle". (LONGUEUR D'ONDES #51)


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Le P'tit Bazar
"Capharnaüm Palace"
(Zarba / Anticraft)

http://www.myspace.com/ptitbazar

Ça commence par le triste mais éclatant "Epilogue", ça continue à fond les manettes avec "La main dans l'sac", ça se repose "Chambre 103"… Nous goûtons "La chair et l'ennui", "Avec ou sans toi", nous avons "Le cafard", nous accompagnons "Le cortège"… Les six musiciens du P'tit Bazar, multi instrumentistes très créatifs, nous invitent à les suivre dans leur "Capharnaüm Palace", au caractère éclectique, hétéroclite, parfois déjanté, un peu déglingué. Les cuivres sont puissants (trombone, clarinette, trompette, bugle, tuba), les guitares savent se faire électriques ; se rajoutent du piano, de l'accordéon, du banjo, du violoncelle… La batterie reste discrète ("Tout blanc", "Je n'ai fait que passer") ou prend la direction des opérations pour un ska débridé ("La grande horloge"), un punk rock endiablé ("Ma sœur"). L'univers musical et poétique est à rapprocher de celui de Thomas Fersen, des Têtes Raides, ou des Hurleurs. (LONGUEUR D'ONDES #51)


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Redbong
"Divisés (pour mieux régner)"
(Yes High Tech – Yotanka / Discograph)

http://www.myspace.com/redbong

Après "Coup de grisou" et "La France qui se lève tard (et qui t'emmerde)" les quatre stéphanois (ils se proclament "les Poulidor du rap") nous présentent leur nouvel album concept, écrit à la façon d'un scénario : les 18 titres s'enchaînent comme les séquences d'un film. Un film noir, virant au cauchemar. Sébastien et Julien (MC), Fabien et Nicolas (machines) nous racontent l'histoire de deux types qui mènent des existences plutôt "banales". Colocataires, ils jouent ensemble dans un groupe de rap, et se débrouillent pour vivre : l'un fait de l'intérim, l'autre trempe dans le trafic de stupéfiants… Tout va (presque) bien, au début, on se marre, même ; puis la tension monte, il y a des grains de sable dans les rouages de la machine, ça s'emballe, ça s'accélère, ça tourne au drame… La violence se déchaîne après "Rupture" (instrumental). Les deux héros sont pris dans l'engrenage, ça dégénère… Jusqu'à la chute, inattendue ! (LONGUEUR D'ONDES #51)

07.10.2009

Alex et Siméo

Une sortie d'album, ça se prépare. Ceux d'Alex et sa Guitare et de Siméo se sont peaufinés cet été et vous attendront dans les bacs au cours du mois d'octobre 2009. Ne les ratez pas, et allez voir ces artistes sur scène !

J'ai interviewé ces jeunes talents, tous deux auteurs, compositeurs et interprètes (maintenant, pour faire court, on dit : "ACI") pour la rédaction d'articles dans le numéro 51 de la revue Sur la même Longueur d'Ondes. Les voici.

 

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Alex et sa Guitare

"La Genèse"

(RSR Productions / Mosaic Music)

http://www.myspace.com/alexetsaguitare

"Je m'appelle Alexandre, nom de scène Alex et sa Guitare, je fais de la chanson à tendance humoristique, mais pas que." Ainsi se présente cet artiste de 29 ans, qui, enfant, se passionna pour la magie. Ancien monteur à la télévision (ce n'était pas très créatif, et lui est plutôt inventif), coutumier de l'improvisation théâtrale (il y puise des idées pour ses propres spectacles), il monte sur scène en solo, avec batterie électronique, boîte à samples et… sa guitare. Sur la pochette de son 5 titres ("L'accord parfait", 2006), il pose fièrement avec elle, à l'église, pour leur mariage. "C'est une folk, j'aime bien le côté acoustique et rentre-dedans." Pour "La Genèse", Alex recrée une scène biblique où il se représente en Adam sur le point de croquer la pomme, tout près d'Eve, sa guitare bien-aimée… Sur le CD, dix chansons drôles, inspirées du vécu poussé à l'extrême ; de la parodie, de l'autodérision, de l'émotion aussi, comme dans "La maison d'mon enfance" où il est question d'un déménagement et d'un chat Tigrou. "Les régimes", "La place du con", "L'aponctualite aiguë" sont des expériences personnelles, "Pierre-André Blanchard" est un super-héros qui utilise mal ses pouvoirs et provoque des catastrophes, "J'pleure pas, j'suis un mec" fait parler un gros dur sur des accords metal, "Le magicien aigri" a perdu de sa splendeur… Dans "La Star Ac" (le clip est très populaire sur le net) Alex imagine qu'il a été retenu pour l'émission : le cauchemar ! Les plages 11 à 58 présentent un jeu interactif, "La chanson dont vous êtes le héros", pour "inciter les gens à écouter les textes attentivement." D'autres surprises vous attendent dans "La Genèse", car Alex s'est appliqué à en faire "un bel objet".

 

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Siméo

"Sous un ciel trois étoiles"

(Bouh ! / Differ-ant)

http://www.chezsimeo.com

Trois ans après "Envie", son deuxième album, notre Lyonnais, désormais Parisien, nous propose onze nouvelles chansons, enregistrées au studio Garage avec le réalisateur Dominique Ledudal (Rita Mitsouko, Thomas Fersen, Vincent Delerm…). Siméo raconte : "Je voulais faire un disque pop en français. Je suis allé le voir avec mes chansons en lui disant que je voulais travailler avec lui. Puis j'ai rencontré cinq musiciens exceptionnels, aussi bien dans le jeu qu'humainement. On savait tous où l'on allait sur ce disque. Je l'ai écouté hier… Je suis content parce que c'est tout à fait ce que je voulais faire. Quand je suis arrivé avec mes maquettes, que j'ai commencé à travailler avec les musiciens et Dominique, c'était ce que j'espérais entendre. Donc je suis ravi !" Pour "Envie", Siméo avait œuvré seul, jouant de tous les instruments, pour un rendu acoustique. "Sous un ciel trois étoiles" est bien plus électrique, tonique, chaud, lumineux… Il y a toujours ces accents reggae, ces rythmiques légères et sautillantes, mais pas seulement (le trip hop de "Lasse", le rock de "Cowboy"). L'univers se fait très music-hall : "Je mens" (premier titre) puis plus loin "Cinéma". On imagine tout à fait notre jeune homme mener le bal, ayant troqué le jean, les santiags et la chemise à carreaux contre un chapeau haut-de-forme, une canne, un costume à paillettes… Tout ce qui brille n'est pas or et, loin de la scène et des éclairages, "C'est la vie" nous rappelle à la réalité, avec son lot de déceptions, ses désillusions… D'amour, il en est bien entendu question, mais là, il fait souffrir. L'être aimé a trahi, est parti, n'aime plus : "Ma vue", "Petite conne", "Sarah"… "L'amour est la seule chose qui compte pour moi avec la musique, les deux étant intimement liés" nous confie Siméo. Dans ses textes, fins, subtils, il se raconte ou raconte des histoires : "Mademoiselle" est un hommage direct à une chanson du Québécois Jean Leloup, "Les timides" s'en moque gentiment, "Cherche" (sans moi) est une réponse aux grincheux. "J'avais envie que ça groove, que ce soit pop, que ça s'écoute bien en voiture." C'est réussi !

 

Itv09_LO#51.pngLongueur d'Ondes #51 est disponible en version papier (principalement sur les lieux de concerts, mais également dans les médiathèques, MJC, bars...) ou en PDF (à télécharger).

http://www.myspace.com/longueurdondes

http://numero.longueurdondes.com

26.09.2009

Photos par paires

Brest, bâtiment du Grand Large

Deux fresques monumentales de Paul Bloas

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Paris Plage, juillet 2007

Curiosités

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Îles Chausey, août 2007

Les intruses

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Jardin, été 2007

Chats sous séchoir

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Murs 80's

Mes intérieurs

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Hôtel du Nord, novembre 2008

Esprit de fête

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16.09.2009

Hommage à Marie

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Jeudi 15 février 2007

Cela va faire dix ans que je connais Marie. Nous habitons le même immeuble, au rez-de-chaussée, avec terrasse et grand jardin. Communément, cela signifie que nous sommes voisines. Nous sommes souvent dehors, en toute saison ; nous avons ainsi souvent l'occasion de nous dire bonjour, d'échanger quelques mots. J'ai vu grandir sa fille, Audrey, maintenant vingt-trois ans. De timide et réservée, collégienne, lycéenne puis étudiante, aujourd'hui salariée, elle est devenue une grande et belle jeune femme, discrète, posée, mue par l'envie de réussir sa vie. Audrey n'habite plus chez sa mère, dans ce studio aussi étriqué que le mien, où l'on voudrait pousser les murs. Mais elle est toujours très proche d'elle et vient la voir tous les week-ends, quelquefois en semaine. Audrey et Marie ont toujours été très complices, soudées l'une à l'autre. Marie, quarante-huit ans, vit séparée du père d'Audrey, mais ils n'ont toujours pas divorcé. Audrey a depuis peu un petit ami, qui l'accompagne parfois quand elle rend visite à sa mère. Marie vit seule avec Zizou, son chien noir et tout fou.

Depuis quelques mois, Marie s'inquiétait pour sa santé. Elle nous en avait fait part, à Simone—une voisine retraitée, qui vit au premier étage—et à moi, un jour où nous discutions toutes les trois, dehors, côté jardin. Simone revenait d'une promenade avec Loulou, son chien. Le problème de Marie était grave, angoissant, lourd à porter. Sa dernière mammographie avait révélé une tumeur plus maligne que bénigne du côté droit, et ça lui faisait mal. Il fallait faire des examens et des analyses complémentaires. Insidieusement, le mot "cancer" s'est immiscé dans nos conversations. Autant appeler les choses par leur nom, de toute façon, plutôt que de tourner autour du pot. Entre voisines, nous parlions plutôt de tout et de rien. Entre voisines, nous n'évoquions pas ou peu nos malheurs et malaises profonds, juste les petits maux, les presque riens du quotidien. Entre voisines, nous savions maintenant que Marie allait avoir besoin de notre soutien.

Marie a fait des analyses. Marie a attendu les résultats pendant de longues semaines, puis la décision des médecins : il fallait opérer. Marie a dû encore patienter avant qu'on lui donne une date pour l'opération. Marie a dû attendre l'opération, la peur allant en s'accélérant. Et d'une "simple" extraction de la tumeur, il s'est finalement avéré qu'il valait mieux faire l'ablation totale du sein. Marie pleurait en nous parlant, Simone et moi. Nous l'écoutions, sans éluder, sans banaliser, sans fuir le problème ; nous affrontions, avec elle, la réalité en face. Mais nous, nous n'étions pas malades.

Marie avait rendez-vous à l'hôpital le mardi 13 février au matin. Audrey a pris une journée de congé pour la conduire, l'accompagner, la soutenir. Ce jour-là, chez Marie, les volets sont restés fermés. J'ai pensé à ce qui l'attendait, à cette perte d'une partie d'elle-même, à cette amputation, garante de sa vie, de sa survie. J'ai pensé à la mort, j'ai eu peur de la mort. J'ai écrit à Marie : j'ai choisi une jolie carte, avec le dessin d'un soleil souriant et de fleurs aux couleurs vives, que j'ai glissée dans sa boîte aux lettres pour qu'elle puisse la lire dès son retour. Pour qu'elle se sente moins seule. Pour qu'elle sache que je pense à elle, qu'elle peut compter sur moi.

L'ablation d'un sein, apparemment, chirurgicalement parlant, ce n'est rien, presque une formalité. La chimiothérapie, par contre, doit être encore une autre paire de manches. Marie aura tant et tant d'autres épreuves à surmonter avant la guérison ! Ce soir, en rentrant du travail, sur le parking, j'ai vu la voiture d'Audrey. Et, aux fenêtres de l'appartement de Marie, dont les volets s'étaient rouverts, il y avait de la lumière. Marie a lu ma carte, c'est sûr ! J'attends qu'elle se sente prête, j'attends de la revoir.

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Mercredi 17 septembre 2008

Marie est morte, cela fait trois semaines aujourd'hui. Elle allait avoir cinquante ans, elle n'était pas tellement plus âgée que moi… C'est bien jeune, pour mourir ; elle ne méritait pas ça, pas si vite… Je la savais malade, depuis un an et demi. Ça avait commencé par un cancer du sein droit, qu'il avait fallu lui enlever en totalité. Après l'opération, elle avait eu une longue période de chimio, de rayons… Elle s'était fait faire une prothèse, avait porté un temps une perruque, qu'elle avait remplacée, l'été venu, par un foulard aux teintes mauves, qu'elle nouait bien serré. À peine le temps, pour Marie, de souffler un peu, de voir ses cheveux repousser, d'un beau gris argenté, de reprendre goût à la vie, et les médecins trouvaient des cellules cancéreuses dans son foie. Elle a entamé de nouveaux traitements, éprouvants, contraignants, épuisants. Marie souffrait beaucoup ces derniers temps : on lui avait prescrit de la morphine, ça la faisait dormir une grande partie de la journée, plus qu'elle n'aurait voulu. Mais elle disait avoir si mal…

Ce printemps et cet été, je ne l'ai pas vue souvent dehors. Marie n'avait pas le droit de s'exposer au soleil, alors elle restait chez elle, fenêtres ouvertes. Le dimanche, quand Audrey venait, que le temps était beau, elles déjeunaient ensemble, sur la terrasse, à l'ombre du grand parasol vert et blanc, sur la petite table ronde en plastique blanc. Marie aimait faire la cuisine, surtout quand Audrey était là. Elle préparait de bons petits plats, bien mijotés, épicés, qui me donnaient l'eau à la bouche. Ça sentait bon, chez Marie, le dimanche vers onze heures du matin ! Marie aimait manger, elle était gourmande, elle avait toujours été un peu ronde. Du moins, je l'avais toujours vue ainsi.

Le dimanche après-midi, la mère et la fille jouaient aux cartes, elles adoraient le rami. Elles allaient se promener aux alentours avec le chien Zizou, tout content, tout noir, tout fou, il leur faisait la fête ! Ces derniers temps, Marie ne pouvait pas marcher longtemps, ses promenades s'étaient écourtées, elle se sentait vite essoufflée. Audrey partait seule avec le chien.

Marie avait toujours eu une pelouse nette, parfaitement entretenue. Avant sa maladie, c'était elle qui tondait, une fois par quinzaine, le samedi ou le dimanche. Ce printemps et cet été, Audrey s'y était mise, Marie avait trop mal aux bras pour pousser la tondeuse. Elle s'essayait un peu au jardinage, faisait pousser des fleurs le long de ses grillages. Dernièrement, je l'avais vue installer, dans sa pelouse, tout près de sa terrasse, deux grands bacs en bois, carrés, où elle avait planté des giroflées et des kalanchoes. Les fleurs étaient là, sous mes fenêtres, jusqu'à aujourd'hui, avant qu'Audrey ne vienne, en cette fin de journée, démonter et reprendre les bacs. Dans la pelouse, il ne reste que ces deux carrés de terre nue, tranchant avec le vert, deux plaies ouvertes, deux petites tombes fraîchement creusées… Les volets sont déjà refermés.

Je ne pensais pas qu'elle allait les enlever, ces deux bacs. Marie avait mis tant d'énergie à les monter ! Déjà, Audrey avait retiré les petits moulins à vent qui tournaient joyeusement au milieu des fleurs. Ça m'avait fait mal au cœur. De ma fenêtre, quand je les regardais, je pensais à Marie, à cette petite note de fantaisie au milieu de son jardin sobre, spartiate, qu'elle voulait "facile d'entretien". Il y avait là, dans ces moulins à vent, un petit quelque chose d'elle qui s'animait, qui respirait, qui demeurait "vivant"…

Maintenant, dehors, il n'y a plus rien pour me souvenir de Marie. Tout a disparu, jour après jour, au fil des visites d'Audrey. Je comprends qu'elle ait voulu régler ça très vite… Elle a tout juste vingt-cinq ans, c'est bien jeune pour perdre sa mère. Quel poids à porter sur ses épaules ! Elles étaient si proches, si complices ! Le jeudi 28 août, c'est par Audrey que j'ai appris la mort de Marie : "Maman est partie, dans la nuit de mardi à mercredi. Son foie ne fonctionnait plus, elle était très faible, elle a attrapé un virus, elle a fait une commotion cérébrale, on n'a rien pu faire…"

La dernière fois que j'ai vu Marie, c'était le samedi. Elle revenait tout juste de ses vacances en Auvergne, chez sa sœur, avec Audrey. Nous nous étions parlé, ça s'était bien passé, mais elle se sentait très fatiguée. "Je perds la boule", m'avait-elle confié. Le dimanche, il a plu, je ne suis pas sortie. Mon frère, sa femme et leurs enfants sont venus me rendre visite. J'allais avoir ma nièce, huit ans, en vacances pour quelques jours, je serais bien occupée !

Lundi, chez Marie, les volets sont restés fermés. Mardi aussi, puis mercredi. Je me suis dit qu'elle était certainement à l'hôpital pour de nouveaux examens ou traitements, qu'elle allait revenir en meilleure forme. À aucun moment, je n'ai imaginé qu'elle pouvait mourir, là, maintenant. J'aurais tant voulu la voir profiter de la vie… Sur le parking, sa voiture n'avait pas bougé. Sur sa terrasse, je voyais le parasol fermé, la table ronde avec, posé dessus, son petit pot de basilic, que je venais de lui rendre, dont j'avais pris grand soin pendant son absence. Il y avait ses quatre chaises en plastique vert foncé, rangées les unes sur les autres, son étendoir à linge, sa grande malle rouge et bleue où elle entreposait son matériel de jardinage…

Ce jeudi matin-là, le 28 août, quand j'ai ouvert ma porte-fenêtre, une fois le petit-déjeuner pris à l'intérieur avec ma nièce (il faisait un peu frais pour que nous nous mettions dehors), j'ai vu que chez Marie, les volets étaient ouverts. Une grande joie m'a saisie. Elle revenait, j'allais pouvoir lui dire bonjour, lui demander de ses nouvelles ; nous allions nous parler un peu, comme nous avions l'habitude de le faire, depuis si longtemps maintenant ! Mais c'est une femme inconnue que j'ai vu sortir de l'appartement pour fumer sur la terrasse, elle avait posé un cendrier sur la petite table ronde, à côté du basilic.

J'ai pensé que Marie s'était fait ramener de l'hôpital par cette dame, Audrey n'ayant pu se libérer… Je suis retournée dans mon appartement pour me préparer, superviser l'habillage de ma nièce, après une toilette sommaire au lavabo. Nous devions sortir, aller faire des courses. Juste avant de partir, je suis retournée sur la terrasse pour je ne sais quelle raison ; c'est là que j'ai vu Audrey, avec la femme qui fumait, ainsi qu'un homme. Nous nous sommes dit bonjour, puis Audrey m'a appris, pour sa mère. Je me suis sentie tellement triste ! Je ne m'y attendais pas, pas si tôt ! Je voulais croire que Marie avait encore de belles années devant elle, qu'elle allait vaincre la maladie… J'aurais tant voulu qu'elle guérisse !

Pourtant je savais bien que son cancer s'était développé dans son foie, mais aussi dans d'autres parties de son corps… Que son traitement était de plus en plus lourd, pas vraiment efficace… J'avais bien remarqué que les choses empiraient, pour Marie. Mais je ne pensais pas qu'elle allait mourir, si vite, à son retour de vacances… J'ai dit à Audrey que Marie avait bien fait d'aller en Auvergne, qu'elles avaient pu en profiter toutes les deux, que c'était bien de l'avoir vécu… J'allais penser très fort à Marie, tous les jours qui suivraient. Il y aurait une messe au village, à dix heures, lundi 1er septembre. Je ne pourrais pas m'y rendre, je reprenais le travail ce jour-là… Mais Simone y était allée, elle m'avait raconté. Marie serait enterrée en Auvergne, là où reposait sa mère, là où vivaient sa sœur et son mari, la femme et l'homme que j'avais vus sur la terrasse, avec Audrey. La semaine suivante, j'ai fait envoyer des fleurs pour sa tombe, de la part de Simone et moi. En sortant de chez le fleuriste, je n'ai pu m'empêcher de pleurer.

Ce soir, chez Marie, il n'y a plus rien. Ni dedans (Audrey a vidé l'appartement le week-end précédent), ni dehors. Toute trace d'elle a disparu. Il n'y a plus son grand paillasson, à la porte d'entrée. Ni sa petite voiture bleu métallisé, sur le parking. Marie n'habite plus ici, Marie me manque, Marie est morte.

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05.09.2009

Images de Bretagne (4)

Morbihan (56), Finistère (29), Ille-et-Vilaine (35) et Seine-Maritime (76), été 2009
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Kercadio, Morbihan

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Etel, Morbihan

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Portivy, Morbihan

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Carnac, Morbihan

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Cap de la chèvre, presqu'île de Crozon, Finistère

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Morgat, presqu'île de Crozon, Finistère

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Daoulas, Finistère

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Brest, Finistère

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Brest, Finistère

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Brest, Finistère

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Brest, Finistère

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Brest, Finistère

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Presqu'île de Quiberon, Morbihan

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Port-Haliguen, Morbihan

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Port-Haliguen, Morbihan

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Port-Haliguen, Morbihan

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Rennes, Ille-et-Vilaine
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Rennes, Ille-et-Vilaine

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Yport, Seine-Maritime (région Haute-Normandie)

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Fécamp, Seine-Maritime (région Haute-Normandie)

29.08.2009

La mission (4/4)

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Le feuilleton de l'été, en quatre épisodes...

Quatrième et dernier épisode

Il se rapprochait de Biarritz, allait bientôt prendre la sortie indiquée par la voix impersonnelle, imperturbable de son GPS, quitter l'autoroute, s'acquitter du péage. Bientôt neuf heures. Il était presque arrivé. Il prit la direction du centre commercial, au sud de la ville, se gara sur le parking, près de la station essence, comme cela lui avait été stipulé. Il aurait tout loisir de voir la mer après. Comme il était en avance, il en profita pour joindre le secrétariat de son médecin. Ce serait mardi à dix-huit heures trente, il n'y avait pas d'autre possibilité. Il se débrouillerait pour y aller. Sa santé faisait partie de ses priorités, il n'avait pas le choix.

Qu'avait-il transporté, cette fois-ci ? Que pouvait donc contenir cette caisse volumineuse, soigneusement scellée, qui pesait son poids ? Moins il en savait, mieux ça valait pour lui, et pour la société qui l'employait. En cas d'arrestation, remonter le réseau s'avérerait impossible, la pelote était bien trop emmêlée ; même sous la torture, il ne pourrait communiquer des informations ! On lui donnait un lieu de départ et un lieu d'arrivée, il devait livrer dans les meilleurs délais, c'était tout ce qu'on lui demandait. Sûr, il imaginait parfois les pires choses, il n'était pas dupe, il savait bien qu'il contribuait, par son activité, à alimenter des trafics : armes, stupéfiants, animaux exotiques, bijoux, contrefaçons, tableaux volés ; sans parler du blanchiment d'argent, des transferts de fonds vers les paradis fiscaux… Oui, ce qu'il faisait n'était pas forcément vertueux (même si nombre de clients étaient par ailleurs fort respectables) mais il n'en avait pas honte. Il était hautement qualifié pour ce job, en retour il était largement payé. De plus il voyageait, découvrait moult endroits en France, en Europe, dans le vaste monde ; il conduisait des véhicules en tout genre, moto routière, side-car, berline, break, pick-up, camping-car, minibus, ambulance, camionnette…

Il se souviendrait toute sa vie du convoyage, dans une simple estafette, de ce vieux coffre sculpté, imposant, qu'il avait fallu manipuler et sangler avec précaution, puis de son arrivée dans ce petit village de Corrèze, en pleine nuit, où les "commanditaires" l'attendaient, de pied ferme… devant le cimetière. Un homme l'avait guidé, en marche arrière, tous feux éteints, jusqu'au caveau familial. Hervé était reparti sans demander son reste, ébranlé par l'idée d'avoir fait, sans le savoir, six heures de route en compagnie d'un mort.

Il releva la tête, il s'était légèrement assoupi. Une jeune femme vêtue d'un tailleur noir, coiffée d'un chapeau avec une voilette, se dirigeait vers sa voiture. Il ouvrit la vitre électrique, attendit qu'elle se présente, comme il était convenu. Elle fit un signe, une voiture gris métallisé s'avança. "Vous nous suivez", lui dit-elle froidement. "On ne va pas loin, juste dans un endroit plus discret." Il acquiesça en hochant la tête, mémorisa la marque et le modèle du véhicule, son immatriculation, mit le contact, démarra… Dans une heure, tout au plus, Hervé serait, pour quelques jours, libre comme l'air. Il prit une longue et profonde inspiration. La bonne humeur l'envahit soudain, un grand sourire se dessina sur ses lèvres. Il avait sans doute tort, mais il en avait vraiment envie, il n'allait pas revenir dessus : il irait à Sète, comme prévu. Il eut une petite pensée pour Michèle, assortie d'un léger regret. Elle attendrait. Son attention se concentra sur la voiture à suivre, le long des rues sinueuses, truffées de ronds-points, de la zone commerciale.

22.08.2009

La mission (3/4)

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Le feuilleton de l'été, en quatre épisodes...

Troisième épisode

Presque sept heures. Même s'il avait de la marge, il n'était pas à l'abri d'un contretemps. En voiture ! Il aurait tout loisir de réfléchir à son week-end en conduisant, de changer ses plans s'il en ressentait l'envie. Rentrer plus tôt et retrouver Michèle, dimanche midi ? Avant de reprendre la route pour Sète, la tâche accomplie, il avait prévu de prendre un bon et vrai repas, puis de dormir un peu ; il pensait trouver un hôtel restaurant dans les environs de Biarritz. Les personnes qui devaient réceptionner la caisse lui indiqueraient certainement une bonne adresse, une auberge typique, une chambre et table d'hôtes, pourquoi pas au bord de la mer ? Les côtes étaient belles, par ici. Il lui tardait de les admirer.

À Sète, s'il voulait la compagnie d'une femme, il saurait où s'adresser, il avait ses entrées. Michèle était trop droite, trop entière, trop sincère pour accepter une relation avec un homme courant d'air, aussi peu fiable que lui. Fine comme elle l'était, elle avait sans doute déjà compris qu'il ne pourrait jamais lui proposer une vie stable, former un couple épanoui, se nourrissant l'un de l'autre et de plein d'autres choses. Elle, c'est ce qu'elle cherchait, lui avait-elle confié, et rien d'autre. Michèle avait vu clair dans son jeu et dans ses manigances, elle avait percé à jour son personnage : vague, évasif, lointain, absent. Inconsistant. Il y a des personnes qu'on ne trompe pas, Michèle faisait partie de celles-là. Avoir une aventure avec elle, juste pour le plaisir de la conquérir ? Ce serait la trahir. Il la respectait trop pour ça. Devenir des amis ? Pourquoi pas ! Il ne serait pas obligé de lui mentir, enfin, beaucoup moins. Ils déjeuneraient ensemble à Paris, de temps en temps, se verraient au cours des soirées organisées par leurs amis communs, iraient peut-être ensemble arpenter les musées… Il pourrait même l'inviter à Sète ; elle ferait alors partie des personnes de confiance, des rares privilégiés à connaître l'existence de son voilier.

Hervé se donnait encore quatre ou cinq ans avant de décrocher. Ses missions comportaient parfois des risques, il ne savait pas forcément où il mettait les pieds, ses clients n'étaient pas tous des personnes honorables. La plupart du temps il ne connaissait pas le contenu de ce qu'il convoyait, de toute façon il préférait ne pas savoir. Avec ce beau paquet d'argent qu'il amassait, au fil des ans, il n'aurait plus jamais besoin de travailler. Son rêve était de s'installer en Polynésie, couler des jours tranquilles, sur son bateau, pendant les vingt ou trente années à venir. À cinquante-cinq ans, il ferait un tout jeune retraité, avec du temps, encore, devant lui ! Peut-être rencontrerait-il une autre Michèle, avec laquelle il se sentira prêt à tenter l'aventure d'une véritable vie à deux ? Il ne savait pas ce que c'était, de vivre à deux, il n'avait jamais vraiment été présent pour l'autre, pour l'être aimé. Il n'avait peut-être jamais aimé.

Hervé repensa à l'appel de son médecin. Il lui faudrait prendre rapidement rendez-vous, mardi matin si c'était possible, ou alors la semaine suivante. C'était important, ces résultats, ils auraient peut-être pour conséquence un changement de traitement, ou nécessiteraient des examens complémentaires… Il ne devait pas prendre son mal à la légère, même si on en maîtrisait beaucoup mieux les effets aujourd'hui. Grâce à tous ces médicaments, on paraissait bien portant, mais on était toujours malade, il ne fallait jamais l'oublier.

15.08.2009

La mission (2/4)

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Le feuilleton de l'été, en quatre épisodes...

Deuxième épisode

Il avait fait le plein d'essence, s'était rendu aux toilettes, avait pris un café bien sucré dehors, au soleil, tout en fumant une cigarette, en avait repris un deuxième puis avait ressenti le besoin de marcher, de faire quelques pas sur le parking pour se détendre, se dégourdir les jambes. Revenu à sa voiture, assis au volant, sur le point de démarrer, il avait soudain pensé à Michèle, dont il avait fait la connaissance le samedi précédent au cours d'un dîner d'amis, dans un pavillon cossu de Villeparisis. Peut-être avait-elle cherché à le joindre ? Elle tenait absolument à ce qu'ils aillent ensemble voir l'exposition consacrée au peintre italien Giorgio de Chirico, c'étaient les derniers jours…

Hervé n'avait pas osé lui dire qu'il ne serait pas disponible avant mi-juin, qu'il s'absentait pour ses affaires… Il ne voulait pas la décevoir, déjà, si vite… Alors, comme à l'accoutumée, il avait éludé, était resté très évasif, ne s'était pas franchement engagé. "Oui, c'est très tentant, avec plaisir, mais je n'ai pas mon agenda, rappelez-moi en début de semaine, je vous dirai…" Il avait donné à Michèle son numéro de téléphone fixe, à Paris, et elle s'était étonnée qu'il n'eût pas de portable. "C'est tellement pratique", lui avait-elle dit en souriant. Cette femme encore belle, cultivée, intelligente, n'arrêtait pas de lui sourire depuis qu'ils avaient été présentés. "On a très bien vécu sans en avoir pendant des années, mais maintenant que ça existe, on ne peut plus s'en passer !"

Il lui avait fallu encore se justifier, mentir un peu, arrondir les angles… Oui bien sûr, il avait un portable, mais il s'en servait très peu, d'ailleurs il ne l'avait pas sur lui, il était très distrait, et il ne connaissait même pas son numéro ! "Il est noté sur mon agenda ! Mais sur mon fixe, rassurez-vous, ma chère Michèle, j'ai une boîte vocale, alors laissez-moi un message si je suis absent, je ne manquerai pas de vous rappeler !" Michèle avait ri, encore, elle avait ri toute la soirée, qu'elle était gaie, enjouée ! Elle s'était moquée gentiment, puis, posant sur lui ses yeux verts, brillants, pétillant de malice, elle avait eu cette phrase adorable, attendrissante, sonnant comme un aveu  : "Hervé, vous êtes vraiment un homme original, on ne doit pas s'ennuyer, en votre compagnie !"

Oui, il plaisait à Michèle, il en était sûr ; et elle lui plaisait assez pour qu'il ait envie de la revoir. Ça pourrait peut-être marcher, entre eux. Qui peut savoir avant même d'avoir essayé ? Son point faible, pour une relation durable, c'étaient toutes ses absences, toutes ces contraintes professionnelles qui pouvaient le conduire à partir précipitamment au milieu de la nuit, et ne revenir au bercail qu'une semaine après, sans pouvoir donner d'explications précises. Cela faisait cinq ans qu'il effectuait des livraisons. Le flou artistique qu'il était obligé d'entretenir, auprès de ses compagnes, concernant son travail, l'avait conduit, à chaque fois, à la rupture. À plus ou moins longue échéance, elles se lassaient, se fatiguaient, n'en pouvaient plus, jetaient l'éponge, claquaient la porte… Il les faisait souffrir, il le savait ! De toute façon, il n'avait jamais joué la carte de la franchise, avec les femmes. Toujours il se dérobait, dissimulait, inventait. Il tombait quelques fois dans ses propres pièges, s'engluait dans des mensonges plus gros que lui, alors il voulait fuir, ne jamais revenir.

Il avait écouté sa boîte vocale, bien remplie, impatient, le cœur battant plus vite à chaque nouveau message, jusqu'au dernier. Il dut alors se rendre à l'évidence : Michèle n'avait pas appelé. Par contre, sa soeur avait essayé de le joindre à plusieurs reprises, lui laissant de longs messages, dans lesquels elle se répétait, inlassablement, obsessionnellement, au sujet d'un repas de famille au mois de juillet. Ils devaient se mettre d'accord sur une date, elle lui en proposait plusieurs et elle lui demandait de la rappeler le plus rapidement possible, c'était extrêmement urgent maintenant ! Ses amis de Villeparisis le conviaient à une garden-party dans leur jardin le dimanche suivant. "Michèle sera là", assuraient-ils. "Ça lui fera tellement plaisir de vous voir !"  Il y avait aussi quelques appels de sociétés de télémarketing, avec ce fond sonore caractéristique, facilement identifiable, et un autre de son médecin, qui avait reçu ses résultats d'analyses.

08.08.2009

La mission (1/4)

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Le feuilleton de l'été, en quatre épisodes...

Premier épisode

Hervé avait profité d'une halte prolongée sur une aire d'autoroute pour prendre connaissance des nombreux messages laissés sur le répondeur de son appartement parisien, où il n'était pas repassé depuis près de quatre jours. Il en était parti lundi à dix-neuf heures, avec un gros sac de voyage rempli de vêtements de rechange, de quoi passer la semaine, voire un peu plus. Il ne savait jamais à l'avance combien de temps exactement allaient durer ses missions. On était tôt jeudi matin, à peine six heures en ce début du mois de juin ; l'affaire dont il s'occupait touchait à sa fin. Encore une centaine de kilomètres et il serait à Biarritz, il pourrait livrer la lourde caisse en bois qui se trouvait dans son coffre et qu'il avait chargée la veille au soir à Lille. Une sacrée virée ! Enfin, ce n'était rien à côté des voyages interminables et éprouvants à travers toute l'Europe, parfois même jusqu'en Russie, quand il était chauffeur routier.

Au plus tard, il serait à Sète vendredi soir. Il pourrait passer quelques jours de repos bien mérités sur son voilier, on ne l'attendait à Paris que mardi en début d'après-midi. Il reviendrait en train de nuit, en ayant pris soin de restituer son véhicule de location, une voiture puissante, confortable, sentant le neuf, avec toutes les options issues des nouvelles technologies, et un coffre adapté au transport de la caisse. Hervé avait pourtant communiqué précisément au loueur de voitures ses exigences en ce qui concernait la capacité du coffre, mais en arrivant à Lille, sur le lieu de rendez-vous avec son client, il s'était avéré que la caisse ne rentrait pas dans celui de la voiture qu'on lui avait louée. Il n'avait pas pris la peine de vérifier les dimensions en prenant possession du véhicule, il avait accordé toute sa confiance à la personne qui avait effectué la réservation… C'était une erreur regrettable de sa part, une perte de temps inutile, contrariante, mal venue, qui risquait fort de ternir l'image de la société pour laquelle il travaillait, réputée pour son sérieux, sa diligence, son efficacité et, bien entendu, sa discrétion.

L'affaire s'était, heureusement, résolue en moins d'une heure, le temps, pour lui, de se rendre à l'agence de location la plus proche et de procéder à un échange de voitures, en déclarant posément que "celle-là ne convenait pas." Il y en avait justement une autre, prête à partir, beaucoup plus spacieuse, avec un coffre immense… Le client n'avait pas fait d'esclandre, il s'était montré patient, compréhensif, Hervé lui ayant assuré qu'il allait régler rapidement le problème et c'est ce qu'il avait fait. L'incident était clos, à l'avenir il lui faudrait être plus vigilant, ne négliger aucun détail. Il perdait son job, avec une bourde pareille ! Il s'en était plutôt bien sorti, sur ce coup-là !

Il avait roulé toute la nuit, le trafic était fluide. En arrivant sur l'aire d'autoroute, il avait immédiatement interrogé la messagerie de son portable, lequel avait sonné deux fois de suite au cours des derniers kilomètres avant son arrêt. Même avec un kit mains libres, il détestait téléphoner en conduisant. De toute façon, au vu de ses activités, c'était bien trop risqué. Un manque d'attention, un coup de volant et hop, dans le décor ! Sans compter les contrôles routiers, les motards, les radars… Il devait passer inaperçu, avoir une conduite, au sens propre comme au figuré… irréprochable. Le message confirmait l'heure de livraison, le lieu du rendez-vous. Tout était nickel, il avait le feu vert. On l'attendait pour dix heures, il avait largement le temps de voir venir !

02.08.2009

Deux chroniques estivales

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LE FIL DE L'EAU…
"Les fonds de poches"
(CD 5 titres – Autoproduction)

Le trio acoustique, basé à la Ferté-sous-Jouarre, enchaîne les concerts depuis sa création en 2007. Après une première maquette remarquée, "De guitarrages en chantements", Le Fil de l'Eau repart sur les routes en 2008. Fin décembre, il nous livre ses "Fonds de poches". Voilà de belles chansons poétiques, émouvantes, mâtinées de valse ("Le pas des badauds", "Les bateaux"), de flamenco ("Les fonds de poches"), de bal populaire ("Bonhomme", "Les godasses"). Allez voir sur scène ces p'tits gars talentueux, guitaristes, multi instrumentistes… Nombreux concerts prévus dans la France entière en 2009 !

http://www.myspace.com/lefildeleau

(TRANSISTOR #27, AVRIL/MAI/JUIN 2009)

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YAN CAILLASSE
"(Remuer) Ciel & Terre"
(Caillasse Théâtre/Chris Music/Anticraft)

L'album s'ouvre avec "100 Bêtes de foire", son intro aux guitares rock pressantes, imposantes, puis ces mots qui invitent : "Approchez-vous, venez, allez voir plus près, ne soyez pas effrayés…" On se laisse tenter ! L'univers ravageur de Yan Caillasse a alors vite fait de nous emballer, nous réservant bien des surprises : du rock bien dur ("Os contre béton", "Welcome in Youpiland"), une bonne poignée de folk ("Merde à Vauban", "Vaches sans terre"), de belles ballades ("La comptine", "Spleen"), du violon ici et là, et souvent tout cela à la fois au sein d'un même morceau. Les textes, denses, intenses, à l'esprit rebelle, sont portés par un chant convaincant, enragé, rageur. Yan Caillasse dénonce, revendique, manifeste, laisse pointer parfois un peu de douceur, de tendresse. Ce groupe basé à Windstein (Alsace) propose un deuxième album percutant, savamment arrangé, réalisé par Mazarin (No One Is Innocent, Lofofora).

http://www.myspace.com/yancaillasse

(LONGUEUR D'ONDES #50, été 2009)

25.07.2009

Orange Blossom, 13/07/09

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Une chouette initiative que ce concert, gratuit, en plein air, sur la place de l'hôtel de ville, à Château-Thierry !

Orange Blossom, de Nantes, tout juste rentré d'une tournée au Maroc, se produit sur une scène aux dimensions gigantesques, dans le cadre du festival "Musique en Omois", soit sept dates dans différentes bourgades du sud de l'Aisne : Fossoy, Mont-Saint-Père, Courmont, Trélou, Pavant, Saint-Gengoulph  et… Château-Thierry, ce lundi 13 juillet 2009.

Après Jay C puis Leïla dans les précédentes formations, c'est Najwa qui reprend le flambeau du chant, avec grâce, assurance et prestance. Nous retrouvons avec grand plaisir PJ au violon, ses déhanchements sensuels, ses incroyables sauts, jambes en équerre ; Carlos à la batterie et aux percussions, Mathias aux percussions (tambours africains).

Le public (jeunes, moins jeunes, familles au complet avec enfants en poussette, bref, toutes générations confondues) est rapidement conquis par cette musique envoûtante, entraînante, aux forts accents orientaux, rythmée par les djembés, ornementée de boucles et de samples électroniques. La joie se voit sur les visages, les corps se mettent en mouvement, entrent dans la danse…

Même si cela est réducteur, nous pourrions dire qu'Orange Blossom fait de l'electro world, à l'image de Transglobal Underground, Minimal Compact, Natacha Atlas, Rachid Taha… Sa musique, originale, sensible, atypique, ne verse pas dans la facilité, mais il y a ce quelque chose qui la rend accessible, universelle, qui touche au plus profond des êtres.

Le groupe a enregistré deux albums et un troisième est en préparation !

1997 : "Orange Blossom" (Prikosnovénie)
2005 : "Everything Must Change" (Bonsaï Music)

Après moult applaudissements, manifestations d'enthousiasme et de contentement, la soirée se clôture dans l'émerveillement et la bonne humeur avec un feu d'artifice tiré des remparts du vieux Château. Gunn (ex-eMcity) a ouvert la soirée avec un rock hip hop electro nerveux, teigneux, musclé.

http://www.musique-en-omois.fr

http://www.myspace.com/orangeblossommusic

http://www.myspace.com/emcitymusik
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Gunn

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Gunn

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Orange Blossom

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Orange Blossom

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Orange Blossom

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Orange Blossom