14.04.2007
Une journée de printemps
On était déjà à la fin de ma première semaine de vacances. Jusque-là, j'étais restée chez moi. M'y prenant comme toujours au dernier moment, j'avais, dans l'urgence, sélectionné puis envoyé cinq textes pour le concours littéraire de printemps du Scribe d'Opale. L'un d'entre eux, "Chanteur de rock", obtiendrait un prix. La petite chatte Léa, qui, depuis quelque temps, ne se nourrissait plus correctement et exhalait une odeur buccale insupportable, avait eu droit à une visite chez le vétérinaire, laquelle s'était soldée par une extraction de toutes ses dents abîmées. Heureusement pour elle, ses canines, en bon état, avaient été épargnées. J'avais aussi, très certainement, profité du jardin, et passé du temps à ne rien faire, comme il se doit quand on est en vacances. Le samedi matin, je prendrais le train pour aller passer quelques jours en Auvergne, chez ma tante, à Châtelguyon. Mon sac était prêt.
Mais tout d'abord, le vendredi, cap sur Paris ! Rendez-vous à onze heures avec Nathalie devant le palais de Tokyo, pour l'exposition consacrée au peintre Pierre Bonnard. Je viens en voiture, mais je la laisse porte de Pantin en prévision du soir. Mon planning est chargé ! Je savoure un à un les tableaux de Bonnard, je me laisse emporter dans ce qui a été sa vie, longue, généreuse, créative, comblée, remplie d'amour. Nous déjeunons ensuite toutes les deux Nathalie et moi, peut-être bien au restaurant végétarien "La victoire suprême du coeur" ; à moins que ce ne soit dans un Japonais ? Je ne sais plus, ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est que nous ayons du plaisir à nous voir, à nous retrouver entre bonnes amies, à nous faire des confidences, à échanger des secrets…
À dix-sept heures, une autre amie m'attend, dans sa chambre d'hôpital, à la Salpêtrière. Yasmina y séjourne quelques jours, une semaine tout au plus ; c'est là qu'elle est soignée quand sa maladie (sclérodermie) lui fait des siennes, l'attaque et l'affaiblit. On peine à croire qu'elle est malade, que ses troubles la handicapent : elle m'accueille avec entrain, tout sourire, pleine de tchatche, et me propose "de faire le mur" pour aller boire un coup dans son bistrot attitré, de l'autre côté du boulevard.
Bientôt dix-neuf heures : je prends congé de Yasmina et m'en retourne porte de Pantin, au Zénith plus exactement. Ma journée à Paris s'est construite en regard de ce concert, prévu depuis longtemps. Musicalement parlant, j'avais commencé 2006 dans la nostalgie et les "vieilleries" en allant voir successivement Bauhaus, Charles de Goal, Hubert-Félix Thiéfaine, Jad Wio. Ce coup-ci, dans le même ordre d'idée, j'avais ma place pour The Sisters of Mercy. Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre, je ne savais même pas pourquoi je tenais tant à venir… Une impulsion, un coup de cœur, le besoin de me réconcilier encore et toujours avec mon passé, un pied de nez aux années ? L'envie d'y être, tout simplement.
Je ferais de ce concert l'un de mes premiers comptes rendus pour mon blog, qui en était alors à ses balbutiements. Je n'y évoquerais que l'aspect musical, en bien des points décevant, l'essentiel se situant ailleurs : c'est là que tu m'as adressé la parole, c'est là que nous avons échangé nos mails, pour que je puisse t'envoyer des photos du concert… Toi aussi, tu faisais un blog, m'avais-tu dit. Et tu avais ajouté : "Bienvenue au club !" C'était le 14 avril 2006, il y a tout juste un an. L'anniversaire de notre rencontre, en somme. Quelle serait ma vie aujourd'hui si elle avait dû continuer sans toi ? Qu'il est doux de t'aimer !
21:25 Publié dans Humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










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