17.10.2009

Chroniques automnales

Ci-dessous cinq chroniques d'albums que j'ai réalisées pour les numéros d'automne 2009 du Transistor et de Sur la même Longueur d'Ondes.

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KASHMIN
L'arbre noir
10 titres - Autoproduction

http://www.myspace.com/kashmingroupe

Le quintette (ex-Cashmin Soja) est désormais composé de Yann Lemarchand (chanteur), Robby Ten Braak (guitariste), Pascal Malié (batteur) et des frères Terranova, du groupe French Paradoxe : Franck (basse), Stéphane (guitare). Créée sur les bases de l'improvisation collective, la musique de Kashmin se joue des genres (punk, blues, flamenco, chanson, jazz…) mais reste profondément sombre, mystérieuse, prophétique. Les guitares sont puissantes, acérées, les rythmiques énergiques, appuyées, le chant rageur, écorché. "L'arbre noir" est un album franc du collier, à l'esprit rock, avant toute chose. (LE TRANSISTOR #28)


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UN HOMME ET UNE FEMME
Opium
10 titres - Kitchen Music

http://www.myspace.com/unhommeetunefemme

Trois ans après "Alamera", premier album sorti en 2006, où chanson française et rock new-yorkais se mêlaient habilement, le trio nous revient avec "Opium", aux atmosphères lourdes, lancinantes, douloureuses. Si Franck et Steve Travert, et Kevin Pierre-Emile restent dans le même registre musical, ils poussent plus loin leur démarche, expérimentent, triturent, distordent, déstructurent, réassemblent, élaborent, recomposent… Le résultat est convaincant. Sous la noirceur il y a toujours la lumière. Soudain elle explose, nous aveugle, nous chavire : moments exquis, forts et intenses, instants de grâce. (LE TRANSISTOR #28)


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J.mini
"Les figurants"
(La Small Factory / Microsillon)

http://www.myspace.com/jminiovni

"L'enfant lunaire" a été enregistré en trio (J.mini : chant/guitare, Louise : violoncelle, Hary : basse), juste avant l'arrivée de Gaetan (batterie). Sur ce 4 titres, le groupe joue au complet. Nous connaissions "La danseuse étoile" et "Sous ta peau", nous découvrons deux chansons inédites, légères et sautillantes, aux accents folk, jazzy : "Les figurants" et "Ma dernière balle". (LONGUEUR D'ONDES #51)


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Le P'tit Bazar
"Capharnaüm Palace"
(Zarba / Anticraft)

http://www.myspace.com/ptitbazar

Ça commence par le triste mais éclatant "Epilogue", ça continue à fond les manettes avec "La main dans l'sac", ça se repose "Chambre 103"… Nous goûtons "La chair et l'ennui", "Avec ou sans toi", nous avons "Le cafard", nous accompagnons "Le cortège"… Les six musiciens du P'tit Bazar, multi instrumentistes très créatifs, nous invitent à les suivre dans leur "Capharnaüm Palace", au caractère éclectique, hétéroclite, parfois déjanté, un peu déglingué. Les cuivres sont puissants (trombone, clarinette, trompette, bugle, tuba), les guitares savent se faire électriques ; se rajoutent du piano, de l'accordéon, du banjo, du violoncelle… La batterie reste discrète ("Tout blanc", "Je n'ai fait que passer") ou prend la direction des opérations pour un ska débridé ("La grande horloge"), un punk rock endiablé ("Ma sœur"). L'univers musical et poétique est à rapprocher de celui de Thomas Fersen, des Têtes Raides, ou des Hurleurs. (LONGUEUR D'ONDES #51)


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Redbong
"Divisés (pour mieux régner)"
(Yes High Tech – Yotanka / Discograph)

http://www.myspace.com/redbong

Après "Coup de grisou" et "La France qui se lève tard (et qui t'emmerde)" les quatre stéphanois (ils se proclament "les Poulidor du rap") nous présentent leur nouvel album concept, écrit à la façon d'un scénario : les 18 titres s'enchaînent comme les séquences d'un film. Un film noir, virant au cauchemar. Sébastien et Julien (MC), Fabien et Nicolas (machines) nous racontent l'histoire de deux types qui mènent des existences plutôt "banales". Colocataires, ils jouent ensemble dans un groupe de rap, et se débrouillent pour vivre : l'un fait de l'intérim, l'autre trempe dans le trafic de stupéfiants… Tout va (presque) bien, au début, on se marre, même ; puis la tension monte, il y a des grains de sable dans les rouages de la machine, ça s'emballe, ça s'accélère, ça tourne au drame… La violence se déchaîne après "Rupture" (instrumental). Les deux héros sont pris dans l'engrenage, ça dégénère… Jusqu'à la chute, inattendue ! (LONGUEUR D'ONDES #51)

02.08.2009

Deux chroniques estivales

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LE FIL DE L'EAU…
"Les fonds de poches"
(CD 5 titres – Autoproduction)

Le trio acoustique, basé à la Ferté-sous-Jouarre, enchaîne les concerts depuis sa création en 2007. Après une première maquette remarquée, "De guitarrages en chantements", Le Fil de l'Eau repart sur les routes en 2008. Fin décembre, il nous livre ses "Fonds de poches". Voilà de belles chansons poétiques, émouvantes, mâtinées de valse ("Le pas des badauds", "Les bateaux"), de flamenco ("Les fonds de poches"), de bal populaire ("Bonhomme", "Les godasses"). Allez voir sur scène ces p'tits gars talentueux, guitaristes, multi instrumentistes… Nombreux concerts prévus dans la France entière en 2009 !

http://www.myspace.com/lefildeleau

(TRANSISTOR #27, AVRIL/MAI/JUIN 2009)

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YAN CAILLASSE
"(Remuer) Ciel & Terre"
(Caillasse Théâtre/Chris Music/Anticraft)

L'album s'ouvre avec "100 Bêtes de foire", son intro aux guitares rock pressantes, imposantes, puis ces mots qui invitent : "Approchez-vous, venez, allez voir plus près, ne soyez pas effrayés…" On se laisse tenter ! L'univers ravageur de Yan Caillasse a alors vite fait de nous emballer, nous réservant bien des surprises : du rock bien dur ("Os contre béton", "Welcome in Youpiland"), une bonne poignée de folk ("Merde à Vauban", "Vaches sans terre"), de belles ballades ("La comptine", "Spleen"), du violon ici et là, et souvent tout cela à la fois au sein d'un même morceau. Les textes, denses, intenses, à l'esprit rebelle, sont portés par un chant convaincant, enragé, rageur. Yan Caillasse dénonce, revendique, manifeste, laisse pointer parfois un peu de douceur, de tendresse. Ce groupe basé à Windstein (Alsace) propose un deuxième album percutant, savamment arrangé, réalisé par Mazarin (No One Is Innocent, Lofofora).

http://www.myspace.com/yancaillasse

(LONGUEUR D'ONDES #50, été 2009)

03.05.2008

Charles De Goal : Restructuration

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Vingt-deux ans après l'album "Double face", voici le bien nommé "Restructuration", qui nous prouve que Charles De Goal a bel et bien repris du service (avec un "vrai" groupe), et qu'il est au meilleur de sa forme.
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Le rouge domine sur la pochette : y sont représentées des séquences d'ADN, sur lesquelles vient se poser la pointe effilée d'un scalpel, peut-être dangereuse, en tout cas menaçante. Nous viennent ces mots dont on a peur : expérimentations, manipulations, modifications génétiques, produits transgéniques… On s'interroge : est-ce pour le bien de l'Humanité ? N'allons-nous pas vers une perte de l'identité, pour les êtres vivants ? De la notion d'identité, il en est fortement question dans "Restructuration". De la vie, aussi ; du parcours accompli, du temps qu'il reste, de ce qu'on souhaite en faire, du cheminement vers la mort, jusqu'à la mort, et même après… Il y a aussi l'amour : thème peu souvent abordé chez Charles De Goal, précédemment. C'est qu'il n'est plus tout à fait le même homme, celui qu'on a quitté à l'aube des années 90 : il a mûri, il a vieilli, il s'est épanoui… Il ne s'est pas arrêté de vivre, ni de faire de la musique. Ses textes s'en ressentent : ils vont droit au but, à l'essentiel, tout en gardant cette part d'ombre et de mystère, et différentes interprétations possibles. Le nouvel album de Charles De Goal, conçu avec les musiciens qui l'accompagnent sur scène depuis le concert de reformation à la Flèche d'Or (9 mars 2006), s'inscrit dans la continuité des précédents, mais sur un ton résolument moderne, dans l'esprit musical d'aujourd'hui, avec un univers toujours très personnel mais beaucoup plus ouvert. Bien sûr il y a ces sons caractéristiques des synthés et des boîtes à rythmes des 80's, réinvestis, retravaillés avec les moyens numériques du XXIe siècle. Les guitares sont puissantes, cinglantes, acérées ; le rythme vif, fringant, aiguisé. Les textes frappent fort, nous bousculent, nous interpellent, nous interrogent.
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Charles De Goal jouait à la Mécanique Ondulatoire (8 passage Thiéré, Paris 11e) le vendredi 11 avril 2008 et présentait "Restructuration" : le public l'attendait de pied ferme !
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Des petits jeunes aux vétérans, toutes les générations sont présentes dans cette belle cave voûtée, à laquelle on accède par un étroit escalier en pierre. Après les parisiens "punk club" Hot Dog Addict, voici Charles De Goal restructuré, au grand complet : Patrick Blain (chant et guitare), Thierry Leray (guitare, synthés, programmations), Etienne Lebourg à la basse et Jean-Philippe Brouant à la batterie (et à la distribution de tranches de saucisson). Ça cogne fort dès le début du set et ça continue à fond les manettes avec "Procession", "Next Stop Disneyworld", "Identité", "Passion éternité", "Hais-toi !", "Choque-moi", "Décadence" "Régularisez-moi", "Finger Weg"… On reste là, scotchés, ravis d'écouter tous ces nouveaux titres, et des plus anciens, les incontournables "Soupirs", "Dans le labyrinthe", "Synchro", "Modem", "Ambiance répétitive", "Technicolor", "Hop, hop, hop, hop", "Missiles", "Kling Klang", "Exposition"… Final avec une reprise de Gang of Four : "Damaged Goods". Dommage que la sonorisation ne soit pas à la hauteur ! Les musiciens, eux, sont vraiment bons, et on lit sur leur visage la joie de jouer ensemble. Les gens dansent, chantent, rient, crient, sourient, photographient, filment, applaudissent… Une belle ambiance électrique et énergisante. Nous avons fini dans une véritable étuve ! Un concert "à la dure", comme on n'en fait plus, dans les vieilles traditions du rock'n'roll.
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On a pu, bien sûr, après le concert, acheter le CD, sorti sur le label Self Control (spécialement créé pour l'occasion), autoproduit et autodistribué ! On peut se le procurer via Internet. C'est vivement recommandé ! Pour les détails :

http://www.myspace.com.charlesdegoal

Mais venons-en aux faits. Patrick Blain, alias Charles De Goal, m'a consacré une longue interview (mars 2008) pour un article dans le numéro 44 de Longueur d'Ondes. Après être longuement revenus sur les rencontres et les événements qui ont conduit à la reprise des activités de Charles De Goal (puis à des concerts dans toute l'Europe), jusqu'à ce projet d'album et sa réalisation, nous avons passé en revue tous les titres de "Restructuration". Une visite commentée de ses textes par l'auteur lui-même, qui s'est raconté, de façon sincère et spontanée, donnant son interprétation des choses, livrant ses sources d'inspiration. En voici la retranscription. Après ça, vous n'écouterez plus Charles De Goal de la même façon…

L'idée d'un album s'est imposée dès le début de la reformation, on a créé deux morceaux, mais avec les concerts on n'a pas eu le temps de s'y consacrer totalement. Il y a six mois, on s'y est mis vraiment, on a tout fait "à la maison", en home studio. Finalement on a fait le boulot assez vite. À partir du moment où on s'est dit "ça y est, on y va", ça a été rapide. Il fallait juste le temps de s'y mettre. Mais sinon, la manière de composer n'a pas franchement changé, on ne réfléchit pas deux ans avant de faire un morceau. Cette fois-ci, il y a majoritairement des morceaux composés par Thierry (qui gère aussi le son, la production), d'autres qui sont majoritairement composés par moi, il y a même un morceau majoritairement composé par Jean-Philippe le batteur. Mais après chacun amène son grain de sel, son idée.

Les textes, c'est moi. Ça ne change pas. On ne change pas un esprit malade ! J'ai beaucoup plus travaillé dans le sens : d'abord la musique, puis les textes. Je n'avais pas des tonnes de textes en avance chez moi, je ne suis pas un poète maudit ! Je travaille pour l'occasion. Si je n'ai pas de motivation, un but concret, ça ne vient pas à l'esprit de faire des textes, comme ça, "pour rien".

Je cherche moins à cacher les choses qu'avant. Avant, il y avait beaucoup de tiroirs, il y en a peut-être moins là. Il y a deux thèmes essentiels dans cet album : le questionnement sur l'identité et le cheminement vers la mort. Je pense que c'est dû à mon âge, ça commence à me travailler, c'est sûr, ça a influencé pas mal mes textes. J'ai une certaine angoisse qui m'a prise à mes cinquante ans et qui reste assez présente.

Thierry a composé "Restructuration" du début jusqu'à la fin, un peu comme un genre de "concept album". Ça n'a pas été voulu comme ça au départ, mais il s'est avéré que les choses s'imbriquaient assez bien et apparaissaient logiques. Effectivement les sens sont moins cachés, les textes plus directs. Quoique...


1)Régularisez-moi

C'est le morceau qui a été composé par Jean-Philippe. C'est un truc de fou ! C'est même lui qui a fait les paroles. Je pense qu'il a été influencé par tous les problèmes qu'on a actuellement avec Hortefeux et compagnie. Tout le disque parle de la restructuration et la pochette, c'est justement des représentations d'ADN, plus un scalpel. C'est la trituration de l'identité jusqu'à l'ADN, jusqu'aux questions : "Qu'est-ce qu'un individu ?" "Est-ce qu'on peut le transformer ?" Donc finalement, ce morceau-là allait très bien en intro, il accroche, il annonce la couleur.


2)Passion éternité

Ce qui m'a influencé, c'est la lecture d'un philosophe qui est mort récemment, André Gorz (84 ans). Il s'est suicidé avec sa femme (Dorine, 83 ans, atteinte de maux incurables), car il ne supportait pas l'idée de lui survivre. Ça m'a vraiment beaucoup marqué, et c'est à partir de ça que j'ai fait ce texte-là. (André Gorz : "Lettre à D. Histoire d'un amour", éditions Galilée, 2006)


3)Choque-moi

Je n'avais jamais fait un texte comme ça. C'est un peu "SM light", comme tu dis. Comme c'est dans l'idée du cheminement vers la mort, c'est aussi tout ce qu'on n'a peut-être pas fait, qu'on aurait voulu faire, un regard vers le passé, qu'est-ce qu'on a fait, qu'est-ce qu'on n'a pas fait, qu'est-ce qu'on aurait bien aimé faire. Je ne sais pas si j'aurais bien aimé faire ça ! Mais je me dis tiens pourquoi pas essayer…


4)Procession

Souvent, ce qui m'arrive, c'est que je suis influencé par ce que je suis en train de lire. Pour ce morceau, je lisais "Les bienveillantes", de Jonathan Littell. Forcément le texte a été influencé par cette lecture, mais j'ai essayé de transformer ça en cheminement de la vie, où tu n'as pas ton mot à dire, où tu avances comme un mouton vers l'abattoir. Oui, il y a le côté réducteur de la vie, on fait des choses entre temps, mais finalement… "Comme à l'abattoir avancer en ligne, prier le ciel que la fin reste digne" : c'est tous aussi ce qu'on se dit, on prie pour que notre fin soit digne, pour qu'on ne meure pas d'une manière ridicule…


5)Identité

Là, j'étais en train de relire du Philip K. Dick. C'est typiquement schizophrène… C'est l'un de mes auteurs favoris. C'est vraiment le jeu : qui est à côté de moi ? Est-ce la réalité que je vois ? La réalité est-elle réelle ? C'est typiquement du K. Dick. Pourtant, un copain est venu me voir à la fin d'un concert et m'a dit : "C'est incroyable, c'est exactement ce que je suis en train de vivre." Lui, il est en train de se séparer dans son couple, de sa femme, pour aller vers quelqu'un d'autre. C'est comme cela qu'il a vu les choses. À la fois je trouve ça très bizarre, mais je suis très content que mes textes puissent être interprétés et parlent à du monde.


6)Figures imposées

Ça concerne la pression sociale qu'on a sur les épaules, qui fait que le seul moment où tu vas être tranquille, où tout va pouvoir s'évacuer un peu, c'est la nuit, dans le sommeil. Mes textes sont peut-être plus directs, mais j'essaye quand même aussi de faire en sorte qu'il n'y ait pas qu'une seule interprétation possible. Moi, ce qui m'amuse, c'est que des gens viennent me voir en me disant : "Ce texte-là me touche vraiment profondément pour telle ou telle raison", alors que ce n'est pas forcément ce que j'ai voulu dire. Parce que moi, je sais ce que j'ai voulu dire, la plupart du temps !


7)Next Stop Disneyworld

Ce n'est pas franchement une dénonciation, c'est plus une interrogation sur l'identité. Je suis moi-même un enfant de l'après-guerre et je me pose la question de savoir où sont mes racines. Le plan Marshall nous a influencés, nous a américanisés. Je ne vais pas cracher sur les Américains. Moi, ma culture, elle est aussi quelque part un peu américaine, ne serait-ce que par la musique, ou le cinéma… C'est le côté bicéphale. Il y a une petite pointe de dénonciation quand même, parce que ça m'énerve (c'est mon côté vieux con, je commence à être vieux !) de voir tous ces gamins qui vivent comme des Américains, comme des basketteurs, dans la rue, je trouve ça "too much".


8)Trop tard

C'est exactement ce dont je te parlais tout à l'heure. Ce sont les regrets de ne pas avoir fait certaines choses, le regard en arrière.


9)Décadence

Je n'aime pas les textes où c'est trop précis et j'aime un peu moins celui-là, même s'il est marrant. Il est fait pour le fun, pour la danse. C'est l'attaque du monde tel qu'il est aujourd'hui, tel qu'il transparaît dans les médias. La téléréalité, les stars, les people… Là c'est quand même une dénonciation du genre que je n'aime pas trop habituellement entendre. J'ai pris un peu plus position que d'habitude. C'est une attaque plus frontale, mais quelque part amusante. C'est presque de la tectonique ! C'est aussi ce qu'on a essayé de faire sur l'album (des sons actuels, des rythmes dansants), même si des gens risquent d'être déçus, parce qu'ils s'attendent à ce que je refasse exactement du Charles De Goal style premier album. Moi, ça ne m'intéresse pas. Réintégrer effectivement un esprit qui avait été perdu, oui, OK—c'est pourquoi on a remis certaines boîtes à rythmes "à l'ancienne"—, mais je n'ai pas envie de faire du "copier-coller", pour moi ça n'a aucun intérêt. J'avais envie de faire le Charles De Goal d'aujourd'hui.


10)Destination Terre

C'est la vie qu'on quitte, il y a une odeur de terre, une odeur d'éther, ça sent la fin…


11)Hais-toi !

Là on est passé de l'autre côté, c'est une diatribe, même si c'est un peu prétentieux : "Dieu, quand je vais te rencontrer, je vais te dire que je ne t'aime pas." Quand on est allés faire les voix dans un studio, l'ingénieur du son nous a dit : "C'est incroyable, on dirait Marylin Manson qui fait de la country !"


12)Restructuration

Celui-là peut être interprété aussi de multiples manières. J'espère que tu auras remarqué le clin d'œil à la fin : "Prêt pour une autre Exposition". Donc c'est aussi un peu quelque part l'histoire de la restructuration de Charles De Goal pour arriver à celle-ci. C'est aussi la restructuration d'un être humain ou d'une entité ou d'autre chose, présenté comme un "produit". On peut aussi y voir l'idée de la réincarnation, si on y croit. À l'origine ce n'était pas ce texte-là, c'était un texte beaucoup plus politique, sur les restructurations économiques, mais ça ne me plaisait pas. C'était le genre de texte que je n'aime pas. Je n'ai pas envie de dire "un tel c'est pas bien", on le sait, on est assez intelligent (du moins, je l'espère) pour ne pas avoir besoin que quelqu'un vous dise "attention là c'est pas bien, c'est un gros méchant". On est capables de réfléchir par nous-mêmes, on peut chacun se faire notre opinion. Ça ne t'empêche pas d'avoir tes propres opinions et de pointer du doigt quelques petits trucs… Mais je n'aime pas les donneurs de leçon.


13)Finger Weg

C'est le morceau caché de l'album, le moment où l'on redevient un enfant. "Finger weg", c'est ce qui est écrit en allemand sur les portes coulissantes du métro, ça veut dire "bas les pattes", "enlève tes doigts". C'est à prendre avec dérision.

26.04.2008

Chroniques de printemps 2008

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Le nouveau numéro de Longueur d'Ondes (44) est arrivé et comporte 84 pages! On peut se le procurer dans de multiples lieux culturels (salles de concerts, disquaires, médiathèques…), ou en le téléchargeant au format PDF via le site Web.
http://www.longueurdondes.com

On parcourra avec attention et intérêt la rencontre inédite entre Camille et Gonzales, créateurs visionnaires, on découvrira l'actualité musicale d'artistes comme Thomasi, Albin de la Simone, Rubin Steiner, Arman Méliès, Papillon Paravel, Pigalle, Kent… On fêtera le grand retour de Tanger et de Charles De Goal, nous livrant chacun un album d'excellence ; ils nous prouvent qu'en matière de rock hexagonal, on peut placer la barre très haut.

Il y a aussi des chroniques en veux-tu en voilà ! J'ai déjà lu celles d'Alain Bashung, dEUS, Kaly Live Dub, Balbino Medellin, Jean-Louis Murat… Voici cinq des miennes, qui concernent des gens qui me tiennent à cœur (auteurs, compositeurs, interprètes), que j'ai eu (et continue à avoir) grand plaisir à écouter.
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GONG GONG
"Mary's Spring"
(F Com/Pias France)

Le 1er album du duo, "Laughing with the Moon", nous avait étonnés, charmés, ensorcelés. Thomas Baudriller (basse, contrebasse, guitares, claviers, voix, programmation) et Jean-Christophe Baudouin (batterie, voix, programmation) poursuivent leurs expériences sonores, vocales, rythmiques, électroniques… sur l'épatant "Mary's Spring". Les onze pièces musicales, dansantes ou plus méditatives, foisonnent de trouvailles et d'effets : percussions corporelles, samples de voix chantées ou parlées, rires, cris, souffles… "Beatle Fish" ouvre l'album avec ses étonnants bruits d'eau, "Pinocchio" nous fait rejoindre une farandole universelle, "Witch Box" joue avec les voix d'une chorale féminine. Nous explorons un à un ces territoires singuliers, regorgeant d'idées, d'humour et de poésie. Gong Gong travaille aussi la scène, créant un univers visuel au plus proche de sa musique. En tournée dès ce printemps, avec un nouveau spectacle.
http://gonggong.free.fr
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THEO HAKOLA
"Drunk Women and Sexual Water"
(Wobbly Ashes Records/Anticraft)

L'ex-leader d'Orchestre Rouge et de Passion Fodder poursuit, depuis 1992, une carrière musicale en solo, à laquelle viennent s'ajouter d'autres projets artistiques : théâtre, cinéma, littérature… Cet Américain vivant à Paris depuis près de 30 ans, personnage attachant, singulier, authentique, nous revient avec un 5e album lumineux, élégant, magistral, à la durée phénoménale de 79 minutes ! Sur "From Little Wolf to Hair of the Dog", la basse est nerveuse, les guitares impatientes, la rythmique enlevée, le violon enflammé (Bénédicte Villain, fidèle au poste). Le chant, à l'accent si caractéristique, est toujours très inspiré. "Ballad of a Thin Man" est une reprise de Bob Dylan. Entre ce premier et ce dernier morceau, nous plongeons dans une musique rock éclatante, puisant profond dans les racines du folk américain. Les références littéraires abondent, à commencer par le titre : "Agua sexual" est un poème de Pablo Neruda.
www.theohakola.com
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ALEXANDRE KINN
"Dans la tête d'un homme"
(Interphonics/AZ Universal)

Un EP six titres paru à l'automne 2006 avait retenu toute notre attention. Pour notre plus grand plaisir, nous en retrouvons quatre parmi les treize proposés sur ce premier album très abouti. "Aude" (ode à l'enfant à naître), "J'appartiens" (questionnement sur les sentiments), "Pour toi" (déclaration d'amour), "Dans la tête d'un homme" (fragilité, faiblesse humaine), nous avaient profondément touchés, mettant notre sensibilité à vif. Les nouvelles chansons d'Alexandre Kinn, auteur, compositeur et interprète (voix, guitares, harmonica), sont dans la même veine (folk urbain humaniste) et nous font voir la vie en blues, avec ses joies, ses espoirs, ses tristesses et ses doutes. Bob Dylan n'est pas loin, ou encore Ben Harper (usage d'une weissenborn). Nous aimons beaucoup "L'alliance" (méfaits du mariage), "Tranquille" (bilan d'une vie), "Glisse" (hymne à agir). Cet artiste Fair 2008 entame une grande tournée nationale.
www.myspace.com/alexandrekinn
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MANIS
"A l'arraché"
(Autoproduit)

Nous l'avions remarqué fin 2007 au festival parisien "Désin'volt", où il était programmé en tant qu'artiste sélectionné par le COACH (structure d'accompagnement et de conseil). Nous retrouvons Manis sur ce premier album aux dix chansons élégantes, exotiques et raffinées, qui sont comme autant d'invitations au voyage, d'appels à la sensualité, d'envies de danser. Les guitares, acoustiques ou discrètement électriques, sont soutenues par des percussions légères et chaloupées ; y plane parfois le jeu divinement aérien d'un Fender Rhodes. La voix chaude, veloutée, caressante, nous parle à mots couverts, nous met dans la confidence, nous emmène dans des pays ensoleillés, proches ou lointains. "Comment ça se danse" met en scène une parade amoureuse, "La Palermitaine" nous fait rencontrer une femme troublante, "J'aime l'orage" loue les éléments, l'amour et les grands espaces, "Trahison" évoque la peine à être loin de l'être aimé.
www.myspace.com/jbmanis
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TOMISLAV
"J'y vais, j'en reviens"
(Autoproduit, 6 titres)

Jeune "one man band" aux chansons folk très attachantes, Tomislav évoque Voulzy, De Palmas ou Tété. On accroche dès le premier morceau : "Le temps est à la fête", pop song douce-amère, dont on fredonne avec plaisir la mélodie. Une voix chaleureuse, nuancée, haut perchée, une guitare acoustique énergique, agrémentée d'harmonica… Un album se prépare : on l'attend impatiemment !
www.myspace.com/tomislavausavon

12.04.2008

J'achète !

Mes activités journalistiques me permettent souvent, il est vrai, d'écouter de nouveaux albums sans avoir à les acheter et, qui plus est, avant tout le monde ! Évidemment, c'est pour la bonne cause : il y a, à la clé, l'écriture d'un article, ou d'une chronique. Dernièrement, j'ai eu la joie de découvrir, en exclusivité, le dernier album de Tanger (Il est toujours 20 heures dans le monde moderne), celui de Charles De Goal (Restructuration), le 2e Gong Gong (Mary's Spring), qui seront dans les bacs courant avril ! Incessamment, donc !

Je ne télécharge pas illégalement (d'autres s'en chargent pour moi) ni légalement d'ailleurs, et de temps en temps, j'achète des disques, ceux de gens que je considère comme des "valeurs sûres", des "talents rares", qui méritent que je leur consacre une partie de mon budget.
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Les deux derniers CD que j'ai achetés sont ceux de Jad Wio : "Sex Magik" et Daniel Darc : "Amours Suprêmes".
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Qu'est-ce qui a motivé mes choix ? Pourquoi ces disques-là plutôt que d'autres ? Tous les albums de Jad Wio (compilation "Cellar Dreams", "Contact", "Fleur de métal", "Monstre-toi", "Nu Cle Air Pop") tournent régulièrement sur ma platine, alors pourquoi me priver du dernier ? Quant à Daniel Darc, je peux dire que "Crèvecoeur" (2004) est l'un de mes disques de chevet, et qu'"Amours Suprêmes" est en passe de le devenir également.

Ce sont aussi mes lectures dans la presse musicale, plutôt enthousiastes et positives, qui m'ont convaincue du bien-fondé de mes achats. À commencer par Longueur d'Ondes, où je ne me contente pas de relire mes propres chroniques ! Celles de Patrick Auffret et d'Eric Nahon, journalistes à LO, ont largement contribué à orienter mes derniers choix discographiques. Puisse cela aussi vous inspirer et vous donner envie d'écouter ces albums…
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JAD WIO
"Sex Magik —Histoire de Lilith Von Sirius"
(Magik C/Discograph)


Devenir pute : ultime fantasme d'un chanteur qui parade en talons aiguilles… On entre dans ce disque comme dans un livre interdit, avide de découvrir les aventures forcément érotiques de Lilith Von Sirius, la courtisane de luxe. Dès "Das ist…", premier morceau aux ambiances cabaret-technoïde, on sent l'essai réussi. En rendant hommage à l'artiste libertine polonaise Diana Orlow, Bortek livre un grand disque sexuel et anticonformiste. La présence de K-Bye, le guitariste des sulfureux débuts, donne de l'amplitude aux guitares. Le résultat est joliment rythmé, tendrement subversif, triste parfois, savoureux souvent et toujours férocement pervers, voire lubrique… Ceux qui en doutent doivent écouter la sublime chanson "Sans début ni fin". L'usage de l'allemand renforce encore, sur quelques titres, le côté malsain… Vingt ans après, cet album qui reprend à la mode d'aujourd'hui les meilleurs thèmes du duo SM doit être celui de la consécration.

http://www.jadwio.com

Patrick Auffret
Longueur d'Ondes #41
(automne 2007)

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DANIEL DARC
"Amours Suprêmes"
(Mercury/Universal)


Hey honey, take a walk on the Darc side. "J'irai au Paradis parce que c'est en enfer que j'ai passé ma vie…" Dès les premières phrases, l'ex-Taxi Girl donne le ton. Pas de complaisance ou d'auto apitoiement. Juste des mots forts et simples. Darc ne parle jamais des choses qu'il ne connaît pas. Amour, mort et rédemption sont donc au programme. Et l'envie de vivre. On guette la lumière, elle arrive parfois au détour d'un refrain, comme un coucher de soleil rougeoyant dans un ciel bas et gris. Sans effet de manche, ses propos sont encore plus forts et nous prennent aux tripes. La musique surprend moins mais les mélodies tout en finesse de Frédéric Lo sont splendides et apportent un peu de lumière céleste à ces chroniques chaotiques. On croyait que Daniel Darc n'arriverait pas à surpasser l'indispensable "Crèvecoeur". On avait tort. Quand viendra l'heure de faire votre top album 2008, vous n'oublierez pas ce disque poignant sous prétexte qu'il est sorti en début d'année. Parole.

http://www.danieldarc.com

Eric Nahon
Longueur d'Ondes #43
(février/avril 2008)

29.03.2008

Pandore à la Fontaine

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Brie-Comte-Robert, 13.400 âmes, ville d'Histoire, ancienne capitale de la Brie, son église (XIIIe siècle), son château (XIIe siècle), son traiteur chinois (ouvert le samedi soir) et… son centre culturel !

Habituée à me rendre à "la Fontaine" pour assister aux réunions du Transistor, fanzine gratuit édité par le réseau du Pince Oreilles (structure de soutien aux musiques actuelles du 77), je ne m'y étais encore jamais déplacée pour un concert !

Ce fut enfin chose faite samedi 15 mars 2008, pour écouter Pandore (dont je venais d'écrire la chronique de leur 2e album pour le Transistor) et Doloreane, en première partie.

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La salle de concert est accueillante, la scène a une configuration particulière, avec ce poteau en plein milieu, qui oblige à repenser l'espace "autrement". Je retrouve là Caro, journaliste pour le Transistor et Longueur d'Ondes, qui a récemment créé Yaka Mag, un épatant magazine culturel (web et papier) destiné aux parents des enfants de 5 à 12 ans. Son compagnon Fabrice joue de la batterie dans le groupe de première partie. Je discute aussi avec Magali, chanteuse du groupe trip hop Etikal Lab : un 2e album est en préparation ! Je vais également saluer Luc, programmateur, responsable du studio de répétitions de la Fontaine et rédacteur en chef du Transistor.

Doloreane est un groupe familial, où le fils est chanteur, le père à la guitare ; il y a aussi cousins et amis pour prêter main-forte à une musique pop rock oscillant entre Radiohead et The Strokes, avec des accents funky.

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Pandore, trio power pop seine et marnais, est de retour avec les titres de son nouvel album, qui vient juste de sortir : "Tout va mieux". Malheureusement, ce qui ne va pas mieux, c'est qu'au changement de plateau, une partie du public s'est éclipsée on ne sait où, ce qui rend la salle un peu vide et c'est dommage, car la prestation de Nolwenn, Manu et Stéphane vaut vraiment le coup !

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Des concerts à la Fontaine, il y en a à peu près deux par mois.
Les prochains seront les samedi 29 mars (pop rock avec Elejia, Apple Dumplim et Either), 12 avril (fusion avec Badjoke, The Ape's Trip et Love Juice Distillery), 17 mai (groupes répétant au studio : Legs On Fire, X-tazyK et Puff Machine), 31 mai (festival Métal Zone, salle du Safran, avec doMb, Ed-Äke, Memories of a Dead Man...). C'est très éclectique !

Pour en savoir plus :
http://www.centre-culturel-brie.com
http://www.myspace.com/lafontaineconcerts
http://www.pinceoreilles.fr

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Finissons par la chronique consacrée à "Tout va mieux", qui figurera sur le numéro 24 du Transistor (avril/mai/juin 2008) :

Après "Mud Eve" sorti en 2004, voici un 2e album très attendu, au titre optimiste et prometteur. Conduit par Nolwenn au chant et à la guitare, Manu à la basse, Stéphane à la batterie, le combo continue sur sa lancée, jouant une power pop énergique, sensible et inspirée. Les compositions, au son puissant et saturé (heavy metal, grunge…), sont servies par une voix au fort tempérament, expressive, mélodieuse, orageuse.

http://www.myspace.com/pandorepowerpop

01.03.2008

Chroniques de fin d'hiver

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Et hop ! C'est parti pour le numéro 43 de Longueur d'Ondes, qui devrait être maintenant disponible gratuitement un peu partout  ! En tout cas, il y en aura sur Meaux (médiathèque, MJC) et sur Noisiel (Ferme du Buisson) !!! Sinon, on peut le télécharger en PDF de chez soi, en cliquant là :
http://www.longueurdondes.com

Voici quatre de mes chroniques, figurant dans ce numéro. Il y en a pour tous les goûts ! Tous ces artistes méritent qu'on les écoute ! Qu'on aille les voir en concert !
 
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CHEMEMPA
"Mollo sur le destroy"
(Koud'ju)

Nous voilà immédiatement mis au parfum avec "Ni plus ni moins", premier titre sautillant, rayonnant, ensoleillé, d'un album survitaminé, régénérant, résolument optimiste. Les six membres de Chemempa cultivent la bonne humeur et en ont à revendre. On en a bien besoin en ce début d'année ! Pour lutter contre la grisaille et la morosité, une solution : les rythmiques entraînantes du ska et du reggae (Cyril à la batterie, Nico à la basse, Guillaume à la guitare), des mélodies cuivrées, très colorées (Yohanna à la flûte, Fabulous au trombone et à la clarinette), le chant énergique et chaleureux de Nyko. On danse salsa sur "Buenas vibrations", oriental sur "Mange la vie", on aime le clin d'œil rock alternatif de "Simca". Héritier des Satellites, Négresses Vertes, FFF, Zebda…, le combo du 77 bénéficiera en 2008 du PAP : Projet Artiste Parrainé du COAH. Vente du CD via le Web et les concerts, avant la sortie nationale en mai.
 
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LA MAL COIFFEE
"La mal coiffée"
(Modal/L'Autre Distribution)

La polyphonie est une combinaison de plusieurs voix indépendantes et pourtant liées les unes aux autres par les lois de l'harmonie. C'est ce que pratiquent les six filles de la Mal Coiffée, en langue d'Oc, s'il vous plaît ! Dans la lignée de Moussu T ou Dupain, elles nous emmènent loin vers le Sud, interprétant des chants populaires rythmés par le tambour et autres percussions.
 
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M. CHANCE
"M. Chance va mieux"
(Ignatub/L'Encours)

Ce M.-là est le personnage sorti de l'imagination de Matthieu Ballet (compositeur, arrangeur, réalisateur) qui, quand il ne travaille pas pour les autres (Thomas Fersen, Miossec, Merzhin…), trouve (et heureusement !) encore du temps pour créer sa musique. Avant M. Chance, il y a eu Dr Love, projet plus électro, qualifié par la presse de "chanson hardcore". Il faut dire que l'univers du bonhomme est plutôt froid, tranchant, sombre et acide. Les 17 titres qui composent l'album, réalisés entre 2000 et 2007, sont comme autant de lames aiguisées, effilées, qui touchent en plein cœur. On est happé par les cordes de "Je vais mieux", qui rappellent celles de Cure dans "M", interpellé par "Fuck de Fuck" et son phrasé haché, captivé par l'histoire d'Adrienne dans "La jeune fille et la mort". La reprise de Taxi Girl, "Cherchez le garçon", dansante à souhait, est du meilleur effet. En téléchargement ou en commande via le Web.
 
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SU LI ZHEN
"Su*Li*Zhen*"
(Alien Prod)

Des clochettes cristallines, suivies d'une mélodie évoquant la lointaine Asie, ouvrent, en intro, un album lumineux, aérien, onirique. Su*Li*Zhen* est le projet ambitieux de Nico, multi instrumentiste nancéen très inspiré, qui dit vivre "la musique comme un art". On se promène agréablement d'un titre à l'autre (13 au total), tantôt dansant, tantôt planant, passant d'une ambiance sonore à une autre, d'un registre à l'autre. Ça donne dans le trip hop, l'électro, le rock, le jazz, l'ambient… Le tout est cohérent, singulier, harmonieux. On aime l'instrumental "Japanese flowers", le sax tout en volutes de "As tears go by", la jolie voix de Melle Huynen sur "No way to be your pawn", "Dream on" pour son petit côté métal et médiéval. Chacun est libre d'imaginer, de s'en aller rêver au gré de ses humeurs et de ses émotions, à l'écoute de cette musique riche et inventive. On se procurera ce petit trésor en  téléchargement légal.
http://www.sulizhenmusic.com

29.12.2007

Chroniques de début d'hiver

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Sur la Même Longueur d'Ondes sort son numéro 42 (gratuit !) pour les fêtes de fin d'année avec, en couverture, aux couleurs de Noël, Katerine et ses Vedettes aux cuissots bien dodus…

Collaborant toujours au magazine, principalement pour des chroniques (de temps à autre des articles et des comptes rendus de concerts, de festivals…), j'en livre ici quatre, concernant des artistes que je tiens à soutenir. Les deux premières figurent dans la version papier du #42, les deux suivantes ne bénéficient (malheureusement) que de la version Net.
Il semblerait qu'actuellement, le site soit en mise à jour... patience, donc ! 
 
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CASARECCIO
"Live"
(Autoproduit)

Enregistré à Ay (51), fief de Jano, chanteur et guitariste du groupe, lors d'une série de trois concerts, ce CD contient des titres issus des deux albums studio précédents et des inédits. Il retranscrit bien l'énergie dégagée sur scène par le quintet, qui se distingue par son humour et sa bonne humeur. Casareccio mélange avec joie rock, chanson, reggae, jazz, musique espagnole.
http://www.myspace.com/casareccio

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THOMASI
"Le bazar du bizarre"
(Autoproduit)

Après "Lundi dans la lune" paru en 2006, voici un deuxième album très abouti, écrit dans la même veine que le premier. Les compositions, énergiques, enlevées, virevoltantes, font la part belle au swing, au flamenco, au jazz manouche, à la musette. Guitare, violon, contrebasse, piano, accordéon, batterie… rivalisent d'ingéniosité et de virtuosité. Les chansons, poétiques, réalistes, toujours attachantes, explorent des thèmes familiers (l'univers populaire parisien, l'amour, l'amitié…), mais aussi plus inattendus. Thomasi, bien inspiré, nous fait part de ses joies créatrices dans "Moleskine Swing". Il chante avec finesse l'attirance d'un hétérosexuel pour les amours masculines dans "Banana Café", raconte la vie du lion rugissant des films de la Metro Goldwyn Mayer dans "Mon vieux  Léo". "Lucie" décrit l'existence ratée d'une jeune comédienne. La palme de l'émotion revient à "Franck", interprétée sobrement, sans artifices.

Note de la rédactrice : Thomasi vient d'obtenir une aide financière de la SACEM pour l'autoproduction de cet album, qui sortira en février 2008.

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TALK MINA
"Nature humaine"
(Autoproduit)

Yasmina met sa voix en avant et raconte plus qu'elle ne chante, selon un phrasé rythmé, ferme et posé, qui n'appartient qu'à elle. Ses textes, francs, lucides, sincères, sont comme autant de tranches de vie : la sienne ("Androgyne", "L'amour en fuite") ou celle des autres ("La zonz", "Romain"). Olivier apporte une touche musicale discrète mais colorée, complémentaire.
http://talkingkhoia.canalblog.com

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LE CHAUFFEUR EST DANS LE PRÉ
"Imidiwen"
(Chauffeur Production/Mosaic Music)

Dès le premier titre, "Adrar", on sent qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire. D'abord on reconnaît les guitares blues touareg, les chants traditionnels du désert. Puis on entend le timbre d'une clarinette, d'un saxophone, d'un bugle ; le souffle d'un accordéon, la frappe d'une contrebasse, d'une derbouka. Nous voilà entraînés dans une joyeuse farandole, qui nous emmène au Sahara pour une veillée au coin du feu où aurait lieu un bal musette. On y danse pieds nus dans le sable, la tête dans les étoiles. Ce disque est né de la rencontre entre les six musiciens méridionaux du "Chauffeur" et les quatre artistes maliens Moussa, Yaya (guitares, chant), Kéli et Nina (chant). Il résulte d'une belle amitié ("Imidiwen" signifie "les amis"), faite d'échanges et de partages entre deux cultures, deux continents. 17 titres intenses et colorés, dont l'émouvante valse africaine "Nina et Nina". Tournée en France puis au Mali.
http://www.lechauffeur.org

17.11.2007

Infrastition

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En voilà une bonne nouvelle ! Le label Infrastition, spécialisé dans la réédition des groupes français indépendants des années 80, rajoute des références prestigieuses à son catalogue, déjà bien fourni (Asylum Party, Baroque Bordello, Clair Obscur, Complot Bronswick, Norma Loy…) !

L'album culte "3" de Charles de Goal (New Rose, 1984) sort pour la première fois en CD dans une version admirablement remasterisée avec 5 titres en bonus. C'est incroyable, inespéré et terriblement émouvant !

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Les prochaines parutions, sous forme de compilation, avec des inédits plus un livret documenté et commenté seront : Tanit (duo Elsa Drezner/Pascal Humbert) et les lyonnais de L'Enfance Éternelle. À (re)découvrir absolument !

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Oh ! Joie incommensurable ! Les géniaux Martin Dupont vont eux aussi bénéficier d'une réactualisation numérique, avant la fin de l'année 2007 ! Premier opus à (s')offrir pour Noël : l'intrigant et envoûtant "Just Because…"

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Le rock oriental et écorché de Dazibao est aussi au programme de cette fabuleuse entreprise !

Merci à Alex de m'avoir envoyé les CD de Charles de Goal, Tanit et L'Enfance Éternelle, ainsi qu'une compilation de 15 titres. Je retrouve avec plaisir (et certes un peu de nostalgie) le meilleur de ce courant musical hexagonal novateur, avant-gardiste et si créatif, qui a forgé mon oreille musicale et aiguisé la sensibilité de ma vingtaine d'années de l'époque. C'est une reconnaissance bien légitime que de donner aujourd'hui à tous ces groupes une "seconde vie".


http://www.infrastition.com

20.10.2007

Chroniques d'automne

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Le numéro 41 du magazine musical "Sur la même Longueur d'Ondes", avec Kwal en couverture, est arrivé ! Il est disponible gratuitement dans les salles de concert, les bars, les médiathèques, les disquaires… de France et de Navarre ! On le trouve aussi à l'Espace Culturel des centres Leclerc et chez Cultura.

Pour savoir où trouver un exemplaire pas loin de chez vous, cliquez ici :

http://www.longueurdondes.com

Vous aurez aussi, sur le site Internet du magazine, la primeur des articles et des chroniques figurant dans ce numéro !


Vous êtes sur MySpace ? Rejoignez le cercle des amis (déjà très nombreux) de "LO" !

http://www.myspace.com/longueurdondes

Je vous présente ici trois chroniques de disques (un maxi, deux albums) que j'ai réalisées pour ce numéro d'automne. Elles concernent des artistes éminemment attachants, auteurs, compositeurs et interprètes, qui valent vraiment le coup d'être écoutés, autant pour les textes que pour la musique .

Il s'agit de : Anne Cardona, Lizzy Ling et Valier.

Vos commentaires seront les bienvenus ! D'avance merci !

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ANNE CARDONA
"Je déteste le rose"
(Autoproduit)

La brune Parisienne fait des chansons piquantes, tendres, drôles : en voici 4. Outre son horreur du rose et son goût pour les rimes en "ac", elle adore les histoires d'amour. Une voix grave peu banale, sachant monter dans les aigus, des résonances indiennes, un esprit rock : une formule séduisante à découvrir sur scène (La Comedia) d'octobre à février. EP 6 titres à sortir.

www.myspace.com/annecardona

Note de la rédactrice :

Bonne nouvelle ! Les concerts d'Anne Cardona à la Comedia se prolongeront jusqu'en juin 2008, à raison de deux mercredis par mois (le 2e et le 4e, sauf le 26 décembre : relâche). Il faut la voir ! On passe un excellent moment, dans un décor 60's en noir et blanc, où Anne évolue sans complexes, avec beaucoup d'humour, chantant l'amour ; la mise en scène est trépidante, truculente et enlevée...

Espace La Comedia

Salle des Pavés 

6 impasse Lamier 

75.011 Paris

Entrée 15 €, tarif réduit 10€

Concert à 21h

01-43-67-20-47 

resa@la-comedia.com 

http://www.la-comedia.com (???)

 

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LIZZY LING
"Un tigre dans le bungalow"
(Autoproduit)

Cette artiste n'a pas qu'une seule corde à son arc. Elle compose, écrit et prête sa voix à de nombreux projets. Les douze titres de l'album, sur lequel souffle un petit vent d'Asie, apportent poésie, fantaisie, humour et légèreté. Jean Fauque (parolier de Bashung) signe ici cinq textes émaillés de fins jeux de mots : "Le jour s'ennuie", "Mendie-moi", "Tais-toi", "Tombée là par amour", "Tout est amour". Elle-même en livre six, dont le coquin "Un tigre dans le bungalow" et un autoportrait piquant, "Lizzy Calamity", sur fond de musique western. Les arrangements, l'enregistrement et le mixage sont assurés par Minimatic (Rhodes, claviers, sons étranges…). En ouverture, on tombe sous le charme de "L'hiver" de Lionel Privat. On se recueille sur "Fleurs et sortilèges" on danse sur "Tokyo" en restant à Paris ; une histoire se termine dans "Prenons le large". L'album se clôt avec le planant et saisissant "Black Butterfly".

www.myspace.com/lizzyling

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VALIER
"Valier"
(La Blanche Production)

Seul à la guitare et à l'harmonica, ce Rennais devenu Brestois, pas né de la dernière tempête, nous crache quinze chansons rageuses, rugueuses, fougueuses et ravageuses. Chez lui, le blues s'écrit "blouse", du verbe blouser : "induire en erreur, abuser". Il nous l'assène à toute vitesse, à grands coups d'accords brutaux, de riffs sauvages, de textes incendiaires. Son imparable voix grave n'en finit pas de nous poursuivre, de nous hanter, de nous posséder, de nous consumer. Tout est intense, tout est urgence, tout est extrême. Loin des modes et des enjeux, l'homme, excentrique et solitaire, s'expose à vif, fait du rentre-dedans. On se sent bousculé, culbuté, terrassé ; on n'en sort pas indemne. On reste "sur le cul" et on en redemande : ça fait du bien, c'est salutaire. Pour mieux cerner le personnage, on lira, sur son site, "Ses combats", suite d'interviews finement menées, lucides, acides et désarmantes.

http://valierexperience.free.fr

Note de la rédactrice :

La rubrique "Ses combats" n'existe malheureusement plus sur le site de Valier. Par contre, vous pourrez écouter sa musique (6 titres extraits de l'album dont je parle et 6 autres d'une démo réalisée en mai 2007), et visionner une interview ainsi que deux titres en live au Vauban (Brest). Allez-y sans attendre !

Toutes les notes