11.12.2006

Watts Up 2006, Watts Up 2005

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1)Watts Up 2006

Le festival Watts Up, 8e rencontre des musiques actuelles en Seine-et-Marne, aura lieu le week-end prochain à Champs-sur-Marne, MJC Victor Jara (vendredi 15 décembre), et à Chartrettes, espace multiculturel, en collaboration avec l'association Notown (samedi 16 décembre).

Ce sera l'occasion, pour les 8 groupes de la Pépinière 2006, de jouer dans de bonnes conditions de scène. Ces mêmes groupes, aidés par le Pince Oreilles, ont enregistré un titre en studio pour la compilation Watts Up 2006 (Pépinière #6), disponible gratuitement contre une entrée au festival.

 

Au programme :

Vendredi 15/12, 19h :

Siha (emocore)

Frrt (metal)

Dajzoelo ki (rap)

Platodefruidemer (electro)

Samedi 16/12, 16h :

Entrenous (chanson reggae)

Elejia (pop)

Dondog (rock)

Wui Zit (rock'n'core)

Il y aura aussi des conférences, avec d'éminents "docteurs de la zique".

Pour plus d'infos, cliquer ici :

http://pinceoreilles.free.fr

Ou plus rapidement là :

http://pinceoreilles.free.fr/imagin.htm

En 2005, j'étais allée aux deux jours du Watts Up ; le vendredi à Chelles (les Cuizines) et le samedi au Mée-sur-Seine (le Chaudron). Ce fut l'occasion de découvrir des groupes comme Lizard Queen ou Cobalt.

Suit ci-dessous un petit compte rendu, et des photos.

2)Watts Up 2005

16 et 17 décembre 2005 : au menu du festival Watts Up (7e édition), 9 jeunes groupes seine-et-marnais sélectionnés par le réseau Pince Oreilles (réseau des musiques amplifiées de Seine-et-Marne) parmi plus de 70 candidatures !

Mitonné aux Cuizines (Chelles) le vendredi, mijoté au Chaudron (Le Mée-sur-Seine) le samedi, Watts Up ne laisse personne sur sa faim : il y en a pour toutes les oreilles ! Les groupes, bien rodés à la scène, regorgent d'énergie et maîtrisent leur sujet, chacun dans leur style.

Cobalt ouvre le bal avec ses chansons pop et folk, suivi par le rock irradiant et envoûtant de Lizard Queen. Métal en fusion : c'est Euforiah, étonnamment détonant dans le mélange des genres ! Place aux voix d'outre-tombe et aux guitares ensorcelées du groupe deathcore Grub. Pour faire passer le tout, Blazcooky nous sert un punk hardcore revigorant, très épicé.

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Le lendemain, funk, groove et scratchs avec Keryah, tout feu tout flamme. Dice Curse fait dans le punk ironique et second degré. La chaleur monte sous le soleil de Vibrate'On, son reggae distille joie de vivre et paix sur Terre. Les Che'Mempa clôturent la soirée en fanfare : chanson festive, bonne humeur et folie douce sont à l'honneur !

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Outre les concerts, le public peut aller à la rencontre des associations locales (villages associatifs "Nord" à Chelles et "Sud" au Mée) et participer à des rencontres-débats.
La compilation La Pépinière #5, sur laquelle figure les 9 groupes, est offerte à l'entrée. C'est un outil de promotion (médias, programmateurs...) pour ces artistes en devenir, qui bénéficient par ailleurs du soutien du réseau Pince Oreilles pour la mise en oeuvre de leurs projets.

Watts Up, c'est l'occasion de mettre en son et en lumières les musiciens les plus prometteurs du 77, pour que résonnent, encore plus fort, les musiques actuelles dans leur diversité !

21.09.2006

Muzik'elles 2005

La deuxième édition du festival "Les Muzik'elles" aura lieu à Meaux du 22 au 24 septembre 2006. Mêmes principes que l'an dernier : programmation 100% féminine, un site en plein air, des concerts au théâtre du Luxembourg, une scène gratuite place Henri IV, un festival off…

Cette année, je vais suivre de près l'événement pour la revue Sur La Même Longueur d'Ondes. Compte rendu et photos ici même dans quelque temps, et sur le site de LO : www.longueurdondes.com.

Retrouvez la programmation et les informations pratiques sur : www.muzikelles.fr.

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Mais revenons sur l'édition 2005, où je m'étais rendue plus par curiosité (artistique) que par convictions (politiques).

Meaux a vibré trois jours durant (23, 24 et 25 septembre 2005) au son des Muzik'elles, festival musical 100% féminin. Première édition, programmation fournie, grosse campagne promotionnelle, énormes moyens. Je suis tout à la fois curieuse et perplexe face à l’organisation d’un événement d’une telle ampleur.

Rigueur et professionnalisme, grande qualité artistique, rien n’est laissé au hasard. Outre les spectacles en plein air du site Tauziet (entre autres Maurane, Véronique Sanson, Olivia Ruiz, Ariane Moffatt...), on peut assister aux récitals de Luz Casal, Juliette, Enzo Enzo dans le cadre plus intimiste du théâtre du Luxembourg.

La scène gratuite des Trinitaires accueille le retour de Buzy en rock et noir le samedi, les sautillantes ska women du Maximum Kouette le dimanche. Quatre artistes révélées par le concours jeunes talents des Nouv'elles sont aussi sous les feux de la rampe.

On n’oublie pas le Muzik’off, plus officiel qu'officieux, mais il fallait quand même des gens pour l'organiser. Des groupes du cru en concert dans les rues et les bars du centre ville jusque tard le soir, ça vaut le coup d’être signalé !

Scène Tauziet, vendredi soir. Jean-François Copé, politicien de proximité UMP surmédiatisé, fait son entrée : discours dégoulinant d'autocongratulations et de bons sentiments. Porte-parole du gouvernement, ministre délégué au budget, il reste malgré tout "le" maire de Meaux. Merci à lui, instigateur du projet, et à tous ses potes entrepreneurs du spectacle. Avec les Muzik'elles, bienvenue dans la culture de droite, propre sur elle, bien balisée.

Très difficile pour moi de rester sereine face à ce déploiement, pendant les trois jours du festival, de personnel armé, en uniforme : CRS, police nationale, police municipale, gendarmerie... Sécurité en avant toute, l’ombre de Sarkozy, gare à l'État policier. L’idée, aussi, d’un coup médiatique bien monté, ou comment se forger un alibi culturel à des fins politiques. Meaux est le reflet de la politique de droite menée au niveau national, alors... Les Muzik'elles, des voix récupérées ?

24.07.2006

Route du Rock 2005

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Été 2005. Après les Vieilles Charrues, tourisme itinérant un peu partout en Bretagne. Découvrir de nouveaux endroits, ou retourner voir ceux que j'aime. Aller à Brest pour son grouillant Port de Commerce. Prendre le bâteau pour l'Île de Groix. Remonter vers Lannion. Puis gagner Saint-Malo, pour une nouvelle Route du Rock.

Week-end à Saint-Malo exceptionnel (12, 13, 14 août), déferlement d’adeptes des sons amplifiés, grands-messes électrifiées, communion massive, échanges passionnés... Le lieu du culte reste traditionnellement le Fort de Saint-Père (près de Saint-Marc en Poulet !), mais d'autres festivités sont organisées près de l'intra-muros depuis plusieurs années : siestes musicales à la plage de l'Éventail, concerts plus intimistes au Palais du Grand Large. La Route du Rock célèbre sa 15e édition et met les petits plats dans les grands, n'hésitant pas pour l'occasion à convier (et à payer grassement) les prêtres de la new wave, mythiques et légendaires : The Cure.

La Route du Rock, c'est tout à la fois pointu et exigeant, ouvert et accessible. À cette année encore son lot de découvertes, encadrées par des valeurs sûres. Chaque jour, je suis arrivée tôt pour les groupes d'ouverture. J'ai tout de suite été mise dans l'ambiance le vendredi avec le gros son rentre-dedans d'Art Brut, le lendemain j'ai succombé au charme de The Organ, quintet féminin très branché pop anglaise 80's, le dimanche embarquement immédiat dans la fusée fusion du jeune Boom Bip...

Certains groupes ne m'ont pas fait vibrer, Alamo Race Track m'a carrément énervée : dans la famille "Revival Joy Division" il y a déjà Interpol et Bloc Party, et ça suffit ! J'ai trouvé le set de Colder un peu tiède, vite ennuyeux. Je ne peux pas dire grand chose de Metric, ils sont passés après Sonic Youth et j'étais encore sous l'emprise des stupéfiants effets de la jeunesse sonique... Je n'ai pas non plus accroché au punk rock (limite FM) de Maximö Park : c’est éculé, et ça me lasse !

Déclanchement de l'artillerie lourde dès le vendredi, avec la résurrection de The Wedding Present, aux oeuvres émouvantes, nerveuses, généreuses. Yo La Tengo, et son panomara musical époustouflant, se joue de tous les styles, c'est impressionnant. Le samedi, soir bénit, 2h20 de bonheur en compagnie des Cure. Robert Smith et son look corbeau impayable, nous offre une version épurée de 25 ans de création musicale, sans faire dans la facilité : le répertoire est vaste, diversifié. Place aux guitares : exit les artifices des synthés. C'est sublime, tout en majesté. Le dimanche, ce sont les palpitants faiseurs de bruits Sonic Youth qui investissent le Fort dans ses moindres recoins. Personne ne sort indemne de ce déluge de sons, de vrombissements chaotiques.

L'opéra rock symphonique de Mercury Rev m'a touchée par moments : beauté des images, des lignes mélodiques... Très aérien et esthétique, un peu pompeux et prétentieux. The National clôturait la première soirée, je suis restée, bercée par la voix grave et mélancolique du chanteur blond ténébreux. Il y a eu, juste avant The Cure, les fougueux The Raveonnettes et leur rock garage noisy redoutablement rodé. L'événement le plus renversant du festival fut sans conteste celui de la chorale des complètement givrés The Polyphonic Spree : 25 personnes sur scène, en tuniques bleu ciel zébrées d'un éclair rouge, se donnent à fond, dans la joie et la béatitude, apportant la grâce et l'absolution à une foule en liesse !

Mon prix spécial "serial danseurs" va ex-equo à !!! et Vive La Fête. Après The Cure, !!! a captivé bon nombre de festivaliers encore d'attaque avec ses rythmes déjantés et débridés. Le dernier soir, c’est Vive La Fête, Els Pynoo est contente d'être là et a envie de s'amuser, nous aussi, c'est parti jusqu'au tréfonds de la nuit. Le cocktail canaille electro explosif made in Belgium nous revigore avec ses beats copieusement martelés. On ne voudrait pas que ça s'arrête, mais c'est déjà la fin.

Lundi 15 août, 9h, réveil en fanfare au camping de Rothéneuf : la famille catho d'à côté se prépare pour la messe.

medium_RduRock05_2.jpgUn mot au sujet des leçons de piano données par Christopher O'Riley sur la plage de l'Éventail : un homme jouant d'enchanteresses reprises de Radiohead, sur un piano à queue, face à la mer, pour un auditoire en tenue de plage... c'était joliment décalé.

Pour finir, deux mauvais points à signaler. Le concours d'Air Band au stand Coca Cola était vraiment ridicule, voire navrant. Et l'accès à l'expo "15 ans de Route du Rock" était réservé aux seuls spectateurs du Palais du Grand Large. Dommage !

Pas de Route du Rock pour moi cette année, mais le site Internet est consultable ici : www.laroutedurock.com

 

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22.07.2006

Vieilles Charrues 2005

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L'an dernier, j'ai passé mes vacances en Bretagne. L'occasion de prendre l'air marin, de me délecter d'incroyables paysages, de visiter parcs et châteaux. Et puis aussi, d'aller en festival. Voici le compte-rendu des Vieilles Charrues 2005, agrémenté de quelques photos (obtenues grâce à l'appareil jetable de Christelle et Olivier) pour illustrer mes propos, notamment au sujet de la pluie. Ah ! la pluie !

Désolée, il n'y aura pas de compte-rendu de l'édition 2006, je n'y suis pas !


Première escale musicale de l’été à Carhaix, Centre Bretagne. La programmation 2005, toujours plus éclectique, m'a décidée à retourner fouler les prairies de Kerampuilh, pour trois jours de festivités gargantuesques (22/23/24 juillet), en compagnie d'amis bretons.
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Journée du vendredi sous le soleil. Ça commence fort avec les koras énergiques du Guinéen Ba Cissoko. Jeanne Cherhal donne de son tour de chant une version rock'n roll, délaissant son piano pour empoigner la basse : courageux, peu efficace. Place à Cuba, à la salsa, avec le Buena Vista Social Club et Ibrahim Ferrer, dont c'est l'une des dernières prestations. Du rock pur et dur avec les Belges survoltés d'Hollywood Porn Stars. Jane Birkin pousse la chansonnette avant l'arrivée du monstre antédiluvien Deep Purple. J'ai nettement plus vibré sur l'incroyable mélange orchestré par le chanteur breton Erik Marchand et le talentueux guitariste Rodolphe Burger, accompagnés pour l'occasion par le groupe occitan Dupain. Ensuite, c'est New Order, toutes guitares dehors, pour un show percutant, invitant à la danse. Vive émotion lors des reprises de Joy Division. Après ça, Luke, c'est plutôt fade : ils n'égaleront jamais Noir Désir. Remise en jambes funkydiscopunk avec le tressautant LCD Soundsystem et sa boule à facettes géante. Après ça : au dodo !
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La pluie s'invitera tout le samedi, mais n'empêchera personne de s'amuser ! Laetitia Sheriff passe malheureusement trop tôt, Ridan réveille nos consciences encore endormies, Devendra Banhart attise notre intérêt avec son folk charmeur et envoûtant. La grand-messe d'amour et de partage d'Amadou et Mariam commence, c'est simple et beau, touchant, dansant. Délaissant Jamie Cullum et son jazz blues sophistiqué, je vais patauger dans la boue sur les rythmes ravageurs ragga dub electro de La Phaze. Mickey 3D, décidément bien niais, ne m'emballe pas, la trompette enchantée de Nils Petter Molvaer un peu plus. Louis Bertignac nous renvoie à Téléphone tandis qu’Iggy Pop, cheveux lâchés et torse nu, revisite les Stooges, sans surprise. C'est autrement grandiose avec The Kills : programmations tranchantes, guitares cinglantes, chants lacérés, jeux orgasmiques. Je reste pour le groupe espagnol Sunday Drivers, mais sa pop rock psychédélique très convenue me convainc rapidement qu'il est grand temps d'aller me mettre au sec !
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Grand soleil, petites averses et arc-en-ciel au rendez-vous du dimanche. En retard pour Florent Marchet, dont les chansons fluettes s'égrènent le long du chemin menant au site, on arrive pile pour les Touaregs Tinariwen et leur blues du désert. C'est un Nosfell époustouflant qui conquiert les novices, grâce à son chant étrange et ses prouesses chorégraphiques. Bernard Lavilliers, le prince des baroudeurs, livre un concert haut en couleurs. Michel Delpech ouvre le bal 70’s avec, pointe d'ironie suprême, son "Quand j'étais chanteur". C'est très ringard et nostalgique, mais ça fonctionne. Grandeur et puissance du reggae militant de l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly, rock oriental pêchu aux forts relents d'alcool servi copieusement par Rachid Taha, l'usine à tubes des Écossais Franz Ferdinand, le blues rock américain teigneux de Blues Explosion... Carte blanche à Laurent Garnier pour une méga partie de dance, tout l'attirail psychédélique. Petit détour par l'espace Garenne où je glane quelques titres expérimentaux du Vallegant Noz Unit #2 (Bretagne, Inde, acid jazz...), puis par la scène Xavier GrallTTC, démoniaque, officie devant une foule d'inconditionnels.

Dernier tour de piste, ça sent la fin, l'heure est au bilan : je regrette de ne pas avoir consacré plus de mon temps aux spectacles d'arts de la rue, j'aurais aimé écouter An Pierlé et DJ Morpheus... Mais il fallait faire des choix, c'est toujours comme ça ! Je dors dans ma voiture, la pluie ruisselle mais je suis à l'abri, bien au chaud dans mon duvet.

01.05.2006

Le Bruit de Melun, juin 2005

Le Bruit de Melun (3e édition sous ce nom) aura lieu les 1er et 2 juillet 2006, avec une programmation ambitieuse (artistes nationaux renommés), qui laisse néanmoins une place conséquente aux groupes locaux qui se sont distingués au cours de l'année. Plus d'infos sur www.lebruitdemelun.com

J'y étais l'été dernier.

Tous les ans, fin juin début juillet, il y a dorénavant "Le bruit de Melun". L'ancienne appellation, "Chantons Sympa", reflétait une certaine ringardise, en décalage avec une programmation diversifiée, très actuelle. C’est l’occasion deux jours durant, pour les Briards mélomanes, de faire le plein de nouveautés, de voir des pointures de la scène hexagonale dans un festival à dimension humaine. Pour mémoire, ces deux dernières années, s'y sont produits Les Wampas, Zebda, Mickey 3D, Rita Mitsouko, Benabar, Diam's, Cali, -M-...

Au programme en 2005 : Euforiah, Magyd Cherfi, Neïmo, Babylon Circus, Mali, les incontournables Amadou et Mariam, Domb et Sinsemilia rien que pour le samedi. Je choisis le dimanche, résolument plus rock.

26 juin. J'arrive au stade Paul Fischer, situé en pleine ville, aux abords d'une Seine large et tranquille. C'est l'heure du goûter. Sur la petite scène, Stuck in the Sound inaugure la journée avec sa pop sage et gentille. J'aime la virtuosité du bassiste, cheveux mi-longs, raie au milieu, une vraie gueule d'ange.

On passe à la grande scène avec Asyl, tout droit sorti du punk rock du début des années 8O : jeunes gens en noir, chanteur fluet coupe hérisson, textes sombres, français tranchant, mots exclusifs, jeu aiguisé, les nerfs à vif. On reste dans l'esprit avec Madinkà, plus new wave, plus gothique, et la naïveté fraîche et touchante de ses chansons d'amour. C'est simple, généreux, dansant, bien balancé.

Sans transition, place au reggae dub énergique de Tiken Jah Fakoly, griot des temps modernes, dans son grand boubou couleur de terre brûlée. Cette fois, le noir est sur la peau. Les paroles sont rebelles, militantes. Elles dénoncent, elles revendiquent, elles interpellent. Le blues n’est pas loin, là, derrière. Mélancolie, exil, mal du pays. Le trio French Paradoxe propose ensuite un set pur rock, au gros son saturé. C'est mature, maîtrisé. Musiciens bien rodés, aguerris, pas tombés de la dernière pluie.

Luke arrive, décapant, ravageur, fougueux, revigorant. Thomas Boulard, chanteur et leader, est un peu trop fier, peut-être, et plutôt arrogant, maintenant qu'il peut jouer dans la cour des grands. À côté, Déportivo, c'est de la mélasse. Basique, binaire, primaire, sans beaucoup de saveurs. Ils plaisent aux très jeunes. Je ne suis plus très jeune.

À 23 heures, c'est le grand retour de Louise Attaque, avec les titres de son album à sortir en septembre, en avant-première. L'alchimie de son folk rock revisité fonctionne toujours, la Louise n'a rien perdu de sa superbe ! Mise à feu sous le chapiteau ! Les morceaux sont rythmés, cadencés, entraînants. C'est émouvant, toutes ces mains qui s'agitent, tous ces corps qui se baladent, dans le public, en suspension... Un sport très insolite dans un bien drôle de stade ! Odeurs de sueur, de tabac et de bière. Énergie salutaire.

Ouh là là ! Que d'émotions ! Du fort, du brut, du pur et dur ! Tout ça n'est pas du bruit pour rien ! Et le bruit, à Melun...

Le Son de l'Air, mai 2005

Avec le printemps, arrivent les premiers festivals musicaux en plein air.
Les 26 et 27 mai, je vais me rendre à la deuxième édition du "Son de l'Air". Pour connaître la programmation 2006, allez sur www.lesondelair.org

Mais tout d'abord, voyons comment les choses se sont passées en 2005 :


La première édition du festival "Le Son de l'Air" s'est déroulée les 28 et 29 mai 2005 à La Ferté sous Jouarre (77). L'événement était de taille, dans une contrée peu coutumière du fait. Ses organisateurs le voulaient "musical et éclectique", "pointu et familial", "champêtre et bucolique". Défi relevé haut-la-main : programmation habile et ingénieuse, son impeccable, organisation sans faille, ambiance détendue, chaleureuse, conviviale, public de tout horizon, petits et grands... Et du beau temps !

Le site se trouve au coeur de la ville, sur une immense pelouse en bord de Marne. Les groupes passent alternativement sur l'une ou l'autre des deux scènes, en côte à côte. Tous d'une excellente qualité musicale, ils font la part belle aux cuivres, aux cordes, aux percussions, aux instruments traditionnels... Un mélange subtilement orchestré, laissant une place de choix aux talents Seine-et-Marnais. Scène DJ, espace pétanque, graffeurs, troupe de samba, jongleurs, stands associatifs, tables et bancs près du bar complètent le tableau, déjà très idyllique !

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Le 28, j'arrive sur le ska festif de The Dogged Skankers. Il est 15 h, j'ai raté le punk hardcore de Blazcooky. Suit Jabul Gorba, fanfare punk et tzigane. Puis c'est Munshy et sa chanteuse phénoménale, mêlant la délicatesse du trip-hop et la sauvagerie du hardcore. Scénario Rock arrive sur scène, ça sonne très début 80's. Nosfell et son fidèle violoncelliste nous transportent vers le pays imaginaire de Klokochasia. Jim Murple Memorial entame ses airs délicieusement rétros de rock steady et de ska. Au chant et à la flûte traversière c'est une fille, souriante, charmante, ingénue. Après une pause pendant le plateau reggae, je danse pieds nus sur Murray Man, roots à souhait. Enfin c'est Domb, techno tribale, rythmes ethniques, didgeridoo, gros son de basse, monstrueuse énergie. Il n'est pas loin de minuit. Je renonce au plateau electro (Manu le Malin, Kraft...) pour aller dormir un peu.

Le dimanche, 13 h 30, je vais voter. Oui ou non à l'Europe, qu'est-ce que ça va changer ? Je file à La Ferté. Les Che'Mempa, en chemisettes à fleurs et bermudas, petite robe orange vif pour la flûtiste, concoctent une musique tropicale, exotique, sympathique. Ça Cool de Source mêle guitares flamenco et djembés. Siko propose un voyage en Afrique de l'Ouest (balafon, flûte peul, percus) teinté de jazz. Tout le monde paresse, assis ou allongé dans l'herbe. On passe sans transition à Dee Nasty, père du hip hop, et ses petites bombes à danser, tandis que la troupe Fantastic Armada investit l'autre scène. Anis vient me charmer avec ses balades raggablues sincères et généreuses. Hocus Pocus surprend par son mélange des genres, hip hop, jazz, soul, funk. Un peu trop hermétique, peut-être. Debout sur le Zinc enflamme le public avec son bastringue azimuté, son melting-pot joyeux et débridé. Je vais faire un tour pendant Birdy Nam Nam, un collectif hip hop qui brasse de l'air pour pas grand chose. Mon éclectisme a ses limites !

Le ciel a viré au gris, le vent est frais, il tombe quelques gouttes. 21 h 30 : il fait presque nuit, Zenzile nous hypnotise avec son dub puissant, sublime, monumental. La basse de Matt, omniprésente, est une colonne vertébrale autour de laquelle tout se structure de façon implacable. Le show se poursuivra, énorme et colossal, jusqu'à l'apothéose, sans que la pluie ne vienne gâcher la fête. 23 h : c'est fini, la grande pelouse se vide en un temps record, je suis fourbue mais ivre de musiques. "Le Son de l'Air" : un rendez-vous pour les mélomanes de tous poils. À ne pas manquer en 2006 !

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