07.06.2008

Interruption momentanée...

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Voilà que je ressens le besoin de faire une pause, après plus de deux années d'activités intenses et intensives.

J'interromps donc momentanément mes écritures sur ce blog, dans lequel je me suis beaucoup investie, mais sans pour autant le délaisser totalement !

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Je me connecterai de temps à autre pour modifier la mise en page de certaines notes, affiner mes rubriques, réactualiser ou supprimer les liens inactifs...

Ce sera l'occasion pour vous, j'espère, chers lecteurs, chères lectrices, d'approfondir l'exploration de mon univers, de cliquer ici ou là, d'aller voir ailleurs, au gré des liens, de revenir, de laisser un commentaire...

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15.12.2007

Un pied dans la tombe

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Je prends conscience. Je m'agite pour vous montrer ma joie d'être là, mais vous ne me voyez pas. Vos yeux absents me fixent, me traversent, me transpercent et me renvoient, fragile, à mon inconsistance. Je n'ai pas d'autre choix que celui de vous aimer : comment faire autrement ? J'ai peur de vos yeux morts, mais j'y mets de l'amour. Je veux vous faire plaisir, et vous sortir de cette torpeur qui semble vous saisir en ma présence. Mon sourire est figé. Mais je souris, quand même. Je pleure, parfois. Je ressens vos chagrins, terrassée par mes larmes. Et quand vous n'êtes pas là, je crie, j'ai faim, j'ai peur que vous ne veniez plus. Si vous disparaissiez tout à fait, qui s'occuperait de moi ? Je ne suis pas capable de me débrouiller seule. Pas encore.

Vous : vagues ombres fantomatiques, me prodiguant les soins dont j'ai besoin pour vivre : le minimum. Vos mains sont froides et mon corps reste inerte, comme celui d'une poupée. Je sais me montrer sage, comme une image. Je m'efface quand vos tourments mettent à mal mon optimisme du moment. Mais je refuse de dormir. Cela vous indispose et vous devez imaginer mille ruses pour me plonger dans le sommeil. Pendant ce temps, au moins, j'existe. Parfois, vous me faites avaler un liquide sucré qui a le don de m'endormir d'un coup, au-delà de ma volonté. Alors je m'évapore, je m'évanouis, je cesse d'être.

Chaque jour, vos peines, vos deuils et vos conflits s'insinuent plus profondément en moi. Déjà mon chemin se trace, il me sera difficile de m'en éloigner. Je chercherai toujours, en vain, cette reconnaissance que vous ne m’avez pas donnée. Ou pas assez. Pâle reflet de la vie, c'est dans l'absence d'un regard que j'essaierai de me trouver. Au risque de m'y perdre. À chaque fois.

Je m'agiterai pour vous montrer ma joie d'être là. Vous ne me verrez pas. Ou si peu. Pourtant, je vous aimerai, je m'épuiserai à vous aimer. Je m'en rendrai malade, parfois. Puis vous direz ne pas m’aimer. Ou pas assez. Je m'y serai préparée, je le saurai déjà. Alors, comme à chaque fois, je me sentirai m'enfoncer dans le sol et m'y dissoudre, comme une goutte d'eau sur la moquette. Je disparaîtrai de votre vie, plongeant d'un coup dans la transparence, l'indifférence, l'inexistence. Mes yeux deviendront vides, et mon sourire figé. Je sourirai, quand même. Mais j'aurai du chagrin.

Comme maintenant, où je pleure dans mon lit, attendant le sommeil, dans la chaleur de plusieurs couches de couvertures épaisses. J'espère qu'il viendra vite : j'ai pris un cachet. J'aime l'odeur de mes draps, ils ont mon odeur. Linceul, odeur de mort ? Mon corps se tait et devient froid. Je sombre. Puis ces mots qui me viennent, au milieu de la nuit : "Un pied dans la tombe, à peine mise au monde." Je dois à tout prix faire l'effort de me relever pour les noter dans mon carnet.

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Vos yeux absents me fixent
Mais sans jamais me voir
Ils me renvoient, fragile
À mon inconsistance

Je ressens vos chagrins
Terrassée par mes larmes
Dans vos regards éteints
Je ne vois que la mort

Un pied dans la tombe
À peine mise au monde
Comment vous insuffler
Cette joie d'être née ?

Je vis quand même
Et je vous aime
Malgré le manque
Au fond du ventre

La transparence
L'indifférence
L'inexistence
Resteront à jamais.

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29.09.2007

Yaka Mag

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La version Web de ce magazine culturel, destiné avant tout (mais pas que !) aux parents des minots de 5 à 12 ans, a vu le jour en mai 2007. Honte à moi de ne pas en avoir encore parlé !

Car à l'origine de cette publication, se trouve Caroline Dall'o-Chaube, avec laquelle je suis régulièrement en contact pour des activités journalistiques liées au Transistor et à Longueur d'Ondes. Et Caroline me parle de ses projets, de ses avancées, de ses aboutissements, depuis maintenant plus d'un an !

Je trouve que c'est une bonne idée de s'adresser aux parents afin de les informer sur ce qui existe, en matière de culture, pour leurs enfants. Yaka-Mag.com se propose de les guider dans leurs choix, de leur faire découvrir des nouveautés dans des domaines divers : cinéma, télé, DVD, littérature de jeunesse, BD, mangas, musique, chanson, contes enregistrés, jouets, jeux de société, jeux vidéo, spectacles, festivals, expositions, sites Internet destinés aux enfants…

Les différentes rubriques (voir, lire, écouter, jouer, sortir, surfer) sont accessibles facilement. Un code iconographique permet de savoir à quelle tranche d'âge on s'adresse. C'est actuel, vivant, coloré, enthousiaste, dynamique !

Aujourd'hui, c'est de la version papier dont je m'en viens parler. En effet, le premier numéro de Yaka Mag vient de sortir avec, en couverture, une illustration de Rebecca Dautremer, créatrice de magnifiques princesses, fées, sorcières et autres personnages imaginaires. Elle a droit à un portrait complet, avec interview, photos et bibliographie. Dans ce numéro 1, on retrouve les rubriques du site Web, mais aussi d'autres rubriques et des articles inédits. Il y a un dossier consacré à l'art contemporain, qui pose plein de (bonnes) questions.

Disponible gratuitement, le magazine est distribué sur les événements partenaires, comme le Festi' Val-de-Marne (5 au 21 octobre) qui propose, outre de nombreux concerts pour les "grands", une programmation musicale en direction des enfants (Les refrains des gamins). On peut aussi télécharger les 40 pages en format PDF, directement via le site Internet.

Voilà une belle aventure qui démarre, je la souhaite longue et fructueuse à toute l'équipe de Yaka Mag… dont je fais d'ailleurs partie, pour la version papier ! Merci à Caroline de me faire collaborer !

Rendez-vous tous ici, papas, mamans, tontons, tatas, papis, mamies, pépés, mémés, parrains, marraines, marins, rois, reines, et autres ratons laveurs !


http://www.yaka-mag.com

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21.07.2007

Plume laborieuse

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C'est un bien drôle d'état que celui qui m'anime, parfois. Je suis traversée par des pensées contradictoires : celles qui me poussent vers l'écriture, celles qui m'incitent à y renoncer. Il y a des jours où je n'ai pas du tout envie d'écrire, et l'idée même de m'y sentir, malgré tout, obligée, me plonge dans un profond malaise.

Je me sens investie de devoirs envers les autres, envers moi-même ; j'ai des comptes à rendre, des projets à mener à terme, des engagements à satisfaire, des délais à respecter... Où est donc passé le plaisir ? J'ai envie de dormir, de lire, de sortir ou simplement de ne rien faire, mais surtout pas de réfléchir à ce que je vais bien pouvoir écrire, un stylo à la main ou mon ordinateur à portée de doigts !

Pourtant, à un moment ou à un autre, je finirai bien par m'y mettre. Si le plaisir n'est pas immédiat, il viendra après, quand je me relirai, au bout de quelques heures de travail intensif. Quand, tout compte fait, je trouverai de l'intérêt à mes alignement de mots, à mes enchaînements de phrases, à ma structure de texte. Je serai satisfaite d'avoir su traduire mes pensées de façon juste, précise, en accord avec moi-même. Mes efforts seront récompensés. Que puis-je souhaiter de mieux ?

14.04.2007

Une journée de printemps

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On était déjà à la fin de ma première semaine de vacances. Jusque-là, j'étais restée chez moi. M'y prenant comme toujours au dernier moment, j'avais, dans l'urgence, sélectionné puis envoyé cinq textes pour le concours littéraire de printemps du Scribe d'Opale. L'un d'entre eux, "Chanteur de rock", obtiendrait un prix. La petite chatte Léa, qui, depuis quelque temps, ne se nourrissait plus correctement et exhalait une odeur buccale insupportable, avait eu droit à une visite chez le vétérinaire, laquelle s'était soldée par une extraction de toutes ses dents abîmées. Heureusement pour elle, ses canines, en bon état, avaient été épargnées. J'avais aussi, très certainement, profité du jardin, et passé du temps à ne rien faire, comme il se doit quand on est en vacances. Le samedi matin, je prendrais le train pour aller passer quelques jours en Auvergne, chez ma tante, à Châtelguyon. Mon sac était prêt.

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Mais tout d'abord, le vendredi, cap sur Paris ! Rendez-vous à onze heures avec Nathalie devant le palais de Tokyo, pour l'exposition consacrée au peintre Pierre Bonnard. Je viens en voiture, mais je la laisse porte de Pantin en prévision du soir. Mon planning est chargé ! Je savoure un à un les tableaux de Bonnard, je me laisse emporter dans ce qui a été sa vie, longue, généreuse, créative, comblée, remplie d'amour. Nous déjeunons ensuite toutes les deux Nathalie et moi, peut-être bien au restaurant végétarien "La victoire suprême du coeur" ; à moins que ce ne soit dans un Japonais ? Je ne sais plus, ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est que nous ayons du plaisir à nous voir, à nous retrouver entre bonnes amies, à nous faire des confidences, à échanger des secrets…

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À dix-sept heures, une autre amie m'attend, dans sa chambre d'hôpital, à la Salpêtrière. Yasmina y séjourne quelques jours, une semaine tout au plus ; c'est là qu'elle est soignée quand sa maladie (sclérodermie) lui fait des siennes, l'attaque et l'affaiblit. On peine à croire qu'elle est malade, que ses troubles la handicapent : elle m'accueille avec entrain, tout sourire, pleine de tchatche, et me propose "de faire le mur" pour aller boire un coup dans son bistrot attitré, de l'autre côté du boulevard.

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Bientôt dix-neuf heures : je prends congé de Yasmina et m'en retourne porte de Pantin, au Zénith plus exactement. Ma journée à Paris s'est construite en regard de ce concert, prévu depuis longtemps. Musicalement parlant, j'avais commencé 2006 dans la nostalgie et les "vieilleries" en allant voir successivement Bauhaus, Charles de Goal, Hubert-Félix Thiéfaine, Jad Wio. Ce coup-ci, dans le même ordre d'idée, j'avais ma place pour The Sisters of Mercy. Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre, je ne savais même pas pourquoi je tenais tant à venir… Une impulsion, un coup de cœur, le besoin de me réconcilier encore et toujours avec mon passé, un pied de nez aux années ? L'envie d'y être, tout simplement.

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Je ferais de ce concert l'un de mes premiers comptes rendus pour mon blog, qui en était alors à ses balbutiements. Je n'y évoquerais que l'aspect musical, en bien des points décevant, l'essentiel se situant ailleurs : c'est là que tu m'as adressé la parole, c'est là que nous avons échangé nos mails, pour que je puisse t'envoyer des photos du concert… Toi aussi, tu faisais un blog, m'avais-tu dit. Et tu avais ajouté : "Bienvenue au club !" C'était le 14 avril 2006, il y a tout juste un an. L'anniversaire de notre rencontre, en somme. Quelle serait ma vie aujourd'hui si elle avait dû continuer sans toi ? Qu'il est doux de t'aimer !

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30.10.2006

Clichy sans cliché

En ce moment, à Clichy-sous-Bois, il y a des photos en pagaille, sur des panneaux, sur des bannières, sur des bâches tendues aux façades d'immeubles. La ville, l'environnement, ses habitants sont vus par l'objectif de grands photographes, et par celui des habitants eux-mêmes.
L'exposition photographique "Clichy sans cliché", déclinée en extérieur, se tient aussi dans les locaux de l'Espace 93, structure municipale culturelle dynamique et volontaire. C'est jusqu'au 10 novembre 2006.
Une petite visite (virtuelle) de Clichy-sous-Bois ?
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27.10.2006

Téléréalité

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Il y a un an, mouraient injustement, dans des circonstances abominables, les jeunes clichois Zyed et Bouna. En ont découlé les violences que l'on sait, leur médiatisation, leur amplification, nuit après nuit ; cela ne semblant jamais finir.

Je connais Clichy-sous-Bois, de façon certes relative : j'enseigne dans ses écoles, remplaçant, au jour le jour, mes collègues absent(e)s. Exception faite en 2005/2006, où j'étais, pour l'année, dans une école maternelle de la ville voisine (plus aisée) du Raincy.
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J'ai donc vécu les choses de l'extérieur, comme tout à chacun, par les médias, principalement par la radio et la télé. C'est pendant cette période trouble, insensée, désespérée, désespérante, que j'ai écrit "Téléréalité".
 
J'agrémente ma note de photos prises récemment sur la ville ; j'y retravaille depuis septembre. Les noms de Zyed et de Bouna sont dans toutes les mémoires, et aussi sur les murs.
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Il y a eu cet homme et ses propos choquants, insultants, dégradants. Des mots intolérables, provocants, méprisants. Ici, un homme battu à mort, en pleine rue, sous les yeux de ses proches. Là, deux gamins en fuite électrocutés dans un transformateur EDF. Violences inouïes, abominables, inconcevables. L’homme récidive, invective, attise les braises. Sentiment d’injustice, montée de colère, explosion de rage, actes rebelles. La police en ligne de mire, mise à feu, mise à sac, affrontements, gerbes de flammes. Sur nos écrans, la guerre civile, le nom d’une ville sur toutes les lèvres. Les faits s’enchaînent, nouvelle offense, atteinte suprême : une grenade lacrymogène est lancée dans une mosquée en pleine prière. Incrédulité. Incompréhension. Consternation. Fortes tensions. Dès la nuit tombée, reprise des hostilités entre les jeunes et la police. Nouvelles émeutes, combats obscurs, lancer de pierres, feux de voitures. Le mouvement s’amplifie, la révolte se propage, d’autres quartiers s’enflamment. Les paroles apaisantes ne viennent pas, pas plus que les excuses pour les deux jeunes morts pour rien. La guérilla urbaine fait la une des infos.

La banlieue est en crise, la banlieue fait parler d’elle. On va interviewer les habitants de ces cités qui brûlent, ces gens qui n’ont rien fait, qui déplorent et subissent les violences, la nuit, au pied de leur immeuble. Les mots fusent, chargés d’émotions. La parole, trop longtemps refoulée, s’exprime en pleine lumière, devant les caméras. Ils ont des choses à dire, ces gens dignes, humbles, paisibles ; ces êtres blessés, démunis, humiliés, mis de côté. Atteinte à leur intégrité. Demande de considération, de respect, de reconnaissance. Qu’on arrête de les déprécier, les rejeter, les ignorer ! Ils vivent en France. Ils sont Français ! Un jeune brandit sa carte d’identité, parle de ses difficultés, dénonce la discrimination, les inégalités... La police doit-elle harceler, ou protéger ? Comble de l’insécurité. Alibi rebattu, discours électoral prétexte à toutes les dérives. On cherche à comprendre, on réfléchit, on s’interroge, on prend conscience. On se demande quand tout cela va s’arrêter, si tout cela va s’arrêter.

La machine est lancée, redoutable, effroyable, jeu de massacre incontrôlable, servi par les médias. Vengeance aveugle, malaise profond, sonnette d’alarme, appel au secours. Actes désespérés, insensés, de plus en plus radicaux. Semer le trouble, la panique, le désordre. Chaque matin, aux infos, le bilan de la nuit : le nombre de voitures incendiées est dangereusement croissant, les mouvements de révolte s’étendent à la province. Émulation, compétition, surenchère, escalade. Taper plus fort, tout saccager, se faire entendre. On s’attaque aux autobus, aux entrepôts, aux commerces, aux gymnases, aux écoles, aux services publics... On met le feu, on fait partir en fumée, on réduit en cendres. Haine lâchée, pouvoir défié, rien à perdre, tout à gagner. Les quartiers restent au coeur de l’actualité. Situation préoccupante. La France en feu. État d’urgence.

Un pays en guerre. Contre lui-même. Contre une partie de sa population. Ghettoïsée, laissée pour compte. La France d’ailleurs. Celle à qui on refuse des postes dans les entreprises, celle à qui on ne loue pas des logements en centre ville, celle qui est toujours contrôlée par la police, celle à qui on ne fait pas confiance, celle qui est toujours coupable. Celle qu’on n’accepte pas, à cause de ses origines, de sa couleur de peau... Les cités ont craqué. À la télévision, on ne les a jamais autant montrées. On parle de fracture sociale, d’exclusion, d’échec de l’intégration. Chômage, pauvreté, délabrement, désespérance. Flambée de violence. Les jeunes des quartiers défavorisés ne demandent qu’à s’en sortir, mais on ne veut pas d’eux. Même s’ils sont nés en France, ils restent des étrangers, des immigrés. Leur nom les rend suspects. Humiliation, rancoeurs, souffrance. Comment en est-on arrivé là ? Comment faire pour que ça change ? Émissions spéciales. Débats de société. Repenser le système. Voir les choses autrement. Faire évoluer les mentalités. Trouver des solutions. Laïcité, démocratie, citoyenneté, identité. Liberté, égalité, fraternité. Se métisser, se mélanger. Avancer, progresser... Il faut du temps. La France est en retard. Elle doit donner la place qui leur revient à tous ces gens qui ne demandent qu’à exister.

Le président de la République sort enfin du silence. Message laconique, impersonnel, sans chaleur humaine. Rappel de la loi, des droits et des devoirs. Priorité : rétablir l’ordre. Interpeller. Juger. Condamner. Emprisonner. Hommage aux forces de police qui combattent si vaillamment. Puis c’est l’idée du couvre-feu : les mineurs doivent rentrer chez eux. Beaucoup de ceux qui enflamment les rues sont des collégiens ! On jette la pierre aux parents démissionnaires. On évoque l’entrée en apprentissage à quatorze ans : une solution pour les jeunes des cités en échec scolaire ? Et tous les autres ? Ceux qui font des études ? N’ont-ils pas le droit d’avoir des ambitions ? N’ont-ils pas le droit de réussir ? Où est l’égalité des chances ? Pourquoi sont-ils si peu à occuper des postes d’envergure ? Pourquoi les dévaloriser, leur mettre des bâtons dans les roues, les stopper au bas de l’échelle ? Voilà que le ministre de l’Intérieur persiste et signe, frappe avec des phrases toujours plus assassines, prononce encore ces mots abjects, ceux qui ont mis le feu aux poudres. Expulsion immédiate, reconduite à la frontière de tous les étrangers émeutiers, même en situation régulière. Il faut punir les délinquants. Fermeté. Double peine.

Vendredi 11 novembre 2005 : journée de commémoration de l’armistice, fin de la première guerre mondiale, 1914/1918. La nuit a connu une relative accalmie, mais tout est loin d’être réglé, d’être fini. Les premières manifestations remontent au jeudi 27 octobre 2005. Hier matin, aux infos, pour la première fois depuis quinze jours, les banlieues sont passées au second plan. Les attentats suicide en Jordanie ont fait plus fort, dans un autre registre, celui du terrorisme. Il ne faudrait pas que la jeunesse en colère, déjà sacrifiée, en arrive à des actes aussi extrêmes pour continuer à faire parler d’elle. Le temps est venu de dialoguer, d’innover, de reconstruire. L’herbe repoussera plus verte ?
 
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Les incendies de bus, les agressions des derniers jours laissent à penser qu'on est loin d'en avoir fini avec les banlieues.
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Les actions citoyennes de l'association "AC le feu" (Association Collectif Liberté Egalité Fraternité Egalité Ensemble Unis) passent, malheureusement, beaucoup plus inaperçues alors qu'elles sont sur la voie de la raison, de la parole, du partage.
 
Que faut-il donc faire pour être entendu ?
 
 
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Lien vers Clichy-sous-Bois :

http://www.clichy-sous-bois.fr 

26.09.2006

Gare d'Isthme, presqu'île de Quiberon

Quiberon est une commune française, située dans le département du Morbihan et la région Bretagne. Quiberon constitue l'extrémité de la presqu'île du même nom, qui comprend également une partie du territoire de la commune de Saint-Pierre-Quiberon.
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Une presqu'île est une partie saillante d'une côte reliée à la terre par un isthme. Elle se distingue notamment d'une péninsule par ses dimensions plus réduites.
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Un isthme est une étroite bande de terre, entourée de deux étendues d'eau, qui connecte deux grandes étendues de terre.
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DÉFINITIONS :

Wikipedia, l'encyclopédie libre sur Internet,
http://fr.wikipedia.org

20.09.2006

Happy birthday to me

C'est aujourd'hui mon anniversaire. Les années passent à grande vitesse, j'avance en âge, c'est le lot de tout être humain…

Inutile de me lamenter : ces derniers mois, la vie m'a réservé de belles surprises ! Il y a maintenant cet homme qui m'aime, que j'ai choisi, et tout ce temps à passer ensemble, tous ces projets, toutes ces envies !

Je vais souffler, radieuse, mes 43 bougies. L'avenir m'appartient et l'amour me sourit…


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09.05.2006

Sombre réveil

Ce matin, réveillée par des infos d'une consternante et révoltante ignominie, concernant des actes intolérables commis envers deux jeunes enfants qui en ont perdu la vie, les journalistes dissertant sur le sujet jusqu'à l'écoeurement le plus total, j'ai éteint la radio et j'ai écouté Cyrz.