07.10.2009
Alex et Siméo
Une sortie d'album, ça se prépare. Ceux d'Alex et sa Guitare et de Siméo se sont peaufinés cet été et vous attendront dans les bacs au cours du mois d'octobre 2009. Ne les ratez pas, et allez voir ces artistes sur scène !
J'ai interviewé ces jeunes talents, tous deux auteurs, compositeurs et interprètes (maintenant, pour faire court, on dit : "ACI") pour la rédaction d'articles dans le numéro 51 de la revue Sur la même Longueur d'Ondes. Les voici.

Alex et sa Guitare
"La Genèse"
(RSR Productions / Mosaic Music)
http://www.myspace.com/alexetsaguitare
"Je m'appelle Alexandre, nom de scène Alex et sa Guitare, je fais de la chanson à tendance humoristique, mais pas que." Ainsi se présente cet artiste de 29 ans, qui, enfant, se passionna pour la magie. Ancien monteur à la télévision (ce n'était pas très créatif, et lui est plutôt inventif), coutumier de l'improvisation théâtrale (il y puise des idées pour ses propres spectacles), il monte sur scène en solo, avec batterie électronique, boîte à samples et… sa guitare. Sur la pochette de son 5 titres ("L'accord parfait", 2006), il pose fièrement avec elle, à l'église, pour leur mariage. "C'est une folk, j'aime bien le côté acoustique et rentre-dedans." Pour "La Genèse", Alex recrée une scène biblique où il se représente en Adam sur le point de croquer la pomme, tout près d'Eve, sa guitare bien-aimée… Sur le CD, dix chansons drôles, inspirées du vécu poussé à l'extrême ; de la parodie, de l'autodérision, de l'émotion aussi, comme dans "La maison d'mon enfance" où il est question d'un déménagement et d'un chat Tigrou. "Les régimes", "La place du con", "L'aponctualite aiguë" sont des expériences personnelles, "Pierre-André Blanchard" est un super-héros qui utilise mal ses pouvoirs et provoque des catastrophes, "J'pleure pas, j'suis un mec" fait parler un gros dur sur des accords metal, "Le magicien aigri" a perdu de sa splendeur… Dans "La Star Ac" (le clip est très populaire sur le net) Alex imagine qu'il a été retenu pour l'émission : le cauchemar ! Les plages 11 à 58 présentent un jeu interactif, "La chanson dont vous êtes le héros", pour "inciter les gens à écouter les textes attentivement." D'autres surprises vous attendent dans "La Genèse", car Alex s'est appliqué à en faire "un bel objet".

Siméo
"Sous un ciel trois étoiles"
(Bouh ! / Differ-ant)
http://www.chezsimeo.com
Trois ans après "Envie", son deuxième album, notre Lyonnais, désormais Parisien, nous propose onze nouvelles chansons, enregistrées au studio Garage avec le réalisateur Dominique Ledudal (Rita Mitsouko, Thomas Fersen, Vincent Delerm…). Siméo raconte : "Je voulais faire un disque pop en français. Je suis allé le voir avec mes chansons en lui disant que je voulais travailler avec lui. Puis j'ai rencontré cinq musiciens exceptionnels, aussi bien dans le jeu qu'humainement. On savait tous où l'on allait sur ce disque. Je l'ai écouté hier… Je suis content parce que c'est tout à fait ce que je voulais faire. Quand je suis arrivé avec mes maquettes, que j'ai commencé à travailler avec les musiciens et Dominique, c'était ce que j'espérais entendre. Donc je suis ravi !" Pour "Envie", Siméo avait œuvré seul, jouant de tous les instruments, pour un rendu acoustique. "Sous un ciel trois étoiles" est bien plus électrique, tonique, chaud, lumineux… Il y a toujours ces accents reggae, ces rythmiques légères et sautillantes, mais pas seulement (le trip hop de "Lasse", le rock de "Cowboy"). L'univers se fait très music-hall : "Je mens" (premier titre) puis plus loin "Cinéma". On imagine tout à fait notre jeune homme mener le bal, ayant troqué le jean, les santiags et la chemise à carreaux contre un chapeau haut-de-forme, une canne, un costume à paillettes… Tout ce qui brille n'est pas or et, loin de la scène et des éclairages, "C'est la vie" nous rappelle à la réalité, avec son lot de déceptions, ses désillusions… D'amour, il en est bien entendu question, mais là, il fait souffrir. L'être aimé a trahi, est parti, n'aime plus : "Ma vue", "Petite conne", "Sarah"… "L'amour est la seule chose qui compte pour moi avec la musique, les deux étant intimement liés" nous confie Siméo. Dans ses textes, fins, subtils, il se raconte ou raconte des histoires : "Mademoiselle" est un hommage direct à une chanson du Québécois Jean Leloup, "Les timides" s'en moque gentiment, "Cherche" (sans moi) est une réponse aux grincheux. "J'avais envie que ça groove, que ce soit pop, que ça s'écoute bien en voiture." C'est réussi !
Longueur d'Ondes #51 est disponible en version papier (principalement sur les lieux de concerts, mais également dans les médiathèques, MJC, bars...) ou en PDF (à télécharger).
09:53 Publié dans Interview, Longueur d'Ondes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.05.2008
Charles De Goal : Restructuration
On a pu, bien sûr, après le concert, acheter le CD, sorti sur le label Self Control (spécialement créé pour l'occasion), autoproduit et autodistribué ! On peut se le procurer via Internet. C'est vivement recommandé ! Pour les détails :
http://www.myspace.com.charlesdegoal
L'idée d'un album s'est imposée dès le début de la reformation, on a créé deux morceaux, mais avec les concerts on n'a pas eu le temps de s'y consacrer totalement. Il y a six mois, on s'y est mis vraiment, on a tout fait "à la maison", en home studio. Finalement on a fait le boulot assez vite. À partir du moment où on s'est dit "ça y est, on y va", ça a été rapide. Il fallait juste le temps de s'y mettre. Mais sinon, la manière de composer n'a pas franchement changé, on ne réfléchit pas deux ans avant de faire un morceau. Cette fois-ci, il y a majoritairement des morceaux composés par Thierry (qui gère aussi le son, la production), d'autres qui sont majoritairement composés par moi, il y a même un morceau majoritairement composé par Jean-Philippe le batteur. Mais après chacun amène son grain de sel, son idée.
Les textes, c'est moi. Ça ne change pas. On ne change pas un esprit malade ! J'ai beaucoup plus travaillé dans le sens : d'abord la musique, puis les textes. Je n'avais pas des tonnes de textes en avance chez moi, je ne suis pas un poète maudit ! Je travaille pour l'occasion. Si je n'ai pas de motivation, un but concret, ça ne vient pas à l'esprit de faire des textes, comme ça, "pour rien".
Je cherche moins à cacher les choses qu'avant. Avant, il y avait beaucoup de tiroirs, il y en a peut-être moins là. Il y a deux thèmes essentiels dans cet album : le questionnement sur l'identité et le cheminement vers la mort. Je pense que c'est dû à mon âge, ça commence à me travailler, c'est sûr, ça a influencé pas mal mes textes. J'ai une certaine angoisse qui m'a prise à mes cinquante ans et qui reste assez présente.
Thierry a composé "Restructuration" du début jusqu'à la fin, un peu comme un genre de "concept album". Ça n'a pas été voulu comme ça au départ, mais il s'est avéré que les choses s'imbriquaient assez bien et apparaissaient logiques. Effectivement les sens sont moins cachés, les textes plus directs. Quoique...
1)Régularisez-moi
2)Passion éternité
3)Choque-moi
4)Procession
5)Identité
6)Figures imposées
7)Next Stop Disneyworld
8)Trop tard
9)Décadence
10)Destination Terre
11)Hais-toi !
12)Restructuration
13)Finger Weg
06:52 Publié dans Chroniques, Concerts 2008, Interview, Longueur d'Ondes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.02.2008
Philippe Uminski
Après deux albums solo où il laissait s'exprimer sa passion pour le rock garage sixties, cet artiste complet, fondateur du groupe Montecarl dans les 90's, nous revient avec douze titres en français, finement écrits, orchestrés de main de maître, façon cabaret.
Votre album précédent remonte à 2004. Quelle a été votre démarche pour concevoir "Les Curiosités" ? Dans quel contexte l'album s'est-il mûri ?
Pour commencer, j'en ai eu marre du petit monde du rock français, de ses codes et de ses limites. Je vous rappelle que jusqu'ici, je pratiquais un rock assez dur, issu de ma passion pour le garage rock sixties. Ensuite, j'avais très envie d'écrire des chansons de mon âge, d'enlever la patine du rockeur et de tenter d'être au plus près de moi-même. J'ai eu envie d'être chansonnier, comme Charles Trenet, Lennon ou Mc Cartney. D'écrire des chansons libres, qui pourraient appartenir autant aux auditeurs qu'à moi, qui ne seraient pas coincées dans un style ou une pose quelconque. J'ai beaucoup travaillé les textes, m'interdisant d'enregistrer une seule note avant que la chanson ne tienne la route en guitare/voix. Pour moi, cet album est un album de libération. Puis, à l'enregistrement, nous avons joué intégralement "live", sans accordeurs et tempos électroniques, pendant 5 jours, dans ce même souci de vérité. Je crois pouvoir dire que ce fut un beau moment pour tous ceux qui y ont participé.
Vos textes ont un ton assez désabusé, tout en gardant de l'optimisme, une confiance en la vie, la destinée. C'est votre état d'esprit d'aujourd'hui ? De toujours ?
Absolument ! Mon DA (Directeur Artistique), Dominique Gau, me décrit comme un dépressif optimiste ! Je ne sais pas… J'ai un regard un peu dur, un peu sec sur le monde, mélangé à une grande joie de vivre !!! (un vrai gamin !!!).
Pourquoi avoir introduit des cuivres et des cordes dans cet album ? On vous en a donné la possibilité, les moyens financiers ?
L'album, tout en jouissant d'un budget confortable, n'a pas coûté plus cher qu'un autre. C'est grâce aux efforts et à l'envie de chacun que cela a été rendu possible. Pour ce qui est des cordes ou des cuivres, j'adore écrire pour orchestre (j'ai étudié au conservatoire assez longuement), je le fais souvent pour des productions auxquelles je participe. Pour la première fois, mon style était en accord avec ce genre de pratique, alors du coup je ne me suis pas privé !!! D'autant que l'orchestre sert les chansons d'une façon assez personnelle. Je ne crois pas être tombé dans le poncif des violons sirupeux "pour faire beau" (enfin... j'espère !!!).
Quelle est la chanson de l'album que vous avez le plus de plaisir à chanter ? Pourquoi ?
Pour la première fois, et probablement du fait de cette volonté d'être au plus près de moi-même, j'ai écrit des chansons qui me convenaient vocalement, dans un registre où je suis bien, sans essayer d'imiter machin ou truc (ou alors pour m'amuser...). Du coup, j'aime toutes les chanter, avec une mention spéciale pour "Lola Lola" dont j'apprécie le côté décadent et tendrement misogyne du texte.
Vous participez à des projets avec d'autres artistes, en qualité de musicien, de parolier, de réalisateur, d'arrangeur, de producteur. On cite Calogero, La Grande Sophie…
Oui. Merci à eux de m'avoir fait confiance. Ils m'ont beaucoup appris et aidé.
Avec quels autres artistes avez-vous déjà travaillé ?
Avec Romain Humeau d'Eiffel, qui est un ami très cher (et un grand talent), Dave, Marie Espinosa, Mass Hysteria, Axel Bauer, Fabien Cahen (qui est aussi un ami très cher), DJ Zebra et Denis Barthe, Pierre Guimard, Keren Ann, Leopold, Mareva Galanter, le groupe Neimo. J'en oublie probablement, qu'ils me pardonnent.
Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ?
Paul Mc Cartney !!!!!!!!!
Et dans l'absolu ?
John Lennon.
Que vous apporte MySpace en terme de diffusion de votre travail, de votre musique ?
C'est un indéniable moyen de faire connaître son travail, et ça m'a aussi permis de réunir enfin un public intéressé, mais qui n'avait pas trop d'infos sur moi jusque-là.
Comment vous sentez-vous à l'approche de cette grosse tournée avec Calogero (en novembre et décembre 2007) ?
Très enthousiaste !!!! J'ai été un peu privé de scène ces dernières années alors que je m'y sens en "milieu naturel" depuis toujours. Je ne ressens pas vraiment d'angoisse, j'y pense avec beaucoup de bonheur, avec l'envie de m'amuser et de faire plaisir au public.
Comment appréhendez-vous le fait de jouer dans des grandes salles, comme le Zénith ?
Je ne me rends pas bien compte... Je n'ai jamais joué dans des salles de cette importance, mis à part quelques festivals, mais je trouve quand même qu'il est plus facile et agréable de jouer dans des grandes salles pleines que dans de petites salles vides (comme ça m'est arrivé bien des fois !!!!).
Combien y aura-t-il de musiciens sur scène avec vous ? S'agit-il des membres du Bazarnaüm Band et du Bazarnaüm Orchestra, qui ont enregistré le disque, ou d'une autre formation ?
Nous serons quatre. Greg à la batterie, Valentin à la guitare, la belle Aurore au piano, et moi à la basse et au chant. Ils n'ont pas joué sur l'album, mais joueront probablement sur le prochain !!! Le Bazarnaüm Band était la réunion de gens qui ont des projets de leur côté (Kim, Benjamin de "The Film", Alain Lanty, grand pianiste "docteur ès Beatles", Max Garoute et Johan Dalgaard) et que j'ai réunis pendant cinq jours géniaux pour former une sorte de super groupe éphémère. Je n'ai jamais pensé pouvoir les réunir sur scène… Mais mes nouveaux amis ont énormément de talent !
Sur votre "MySpace", vous apparaissez en dandy décalé, décadent (chemise ouverte, cravate défaite, costume pas net, chapeau haut de forme de travers...). Est-ce l'image que vous allez mettre en avant sur scène ? (Note de la rédactrice : ce sont d'autres photos maintenant, en noir et blanc, plus sobres que les précédentes, qui habillent sa page.)
Oui. Dandy dépenaillé, un peu "charlot" sur les bords, c'est une image qui me plaît et me ressemble. Mais je n'en ferai pas trop non plus car je ne voudrais pas que ça ait l'air d'un bal costumé. J'aimerais pouvoir me présenter de la façon la plus naturelle du monde, un moment de sincérité…
Avez-vous conçu, autour de vos nouvelles chansons, un spectacle dans l'esprit cabaret, music-hall, qui semble être le fil conducteur de vos "Curiosités" ?
C'est un projet que j'ai pour la suite, mais nous n'allons jouer qu'une demi-heure je pense, et nous allons surtout nous attacher à donner de l'énergie et du plaisir aux gens sans trop de sophistication superflue. La musique, elle, conserve cette touche cabaret ragtime avec un peu de Beatles dedans !!!
Après la tournée avec Calogero, quels autres projets de scène avez-vous ? Y aura-t-il des dates sur Paris, en Province, ou plus loin ? Dans quels types de salles ?
Nous commençons à monter une tournée pour le printemps, dans des salles évidemment plus modestes, où nous pourrons montrer toute notre palette, y compris des choses tirées des anciens albums !!! Nous jouerons probablement à Paris pour la sortie de l'album. En fait, je jouerai partout où ce sera possible, quel que soit le lieu.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Merci pour cet agréable questionnaire !!! J'espère n'avoir pas été trop bavard (mais je crois que si…).
"Les curiosités"
(Warner Music France)
http://www.myspace.com/uminski
07:00 Publié dans Interview, Longueur d'Ondes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











