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<title>elsasong - lettres_ouvertes</title>
<description>Les récits d'une mordue de concerts et de musique (et de bien d'autres choses encore)</description>
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<title>Lettre à Emma</title>
<link>http://elsasong.hautetfort.com/archive/2009/04/30/lettre-a-emma.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Elsa)</author>
<category>Lettres ouvertes</category>
<pubDate>Wed, 13 May 2009 14:20:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/media/00/00/517316196.jpg&quot; id=&quot;media-1728384&quot; alt=&quot;EmmaTableau1_Blog.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1728384&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chère Emma,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pourquoi ai-je laissé passer toutes ces années sans te demander de tes nouvelles ? Toi non plus, tu ne t'es pas manifestée, d'ailleurs pourquoi l'aurais-tu fait ? Nos derniers contacts ne nous avaient pas laissées en de très bons termes. Nous étions même plutôt fâchées, nous ne nous étions pas comprises, nous ne nous comprenions plus… C'était dur à admettre, mais ça semblait malheureusement irréversible. J'ai eu du mal à accepter la fin d'une aussi longue amitié, mais il n'y avait rien d'autre à faire, aucune solution. Tu avais été suffisamment claire dans la dernière lettre que j'ai reçue de toi, il y a largement plus de quinze ans aujourd'hui.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors pourquoi t'écrire maintenant ? J'ai souvent pensé à toi, au fil du temps, je veux que tu le saches. Je me suis souvent demandé ce que tu devenais, quel tournant prenait ta vie… Je souhaitais ardemment que les choses s'arrangent, pour toi, je me voulais optimiste. Tu étais une artiste, avec un talent incontesté. Allait-on enfin le reconnaître ? Avais-tu maintenant la possibilité de vivre de ton art ? Tu dessinais admirablement bien, depuis l'enfance. J'aimais ton style épuré, aux traits fins, précis, expressifs. Plus tard tu t'étais mise à la peinture, tu apprenais la technique du vitrail et tu étais mordue… Quand je pensais à toi, je voulais croire que tes difficultés n'avaient été que passagères, que tu t'en étais sortie, que tu vivais &quot;bien&quot;. Je n'ai jamais eu de tes nouvelles. Cela dit, je n'ai pas cherché à en avoir, non plus. Comment faire quand les liens sont irrémédiablement défaits ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Du temps où l'on se voyait encore, tu travaillais comme secrétaire au siège d'une boîte qui fabriquait des pièces détachées, pour des machines d'usines… Drôle de destin, pour une jeune fille issue d'un milieu bourgeois, brillante, sensible, douée pour les études… Tu avais obtenu le bac une année avant moi (j'ai redoublé la terminale) avec une excellente moyenne. Et tu t'inscrivais en BTS de secrétariat ? Tu avais d'autres aspirations ! Je t'ai tant admirée au collège puis au lycée… Je crois même que nous étions dans la même classe, en CM2. C'est dire si notre amitié remontait à loin !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Toi tu aurais voulu faire les beaux-arts, ou histoire de l'art… Tes parents n'ont pas voulu en entendre parler. Tu n'as pas vraiment eu le choix, si je me souviens bien. Ta sœur aînée avait fait un BTS de secrétariat, s'était mariée, avait une bonne place, aurait bientôt des enfants… Tu ferais donc comme elle, c'était comme ça. Autrement ils te coupaient les vivres, et tu te débrouillais toute seule. C'était plutôt brutal… Tu as fait les deux ans d'étude, décroché le BTS haut la main, trouvé des emplois de secrétaire en intérim… Dès que tu as pu, tu as couru t'inscrire en fac d'histoire de l'art, là tu te sentais vraiment dans ton élément, tu étais passionnée, tu aimais ce que tu y apprenais. J'ai suivi quelques cours avec toi, quand je suis venue habiter Paris, pour continuer mes études de psychologie, après le DEUG… Tu dessinais, tu peignais beaucoup, tu t'initiais à de multiples techniques… Tu ne t'arrêtais jamais.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je t'ai souvent rendu visite dans ton studio, dans le 7e arrondissement. À l'occasion tu m'hébergeais, nous passions un week-end ensemble, en profitions pour voir des amis communs, sortir… Je me souviens du lever tardif du dimanche, du petit-déjeuner bien copieux, de nos bols de café, de nos discussions enflammées, tout en fumant des cigarettes… Tu me disais combien il était difficile de conjuguer un travail &quot;alimentaire&quot; et des études, ta créativité en pâtissait parfois, tu étais fatiguée, tu te sentais vide, inutile, en décalage avec le monde qui t'entourait… Je trouvais que tu avais bien du courage, que tes proches, en particulier tes parents, étaient bien durs avec toi. Tu ne te conformais pas au &quot;moule&quot; dans lequel ils auraient voulu te voir, et ils t'en faisaient baver. J'ai quitté Paris, nous nous sommes moins vues, mais nous nous écrivions des lettres, de longues lettres…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il y a eu ce jour où je t'ai téléphoné, où je t'ai demandé de me rendre ce service plutôt simple et banal, qui aurait lié l'utile à l'agréable, c'était l'occasion de nous revoir… Tu m'as dit non. Tu ne pouvais pas, c'était au-delà de tes forces, c'était trop te demander, ça n'était pas une bonne idée… J'ai insisté, je t'ai questionnée, ta réaction me surprenait tellement, mais tu m'as répété la même chose, que c'était impossible, inenvisageable en ce moment, non vraiment.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je n'arrivais pas à comprendre, alors tu as fini par me dire que de toute façon, tu ne supportais plus personne, ni ta famille, ni tes amis, ni tes collègues de travail, ni tous les autres. Tu ne voulais plus les voir, tu n'avais pas envie de me voir, tu n'avais pas besoin de moi, je ne pouvais t'être d'aucune aide. Comment l'amitié pouvait-elle continuer dans ces conditions ? Tu venais de la rendre impossible. Après ça, j'ai eu mal pour toi, tu sais. Tu semblais tellement perdue, confuse, angoissée, malheureuse… Je trouvais que la vie était bien cruelle envers ta personne. Tu ne méritais pas ça, mais je n'y pouvais rien. Je ne t'ai plus jamais téléphoné.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je t'ai envoyé mes vœux, au début de l'année suivante, sur une belle carte que j'avais choisie spécialement pour toi. Je te demandais de me donner de tes nouvelles, je voulais savoir où tu en étais… Les choses s'arrangeaient-elles, étais-tu apaisée, plus sereine ? Je t'annonçais que j'avais trouvé un autre travail&amp;nbsp;; j'avais encore déménagé, pas loin de Paris, je te communiquais ma nouvelle adresse. Peut-être pourrions-nous nous revoir ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai reçu ta réponse sur une carte toute blanche, écrite à l'encre noire. Tu y avais dessiné une femme et un chat, incroyablement sensuels, extrêmement gracieux. Ton discours tranchait net dans ces lignes voluptueuses, c'était bref, incisif, expéditif : tu me remerciais pour mes vœux, tu m'envoyais les tiens, tu émettais le souhait qu'à l'avenir, nos contacts restent exclusivement épistolaires. J'étais soufflée ! L'écriture accompagne l'amitié, alors sans amitié, à quoi bon écrire ? Nous n'étions plus amies, j'ai tourné la page. Je ne t'ai plus jamais écrit.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pourquoi le faire, aujourd'hui ? Avec le temps, certains de nos souvenirs s'estompent, disparaissent ; d'autres restent là, bien ancrés, et reviennent nous hanter, régulièrement. C'est agréable, ou douloureux, selon. Toutes ces petites tranches de vie où nous nous sommes côtoyées, tu vois, où nous avons été amies, font partie de ceux-là, de ceux qui restent et qui se manifestent, de temps à autre… J'aimerais vraiment savoir où tu en es, ce que tu fais, comment tu vis… Es-tu toujours aussi solitaire, autant &quot;artiste&quot; ? As-tu trouvé un équilibre ? J'ai parfois pensé que tu étais devenue folle, tu sais. Une fois j'ai cru t'apercevoir, boulevard Saint-Germain. J'ai vu passer devant moi, très vite, une grande femme vêtue de sombre, au visage fermé, aux cheveux gris, ébouriffés, qui te ressemblait. Elle paraissait usée, fatiguée, &quot;trop vieille&quot; pour être toi. Je n'ai pas cherché à la rattraper, à la regarder de plus près, à lui dire que je croyais la reconnaître… À quoi bon ? Qu'aurions-nous eu à nous dire ? Il n'y avait plus rien à dire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je t'ai trouvée dans les Pages Blanches, sur Internet. Alors comme ça tu es toujours à Paris, mais dans le 18e, maintenant. Comme moi, tu as gardé ton nom de jeune fille… Tu as un homme dans ta vie ? Peut-être des enfants ? Continues-tu à lire, à dessiner, à peindre, à créer des vitraux, à écouter Gérard Manset ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Donne-moi de tes nouvelles, Emma.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai besoin de savoir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Elisabeth&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/media/02/02/169728665.jpg&quot; id=&quot;media-1728386&quot; alt=&quot;EmmaTableau2_Blog.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1728386&quot; /&gt;&lt;/div&gt; 
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<title>Le grand jour</title>
<link>http://elsasong.hautetfort.com/archive/2007/09/15/le-grand-jour.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Elsa)</author>
<category>Lettres ouvertes</category>
<pubDate>Sat, 13 Oct 2007 07:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/media/01/02/e61b3ef43e57cb53cfb36d38a1b3a8ae.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/media/01/02/e61b3ef43e57cb53cfb36d38a1b3a8ae.jpg&quot; id=&quot;media-547965&quot; alt=&quot;e61b3ef43e57cb53cfb36d38a1b3a8ae.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-547965&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bonjour, vous, que je connais à peine, que je connais si bien !&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Ce fut une excellente soirée, vraiment. Inattendue, exceptionnelle, indélébile. Le hasard a bien fait les choses, n'est-ce pas ? Ce à quoi je ne croyais plus a fini par arriver, au moment où je m'y attendais le moins ! Il en est souvent ainsi ! On passe à côté de tant et tant d'événements merveilleux, de faits exceptionnels, de moments incroyables, d'instants féeriques, parce qu'on s'interdit de rêver… On minimise l'importance de l'enfance, on perd beaucoup trop tôt son innocence ! La vie avance, sans surprises, sans plaisirs, sans agréments, ni fantaisies. On se fait une &quot;raison&quot;, comme on dit. On court toujours plus vite, le nez dans le guidon, on oublie l'essentiel, on oublie d'être heureux, on n'a plus cette soif d'apprendre et de connaître, on n'a plus envie, on n'a plus goût à rien. On se retrouve un jour, parfois bien plus tôt qu'on ne l'aurait pensé, agonisant dans une chambre d'hôpital, à se demander ce qu'on a bien pu faire qui méritait qu'on vive, vraiment. Il est trop tard pour recommencer, pour revenir en arrière. Le temps nous est compté, à vous comme à moi, vous le savez. Me voilà bien pessimiste ! Pourtant, ce n'est pas mon état d'esprit du moment ! D'abord, cessons ce &quot;on&quot; impersonnel, insignifiant, indéfini. Ni vous ni moi n'entrons dans cette catégorie ! Nous sommes bien au-dessus de ça, je crois. Parlons de nous.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous nous sommes quittés dans le bleu frémissant de l'aurore, dans la fraîcheur de la nuit finissante il y a quelques heures à peine, j'ai l'impression qu'il y a des siècles. Ah ! Votre parfum exquis, vos lèvres brûlantes sur les miennes, votre sourire radieux, votre petit signe de main en guise d'au revoir, votre voix rassurante qui me dit : &quot;À bientôt !&quot; À cette évocation, mon cœur s'emballe, mon souffle s'accélère, mon ventre se serre ; mélange de joie et de tristesse. Sur la terrasse, le soleil, compatissant, m'adresse ses généreux et bienfaisants rayons. Le jardin, encore tout perlé de rosée, regorge d'une myriade de chants d'oiseaux. Quel ravissement ! Tout cela me paraît d'autant plus magnifique que maintenant, je vous connais. Vous existez ! Vous faites partie de ma vie, désormais&amp;nbsp;! L'aube a sonné l'heure du renouveau. J'ai envie de renaître, à l'image de cette journée qui commence, vierge de toute chose désagréable, porteuse d'espoirs et de bien-être. J'aimerais que ce matin-là ne finisse jamais, que le temps se fige, que soient conservés pour l'éternité, dans leur intensité, les sentiments qui me soulèvent à ce moment précis où je vous écris. Je suis en vie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous nous sommes rencontrés : voilà qui fait mon bonheur aujourd'hui ! Je vous quitte juste et je n'ai déjà qu'une seule idée en tête : vous revoir. Nous revoir, vous et moi, en grande conversation, comme ce fut le cas hier soir. Qu'il me fut doux d'être en si bonne compagnie, de m'adresser à une personne telle que vous, capable de me comprendre sans que j'aie à m'expliquer laborieusement pendant des heures ! Nous sommes faits du même bois, vous et moi, n'est-ce pas ? Un seul échange de regards a suffi pour que les choses paraissent ouvertes, limpides, possibles. Nous nous sommes mis à converser comme si nous nous connaissions depuis toujours. Instant rare et troublant, affolant, excitant… Ah ! Magie de la rencontre !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous nous sommes tant cherchés, pendant toutes ces années ! Je n'ai jamais faibli, j'ai toujours espéré. J'ai toujours su qu'un jour, vous apparaîtriez. Vous êtes la personne que j'attendais, vous êtes à moi pour la vie, ou du moins pour le temps qu'il nous reste. Je ne sais rien de vous, mais je sais tout de vous. Nous n'avons partagé que ces quelques heures de fête, de danse et de ripailles, et pourtant, nous ne pourrons plus vivre l'un sans l'autre, vous le savez bien ! Seule la mort sera en mesure de nous séparer. Mais n'allons pas si loin, mais n'allons pas trop vite ! Pourquoi suis-je si morbide ? Nous avons tant à faire, ensemble !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Commençons par nous revoir, allons au restaurant, celui dont vous m'avez parlé, que vous appréciez tant, portons un toast à ce pauvre monsieur Chenillard qui, hier soir, en brillant par son absence, nous a permis de faire connaissance ! Nous fûmes présentés l'un à l'autre, assis l'un en face de l'autre, buvant bientôt, outre ce merveilleux champagne qu'on nous a servi, les paroles de l'autre… Le temps a passé si vite ! Dire que j'ai failli ne pas venir, je pensais m'ennuyer, devoir feindre la fatigue pour m'éclipser au plus vite, au moment du dessert ou du café ! Je ne pensais pas danser, tout contre vous, contre votre corps accueillant, nos visages souriants tournés l'un vers l'autre ! J'étais loin d'imaginer que j'allais autant rire, avoir autant de plaisir, redécouvrir ce que vivre veut dire !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce fut une excellente soirée, vraiment. Il y en aura des milliers d'autres à l'image de celle-ci, je vous l'assure ! Vous êtes d'accord ? Qu'il est bon de se savoir au tout début d'une merveilleuse histoire, qu'il est beau de commencer à vous aimer !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il ne me reste plus qu'à taper votre adresse et à envoyer ma lettre... Je vous en souhaite d'ors et déjà bonne réception ! J'aime l'idée de cette correspondance avec vous pour prolonger notre rencontre, fabuleuse, bienheureuse ! Prenez le temps de me lire, prenez le temps de me répondre ; toute la vie s'offre à nous ! Aujourd'hui certes, si le délai de transmission est plus rapide—quelques secondes à peine—, le temps pour lire et pour écrire reste sensiblement le même ! Nous utilisons les machines dans notre quotidien, mais nous restons humains, profondément sensibles et romantiques, Dieu soit loué !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le sommeil a raison de moi, je vais aller dormir quelques heures et rêver de vous, rêver à nous ! Je termine ce courrier, un clic et voilà, mes mots transiteront, chemineront, navigueront jusqu'à vous. Il ne me reste plus qu'à attendre de vos nouvelles. Elles viendront, je n'en doute pas une seule seconde. J'ai confiance en moi, j'ai confiance en vous : nous ne sommes plus seuls.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sincèrement vôtre,&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;L'amour de votre vie&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/media/00/02/c4f9ca91add0c57c2bbd66698ed3d41a.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/media/00/02/c4f9ca91add0c57c2bbd66698ed3d41a.jpg&quot; id=&quot;media-547967&quot; alt=&quot;c4f9ca91add0c57c2bbd66698ed3d41a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-547967&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; 
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<title>En attente</title>
<link>http://elsasong.hautetfort.com/archive/2006/09/06/en-attente.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Elsa)</author>
<category>Lettres ouvertes</category>
<pubDate>Wed, 06 Sep 2006 10:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Mon cher ami,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le facteur ne passera pas. Pas aujourd’hui, en tous les cas ! On est dimanche, alors... Alors je passe mon temps à ne savoir qu’en faire, désoeuvrée, toute entière dans l’attente. J’attends de tes nouvelles. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Te concernant, rien n’est moins sûr ! Me voilà bien médisante. Allez... demain, peut-être ; après-demain, au plus tard mercredi ? Je te donne toutes les excuses du monde pour ne pas m’avoir encore répondu, je te pardonne d’avance ! Mais le fait est : tu ne m’as pas écrit...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ai-je eu une attitude inconvenante, ou un mot déplacé au cours de notre entrevue de la semaine dernière ? Me suis-je montrée un peu trop entreprenante et cela t’aurait-il choqué, au point de ne plus vouloir me donner signe de vie ? Tu m’as dit qu’il te faudrait du temps pour réfléchir, que je n’étais pas la seule sur ta liste, que tu devais voir d’autres candidates avant de faire ton choix. D’autres candidates : tu ne manques pas d’humour, toi, au moins !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Moi, j’ai su tout de suite que c’était toi. Dès la première seconde, au premier regard, aux premiers mots échangés. Déjà, le côté énigmatique de ta petite annonce m’avait intriguée et... attirée, bien sûr ! Le mot FEMME, écrit en toutes lettres, m’avait interpellée. La plupart du temps, pour ce genre d’annonce, les hommes se contentent de la lettre F. Toi, tu voulais une femme, toute entière, avec ses rondeurs placées là où il faut, ses petites manies et toutes ses coquetteries qui la rendent unique, irrésistible... Tu m’as vue, je suis plutôt une belle plante, pas vrai ? Pas assez arrosée ces derniers temps, mais ça va rapidement s’arranger ! Je suis sûre d’être celle qu’il te faut : laisse tomber les autres !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ton annonce demandait une disponibilité de deux jours par semaine : certaines femmes trouveraient cela très cavalier, moi je n’y vois aucun inconvénient. Bien au contraire ! Je ne réponds pas aux hommes qui évoquent immédiatement la vie commune dans le libellé de leur annonce. Comme si c’était un but en soi, la vie commune... S’il est tout de suite question de quotidien, ça ne me fait pas vraiment rêver ! Alors deux jours par semaine, au moins dans un premier temps, ça me convient tout à fait. On se voit chez toi, ou chez moi, on se fait des sorties et des petits câlins sympas, mais après, chacun chez soi ! On a toute la semaine pour penser l’un à l’autre, on attend avec fièvre et désir le moment où l’on sera de nouveau réunis, on ne montre que nos meilleurs côtés... Sur ce plan-là on est d’accord, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tu m’as reçue chez toi, dans ce grand appartement dont tu as hérité, m’as-tu confié. J’ai été émue par ton empressement à me faire visiter les pièces les unes après les autres, en me donnant plein de détails, comme si nous étions déjà intimes. J’ai un peu moins apprécié le fait que tu insistes autant sur le placard à balais et l’emplacement des produits d’entretien ; encore moins que tu te lamentes sur la montagne de linge à repasser ! Je t’ai dit que je veillerai à remettre de l’ordre dans tout ça, mais je peux te l’avouer maintenant : c’était juste pour te faire plaisir. Je te donnerai un coup de main, bien sûr, mais je ne jouerai pas à la fée du logis ! J’ai d’autres qualités dont il me tarde de te faire quelques démonstrations. Tu verras, tu ne seras pas déçu du voyage ! Ah ! un bel homme comme toi !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous avons discuté dans ton salon, tu m’as offert un verre. Tu étais curieux de connaître mes références et je t’ai parlé avec passion de mes écrivains, cinéastes, musiciens, artistes préférés du moment. J’étais avide d’en connaître plus sur toi, sur ta vie, sur tes goûts, culturels et autres... Mes questions ont eu l’air de te surprendre, tu es resté très évasif. C’est ton côté beau brun ténébreux ? Tu sais entretenir le mystère, toi, au moins ! Au bout d’un moment, tu as regardé ta montre et tu as dit, tout en me souriant : &quot;Bien, on va s’arrêter là, je vous écrirai.&quot; Pourquoi ce vous académique, après la conversation délicieuse que nous venions d’avoir ensemble ? Moi, je t’avais tutoyé dès le début ; maintenant que j’y repense, tu as dû me trouver bien familière ! Sans doute est-ce pour cela que tu n’as pas voulu me donner ton numéro de téléphone. J’ai insisté, mais rien à faire ! Tu m’as souri encore en te levant, puis tu m’as raccompagnée très galamment jusqu’à la porte d’entrée. Ah ! Ton sourire ! Il m’a fait vibrer comme jamais ! J’étais sur un petit nuage, en sortant de chez toi !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je crois que si tu as été distant avec moi, c’était pour mieux cacher ton trouble. Allez, avoue-le, je t’ai troublé, pas vrai ? Alors, pourquoi tardes-tu tant à me répondre ? Tu auras ma lettre mercredi, au plus tard : tu connaîtras ainsi ma folle envie de te revoir ! Au diable tes candidates ! Tu feras ton choix en ma faveur, et pour toutes les faveurs que je t’accorderai ensuite, mon bel amour ! Mercredi soir, je vais me faire belle, rien que pour toi. Je viendrai te chercher à 20 heures précises. Sois ponctuel, s’il te plaît ! Nous irons dîner dans mon restaurant préféré : j’ai déjà réservé. Nous n’y boirons que du champagne : la meilleure boisson qui soit pour délier les langues et aviver les sens ! Nous pourrons ainsi poursuivre divinement notre petit tête à tête. Ensuite, nous aurons très certainement envie de nous rapprocher, intimement parlant, de nous goûter l’un l’autre... La question sera alors : chez toi ou chez moi ? Nous aviserons le moment venu. Nous choisirons peut-être un autre endroit ? Gardons un peu de place pour l’imprévu ! Je te promets, dans tous les cas, un corps à corps torride et débridé ! Jusqu’au petit jour, oui, monsieur ! La candidate idéale, je te dis !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais attention... Je ne vais pas lâcher le morceau comme ça, tu sais ! Je suis prête à tout pour te revoir ! Si, par hasard, pour une raison ou pour une autre, tu n’étais pas au rendez-vous, je reviendrai jeudi, même heure. Et si besoin, je reviendrai encore, jour après jour, jusqu’à ce que tu te rendes à l’évidence : je suis la femme qu’il te faut ! La seule, l’unique ! Mais mercredi, tu seras là, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; À très bientôt, alors ! Je t’embrasse avec fougue,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Philomène&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; PS : Tu m’as trouvée, quelle chance ! Je suis ta femme de mystères, ta femme de mots, ta femme de musiques : je suis tout ça pour toi, rien que pour toi. La FEMME DE M. de ton annonce, c’est moi ! Je suis à toi et je t’adore !&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_Verres_Champagne.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_Verres_Champagne.jpg&quot; alt=&quot;medium_Verres_Champagne.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; 
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<title>Route du Rock 2004</title>
<link>http://elsasong.hautetfort.com/archive/2006/07/24/route-du-rock-2004.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Elsa)</author>
<category>Lettres ouvertes</category>
<pubDate>Mon, 24 Jul 2006 14:12:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_RduRock04_1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_RduRock04_1.jpg&quot; alt=&quot;medium_RduRock04_1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;La &lt;b&gt;Bretagne&lt;/b&gt; et moi, ça fait quelques années que ça dure, et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Déjà présente à la &lt;b&gt;Route du Rock en août 1998&lt;/b&gt; (édition gigantesque, avec Portishead, Transglobal Underground, Rachid Taha, PJ Harvey, Yann Tiersen, Jay-jay Johanson… se tenant hors les murs du Fort de Saint-Père), j'y retourne seulement en &lt;b&gt;2004&lt;/b&gt;, et là… C'est l'occasion d'écrire cette lettre ouverte, que j'envoie aux &lt;b&gt;Inrocks&lt;/b&gt;, qui ne la publieront pas, les vilains !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cher cameraman de la &lt;b&gt;Route du Rock 2004&lt;/b&gt;,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Comment oublier ces trois nuits de concerts en votre discrète mais charmante compagnie ? En arrivant au &lt;b&gt;Fort de Saint-Père&lt;/b&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;vendredi 13 août&lt;/span&gt;, j'ai tout de suite repéré ces barrières entourant une plate-forme, à gauche de la scène : l'endroit semblait réunir de bonnes conditions sonores et visuelles. Je m'y suis donc postée avant les (trop REMiens) &lt;b&gt;Now It's Overhead&lt;/b&gt;. Vous êtes soudain apparu, enjambant les barrières pour rejoindre la plate-forme et prendre en main cette étonnante machine articulée, équipée de deux écrans et d'une caméra. J'ai pensé que tout compte fait, je n'avais pas choisi la meilleure place : vous alliez vous trouver constamment dans mon champ de vision et gêner mon observation minutieuse des musiciens sur scène. C'était sans compter sur vos déplacements semi-circulaires, répétitifs. &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_RduRock04_2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_RduRock04_2.jpg&quot; alt=&quot;medium_RduRock04_2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; Je me suis habituée à vos passages incessants pendant &lt;b&gt;The Beta Band&lt;/b&gt;, pour vous oublier ensuite, me consacrant exclusivement au rock écorché de &lt;b&gt;The Kills&lt;/b&gt; puis aux superbes symphonies électriques de &lt;b&gt;dEUS&lt;/b&gt;. Je vous ai quitté pour aller danser sur les rythmes entêtants de &lt;b&gt;LCD Soundsystem&lt;/b&gt;, avant de rejoindre mon camping en bord de mer. &lt;b&gt;RJD2&lt;/b&gt; ? Tant pis !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Samedi 14 août&lt;/span&gt;, ayant paressé sur &lt;b&gt;la plage de l'Éventail&lt;/b&gt; avec les savoureuses reprises sucrées-salées de &lt;b&gt;Nouvelle Vague&lt;/b&gt;, je suis arrivée trop tard pour &lt;b&gt;Flotation Toy Warning&lt;/b&gt;. Mais j'étais de nouveau à mon poste pour &lt;b&gt;Lali Puna&lt;/b&gt;. Votre arrivée acrobatique m'a prévenue du début imminent de leur concert. Vous avez alors repris votre danse envoûtante, portée à son summum par la musique cosmique de &lt;b&gt;Air&lt;/b&gt;. Retour sur Terre avec &lt;b&gt;Phoenix&lt;/b&gt; (aux ailes brûlées), redécollage immédiat sur le rock insensé de &lt;b&gt;TV On The Radio&lt;/b&gt;. Je suis partie avant &lt;b&gt;Peaches&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;J'arrive plus tôt dimanche 15 août, malheureusement il pleut.&lt;/span&gt; Vous avez revêtu la tenue adéquate. J'écoute &lt;b&gt;Mojave 3&lt;/b&gt; d'une oreille distraite, je me captive pour &lt;b&gt;Girls In Hawaii&lt;/b&gt;, je fonds littéralement pour &lt;b&gt;Blonde Redhead&lt;/b&gt;. Leur concert est sublimé par cette pluie qui tombe dru, en rafales, inondant la scène. Votre plate-forme disparaît sous les gouttes crépitantes, vous capitulez devant le déchaînement des éléments.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La suite de la soirée restera incertaine pendant une heure interminable. L'orage se calme. &lt;b&gt;Dionysos&lt;/b&gt; se déchaîne, bondissant, monté sur piles. Votre pas s'accélère sur le plancher luisant. Mathias vous rejoint, porté par la foule, escalade votre instrument de travail, dressé, en posture phallique brusquement évidente. The show must go on with &lt;b&gt;The Jon Spencer Blues Explosion&lt;/b&gt;. Je vous adresse un long regard d'adieu pendant &lt;b&gt;The Troublemakers&lt;/b&gt;. La fête est finie, vous ne me voyez pas, vous ne m'avez jamais vue, vous êtes au-dessus de tout... &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_RduRock04_3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_RduRock04_3.jpg&quot; alt=&quot;medium_RduRock04_3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Courrier du coeur</title>
<link>http://elsasong.hautetfort.com/archive/2006/05/10/courrier-du-coeur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Elsa)</author>
<category>Lettres ouvertes</category>
<pubDate>Wed, 10 May 2006 19:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bonjour à vous,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ne cherchez pas. Vous ne me connaissez pas. Je ne fais partie ni de votre famille, ni de vos amis. Vous ne m'avez jamais vue. Vous n'avez jamais fait attention à moi. Vous ignorez mon existence. Je suis une femme quelconque, falote, insignifiante. Vous ne saurez pas grand-chose à mon sujet. Simplement l'essentiel, juste ce que j'ai à vous dire. Je reste tapie dans l'ombre, bien à l'abri, derrière mon écran. Je tiens à rester anonyme. Je ne recherche ni votre assentiment, ni votre sympathie, encore moins votre amour. J'ai ma propre famille, j'ai mes propres amis. Je n'ai pas besoin de vous, humainement parlant. Qu'avez-vous de vivant ? J'ai du mal à concevoir que vous puissiez mener une existence &quot;banale&quot;. De toute façon, cela m'intéresse peu. En matière de vie privée, vous avez toujours su faire preuve de discrétion, et c'est tant mieux. Peu m'importe qui vous aimez, où et comment vous vivez.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Moi, ce que j'aime chez vous, c'est votre musique. Celle que vous créez, sans faillir, depuis plus d'un quart de siècle. Oui, le temps passe ; trop vite, on n'y peut rien ; mais vous, vous êtes toujours debout. J'avais vingt ans à peine quand j'ai fait connaissance avec votre musique. Nous étions au début des années quatre-vingt, une nouvelle vague déferlait d'Angleterre et atteignait ma petite ville de province. Après le &quot;no future&quot; du punk, le spleen de la new wave. J'ai immédiatement adhéré à cette musique froide, hivernale, à ces sonorités caverneuses, à ces voix d'outre-tombe. Tout cela parlait à mes sens, faisait battre mon coeur, m'allait tout droit à l'âme. J'ai quitté mes tenues colorées, un brin baba, pour des vêtements plus sobres, de couleur noire. J'ai coupé et hérissé mes cheveux en touffe compacte, je me suis maquillée en conséquence : fond de teint pâle, yeux charbonneux, lèvres rouge sang. J'ai changé d'amis, changé mes sorties, changé d'état d'esprit, changé de mode de vie. Alcools forts, stupéfiants, nuits blanches aux issues incertaines, petits matins troubles, angoisse du jour naissant... J'étais une jeune femme sombre, tourmentée, peu sûre d'elle, traversée d'idées morbides. Votre musique accompagnait mes errances.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour la plupart des gens, la jeunesse reste la jeunesse et, passé un certain âge, tout rentre dans l'ordre. On oublie les folies, on stoppe les excès, on rentre chez soi, on fait des enfants. C'est légitime. C'est salutaire. Pour moi, les choses se sont passées autrement. Ou ne se sont pas passées. Peu importe. J'avais promis de ne vous dire que le minimum. C'est difficile, finalement ! Votre musique fait partie intégrante de ma vie. Et si je vous ai fait des infidélités ; le courant musical était suffisamment vaste, prolifique, créatif, pour laisser place à une multitude d'artistes ; vous avez toujours été au dessus du panier. D'abord en terme de qualité : combien ont cherché, cherchent toujours à vous copier ! Personne n'a jamais réussi à vous égaler. Ensuite en terme d'endurance : vous battez des records de longévité. Vous continuez. Vous existez. L'inspiration ne vous lâche pas. Vos derniers disques sont aussi dignes d'intérêt que les premiers. Et en concert, vous dépotez ! Maîtrise, aplomb, énergie, lucidité, maturité : les bénéfices de l'âge. Certes, vous avez changé. Certes, vous avez vieilli. C'est inéluctable, incontrôlable, irrémédiable. Moi aussi, j'en suis là : c'est notre lot à tous, êtres humains faits de chair, de sang, de sentiments.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; D'habitude, pour mes comptes-rendus de concert, je fais appel à ma mémoire, à mes cinq sens, à mon registre d'émotions. J'étais là, hier soir, bien entendu, pour votre seule date parisienne ! La scène reste un partage unique, privilégié. Pourquoi suis-je donc allée, aujourd'hui, sur votre site Internet ? J'avais besoin de vérifier une information que je voulais inclure dans mon article, et maintenant, avec l'ADSL... Tout va si vite, tout est accessible, le monde entier est à portée de main. Évidemment, je ne me suis pas contentée de rechercher l'information qui m'intéressait, je suis restée des heures en ligne à tout explorer de fond en comble, à décortiquer les rubriques, à visionner de magnifiques photos d'archives. Du coup mon compte-rendu n'est pas fini et je suis en train de vous écrire. Des idioties, des litanies, des inepties. J'ai besoin de vous dire ce que vous disent sans doute des milliers de fans : que je vous suis toujours fidèle et dévouée, que votre musique me fait du bien ; j'ajouterais beaucoup plus qu'à mes vingt ans. Je veux vous remercier de continuer à la jouer, de toujours innover, sans céder à la facilité. Qu'avez-vous à prouver ? Et pourtant, vous vous surpassez !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Avec le recul, je réalise à quel point j'ai eu raison de vous aimer. Ce n'est pas vous qui m'avez rendue triste et mélancolique, cela préexistait chez moi depuis l'enfance. Peut-être, même, à la naissance. Votre musique a trouvé un terrain favorable pour s'implanter, vos textes ont trouvé écho en moi, alimenté mon vague à l'âme, nourri mes fantasmes, donné corps à mes pulsions... Mais je ne suis plus la même femme, aujourd'hui. Le temps a passé et heureusement, je me suis épanouie, je suis un peu plus sereine. Toutes ces choses étaient au fond de moi depuis trop longtemps. Je me sens plus légère, à présent. Je vais vous quitter et retourner à mon article. Oh, j'écris sans prétention aucune, à mes heures perdues, par amour de la musique. Je suis d'une grande timidité, et j'ai toujours si peu confiance en moi... Encore merci à vous. Continuez à me faire plaisir, à m'étonner, à me surprendre. Vous : le groupe parfait. Cette entité inséparable, indissociable, inaltérable, indestructible. Restez ensemble, et ne me décevez jamais.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_courrier_du_coeur.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_courrier_du_coeur.jpg&quot; alt=&quot;medium_courrier_du_coeur.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; 
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<title>Lettre ouverte à Peter Hook</title>
<link>http://elsasong.hautetfort.com/archive/2006/05/05/lettre-ouverte-a-peter-hook.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Elsa)</author>
<category>Lettres ouvertes</category>
<pubDate>Fri, 05 May 2006 20:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'écriture épistolaire est déjà, en soi, un exercice de style à part entière. Alors, quand il s'agit d'une lettre ouverte, on doit non seulement tenir compte de la personne à laquelle on l'adresse, mais aussi de toutes celles susceptibles de la lire et qui, par conséquent, ont besoin d'informations sur le contexte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je me suis pliée plus d'une fois à cette contrainte d'écriture, en m'adressant à mes artistes &quot;coup de cœur&quot; via le courrier des lecteurs des Inrockuptibles. Certaines de mes missives y furent, oh joie ! publiées.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La lettre ouverte à &lt;b&gt;Peter Hook&lt;/b&gt;, écrite l'an dernier à l'occasion de la sortie de &lt;b&gt;&quot;Waiting for the Sirens' Call&quot;&lt;/b&gt; ne le fut pas, mais comme &lt;b&gt;New Order&lt;/b&gt; n'est jamais bien loin dans mon quotidien (grâce à des chansons essentielles comme &lt;b&gt;&quot;Bizarre Love Triangle&quot;, &quot;Blue Monday&quot; ou &quot;Perfect Kiss&quot;&lt;/b&gt;), je la livre ici, la considérant comme toujours d'actualité.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_new_order.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://elsasong.hautetfort.com/images/medium_new_order.jpg&quot; alt=&quot;medium_new_order.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Cher Peter Hook,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Merci pour l'immense joie qui m'a été donnée dernièrement de vous voir sur Canal +. En virtuose exalté, vous avez enflammé le plateau avec vos mouvements amples, fougueux, exubérants, mettant très en avant votre impétueux jeu de basse. &lt;b&gt;New Order&lt;/b&gt; n'est pas mort. &lt;b&gt;New Order&lt;/b&gt; est vivant, plus que jamais. Après &lt;b&gt;&quot;Republic&quot;&lt;/b&gt;, j'avais cessé de vous écouter. Vos projets en solo ne m'avaient pas intéressée. Je suis complètement passée à côté de &lt;b&gt;&quot;Get Ready&quot;&lt;/b&gt;. Mais j'ai redécouvert, il y a peu, l'intrigant &lt;b&gt;&quot;Low Life&quot;&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'occasion m'était offerte de reprendre contact avec vous au présent : à quoi ressemblait votre nouvel album ? Votre prestation télévisée m'a agréablement surprise, j'en ai même été très émue. Le vendredi soir, vous avez repris ce morceau culte, écrit par &lt;b&gt;Ian Curtis&lt;/b&gt;, où il est question d'amour, de ruptures, de souffrances. Un peu d'essence de &lt;b&gt;Joy Division&lt;/b&gt; offerte à mes oreilles ; minutes furtives, magiques, aériennes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Suivait le dernier volet de l'interview du groupe, porté par votre discours enthousiaste, passionné. Vous ne comptiez pas arrêter de faire de la musique, bien sûr que non ! Vous ne saviez faire que ça, de toute façon ! Alors, que vous ayez pris de l'âge, ça ne changeait rien à cette envie de créer que vous aviez en vous. Là, je vous ai aimé, vraiment. Moi qui ai du mal avec les années qui passent, je vous ai trouvé étonnamment jeune, optimiste. Vous m'avez fait du bien. Et puis j'étais tellement heureuse de vous voir ensemble ! &lt;b&gt;Peter Hook, Bernard Sumner, Stephen Morris&lt;/b&gt;… Et ce petit nouveau, à la guitare et aux programmations.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Du coup, j'ai déniché &lt;b&gt;&quot;Get Ready&quot;&lt;/b&gt; à la médiathèque et, dans la foulée, j'ai acheté &lt;b&gt;&quot;Waiting for the Sirens' Call&quot;&lt;/b&gt;. Opération promotion réussie. Me voilà ravie, séduite, ensorcelée. Vous êtes un grand musicien, dans un sacré groupe : charmeur, charmant, énergétique, énergisant. Je ne vous lâcherai plus, maintenant. Merci de continuer à exister encore longtemps. Je vous écoute, je vous attends.&lt;/p&gt; 
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