07.10.2009

Alex et Siméo

Une sortie d'album, ça se prépare. Ceux d'Alex et sa Guitare et de Siméo se sont peaufinés cet été et vous attendront dans les bacs au cours du mois d'octobre 2009. Ne les ratez pas, et allez voir ces artistes sur scène !

J'ai interviewé ces jeunes talents, tous deux auteurs, compositeurs et interprètes (maintenant, pour faire court, on dit : "ACI") pour la rédaction d'articles dans le numéro 51 de la revue Sur la même Longueur d'Ondes. Les voici.

 

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Alex et sa Guitare

"La Genèse"

(RSR Productions / Mosaic Music)

http://www.myspace.com/alexetsaguitare

"Je m'appelle Alexandre, nom de scène Alex et sa Guitare, je fais de la chanson à tendance humoristique, mais pas que." Ainsi se présente cet artiste de 29 ans, qui, enfant, se passionna pour la magie. Ancien monteur à la télévision (ce n'était pas très créatif, et lui est plutôt inventif), coutumier de l'improvisation théâtrale (il y puise des idées pour ses propres spectacles), il monte sur scène en solo, avec batterie électronique, boîte à samples et… sa guitare. Sur la pochette de son 5 titres ("L'accord parfait", 2006), il pose fièrement avec elle, à l'église, pour leur mariage. "C'est une folk, j'aime bien le côté acoustique et rentre-dedans." Pour "La Genèse", Alex recrée une scène biblique où il se représente en Adam sur le point de croquer la pomme, tout près d'Eve, sa guitare bien-aimée… Sur le CD, dix chansons drôles, inspirées du vécu poussé à l'extrême ; de la parodie, de l'autodérision, de l'émotion aussi, comme dans "La maison d'mon enfance" où il est question d'un déménagement et d'un chat Tigrou. "Les régimes", "La place du con", "L'aponctualite aiguë" sont des expériences personnelles, "Pierre-André Blanchard" est un super-héros qui utilise mal ses pouvoirs et provoque des catastrophes, "J'pleure pas, j'suis un mec" fait parler un gros dur sur des accords metal, "Le magicien aigri" a perdu de sa splendeur… Dans "La Star Ac" (le clip est très populaire sur le net) Alex imagine qu'il a été retenu pour l'émission : le cauchemar ! Les plages 11 à 58 présentent un jeu interactif, "La chanson dont vous êtes le héros", pour "inciter les gens à écouter les textes attentivement." D'autres surprises vous attendent dans "La Genèse", car Alex s'est appliqué à en faire "un bel objet".

 

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Siméo

"Sous un ciel trois étoiles"

(Bouh ! / Differ-ant)

http://www.chezsimeo.com

Trois ans après "Envie", son deuxième album, notre Lyonnais, désormais Parisien, nous propose onze nouvelles chansons, enregistrées au studio Garage avec le réalisateur Dominique Ledudal (Rita Mitsouko, Thomas Fersen, Vincent Delerm…). Siméo raconte : "Je voulais faire un disque pop en français. Je suis allé le voir avec mes chansons en lui disant que je voulais travailler avec lui. Puis j'ai rencontré cinq musiciens exceptionnels, aussi bien dans le jeu qu'humainement. On savait tous où l'on allait sur ce disque. Je l'ai écouté hier… Je suis content parce que c'est tout à fait ce que je voulais faire. Quand je suis arrivé avec mes maquettes, que j'ai commencé à travailler avec les musiciens et Dominique, c'était ce que j'espérais entendre. Donc je suis ravi !" Pour "Envie", Siméo avait œuvré seul, jouant de tous les instruments, pour un rendu acoustique. "Sous un ciel trois étoiles" est bien plus électrique, tonique, chaud, lumineux… Il y a toujours ces accents reggae, ces rythmiques légères et sautillantes, mais pas seulement (le trip hop de "Lasse", le rock de "Cowboy"). L'univers se fait très music-hall : "Je mens" (premier titre) puis plus loin "Cinéma". On imagine tout à fait notre jeune homme mener le bal, ayant troqué le jean, les santiags et la chemise à carreaux contre un chapeau haut-de-forme, une canne, un costume à paillettes… Tout ce qui brille n'est pas or et, loin de la scène et des éclairages, "C'est la vie" nous rappelle à la réalité, avec son lot de déceptions, ses désillusions… D'amour, il en est bien entendu question, mais là, il fait souffrir. L'être aimé a trahi, est parti, n'aime plus : "Ma vue", "Petite conne", "Sarah"… "L'amour est la seule chose qui compte pour moi avec la musique, les deux étant intimement liés" nous confie Siméo. Dans ses textes, fins, subtils, il se raconte ou raconte des histoires : "Mademoiselle" est un hommage direct à une chanson du Québécois Jean Leloup, "Les timides" s'en moque gentiment, "Cherche" (sans moi) est une réponse aux grincheux. "J'avais envie que ça groove, que ce soit pop, que ça s'écoute bien en voiture." C'est réussi !

 

Itv09_LO#51.pngLongueur d'Ondes #51 est disponible en version papier (principalement sur les lieux de concerts, mais également dans les médiathèques, MJC, bars...) ou en PDF (à télécharger).

http://www.myspace.com/longueurdondes

http://numero.longueurdondes.com

06.04.2009

Gecko et Sammy

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Le numéro 48 de Longueur d'Ondes est disponible depuis un petit moment déjà, le 49 sortira d'ici peu... Dans le 48, j'ai signé deux articles, concernant des artistes qui me tiennent à coeur, dont j'aime la musique, leurs influences américaines, leurs belles chansons en français. Il s'agit de Gecko Palace et de Sammy Decoster.

À lire ci-dessous, puis à écouter sur MySpace !

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Gecko Palace

"Tout va si bien…"

(New Track Music/Anticraft)

www.myspace.com/geckopalace

Nous avions découvert les sept Toulousains à l'occasion de leur passage à Paris dans le cadre du festival "Les Inaperçus" au Glaz'art, en février 2007. Leur musique, aux rythmes enlevés, tournée vers les lointaines Amériques, mêle folk, rock, blues, western, passages symphoniques (violon, violoncelle) et donne la part belle au chant grave, puissant, habité de Sébastien. Il aura fallu attendre presque deux ans pour que sorte enfin "Tout va si bien…", soutenu par un label et une distribution dynamiques. Réalisé sous la houlette du musicien Theo Hakola (il a produit le premier Noir Désir, Les Hurleurs), l'album tant attendu, aux teintes sépia, au charme intemporel, propose neuf chansons intenses, passionnées, tourmentées, superbement écrites par Olivier, également compositeur et guitariste. Il y est beaucoup question de solitude, de souvenirs, d'amours, d'espoirs… Les "Gecko" nous offrent aussi leur reprise survoltée d"Il est libre Max", le poème "Pourquoi que je vis" de Boris Vian, et une version "Idaho" de "L'enfant du siècle". Fondé en 2002, le groupe est "avant tout une histoire d'amis plus que de musiciens." Lorsque nous demandons à Olivier ses souhaits les plus chers pour Gecko Palace en 2009, il nous répond : "Jouer en concert, encore et toujours, aussi souvent que possible, rester une belle famille, faire de belles rencontres… Trouver une structure efficace et motivée pour organiser nos tournées… Le pire c'est qu'on n'a même pas le temps de la chercher." Faites passer le message ! Et le prochain album ? "Il est déjà très bien avancé. Theo pense qu'il va être "gigantissime", c'est le terme qu'il a employé en écoutant les maquettes. On a envie d'un son plus brut, moins léché que le précédent."

 

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Sammy Decoster

"Tucumcari"

(Barclay/Universal)

www.myspace.com/sammydecoster

Fondateur du groupe Tornado, aux influences folk rock américaines, cet artiste de 27 ans poursuit, depuis 2004, un projet en solo qui, de fil en aiguille, le conduit à enregistrer son premier album. Réalisé en partie chez lui, à la campagne, quelque part "entre Lille et la frontière belge", et dans d'autres endroits aussi, "ça dépendait où ça venait", "Tucumcari" (nom d'une ville du Nouveau-Mexique) est une œuvre dense, intense, habitée, aux douze chansons sensibles et inspirées. Une seule est en anglais.
A quand remonte ta passion pour la musique américaine ?
"J'avais six ans. En farfouillant dans les cassettes audio de mes parents, je suis tombé sur des morceaux gospels d'Elvis Presley. Son physique, sur la photo, puis la puissance de sa voix, les mélodies, ça m'a frappé. Depuis, Elvis a toujours été pour moi une source de recherche musicale."
Pourquoi des textes en français ?
"Pour être franc, je n'ai jamais vraiment écouté de rock français, mais j'ai toujours été sensible à la variété des années 60, comme Jacques Dutronc, Françoise Hardy… Il y a la réverb, une ambiance, le son anglo-saxon de l'époque… Au cours d'un voyage aux Etats-Unis, j'ai composé des morceaux (dont "Tucumcari") et je me suis aperçu que là-bas, je ressentais les choses en français, je m'exprimais plus facilement en français qu'en anglais. Alors j'ai eu envie d'essayer."
D'où te vient ton inspiration ?
"J'aime bien ce qui ramène des images. Des films, mais aussi des noms de lieux : il y en a beaucoup dans mon album. J'aime les voyages, la nature, la solitude, les paysages, les endroits où il ne se passe rien, la route… Tucumcari, ça ne sonne pas forcément américain, ça pourrait être en Inde, ou en Bretagne, c'est un nom assez universel."

03.05.2008

Charles De Goal : Restructuration

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Vingt-deux ans après l'album "Double face", voici le bien nommé "Restructuration", qui nous prouve que Charles De Goal a bel et bien repris du service (avec un "vrai" groupe), et qu'il est au meilleur de sa forme.
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Le rouge domine sur la pochette : y sont représentées des séquences d'ADN, sur lesquelles vient se poser la pointe effilée d'un scalpel, peut-être dangereuse, en tout cas menaçante. Nous viennent ces mots dont on a peur : expérimentations, manipulations, modifications génétiques, produits transgéniques… On s'interroge : est-ce pour le bien de l'Humanité ? N'allons-nous pas vers une perte de l'identité, pour les êtres vivants ? De la notion d'identité, il en est fortement question dans "Restructuration". De la vie, aussi ; du parcours accompli, du temps qu'il reste, de ce qu'on souhaite en faire, du cheminement vers la mort, jusqu'à la mort, et même après… Il y a aussi l'amour : thème peu souvent abordé chez Charles De Goal, précédemment. C'est qu'il n'est plus tout à fait le même homme, celui qu'on a quitté à l'aube des années 90 : il a mûri, il a vieilli, il s'est épanoui… Il ne s'est pas arrêté de vivre, ni de faire de la musique. Ses textes s'en ressentent : ils vont droit au but, à l'essentiel, tout en gardant cette part d'ombre et de mystère, et différentes interprétations possibles. Le nouvel album de Charles De Goal, conçu avec les musiciens qui l'accompagnent sur scène depuis le concert de reformation à la Flèche d'Or (9 mars 2006), s'inscrit dans la continuité des précédents, mais sur un ton résolument moderne, dans l'esprit musical d'aujourd'hui, avec un univers toujours très personnel mais beaucoup plus ouvert. Bien sûr il y a ces sons caractéristiques des synthés et des boîtes à rythmes des 80's, réinvestis, retravaillés avec les moyens numériques du XXIe siècle. Les guitares sont puissantes, cinglantes, acérées ; le rythme vif, fringant, aiguisé. Les textes frappent fort, nous bousculent, nous interpellent, nous interrogent.
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Charles De Goal jouait à la Mécanique Ondulatoire (8 passage Thiéré, Paris 11e) le vendredi 11 avril 2008 et présentait "Restructuration" : le public l'attendait de pied ferme !
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Des petits jeunes aux vétérans, toutes les générations sont présentes dans cette belle cave voûtée, à laquelle on accède par un étroit escalier en pierre. Après les parisiens "punk club" Hot Dog Addict, voici Charles De Goal restructuré, au grand complet : Patrick Blain (chant et guitare), Thierry Leray (guitare, synthés, programmations), Etienne Lebourg à la basse et Jean-Philippe Brouant à la batterie (et à la distribution de tranches de saucisson). Ça cogne fort dès le début du set et ça continue à fond les manettes avec "Procession", "Next Stop Disneyworld", "Identité", "Passion éternité", "Hais-toi !", "Choque-moi", "Décadence" "Régularisez-moi", "Finger Weg"… On reste là, scotchés, ravis d'écouter tous ces nouveaux titres, et des plus anciens, les incontournables "Soupirs", "Dans le labyrinthe", "Synchro", "Modem", "Ambiance répétitive", "Technicolor", "Hop, hop, hop, hop", "Missiles", "Kling Klang", "Exposition"… Final avec une reprise de Gang of Four : "Damaged Goods". Dommage que la sonorisation ne soit pas à la hauteur ! Les musiciens, eux, sont vraiment bons, et on lit sur leur visage la joie de jouer ensemble. Les gens dansent, chantent, rient, crient, sourient, photographient, filment, applaudissent… Une belle ambiance électrique et énergisante. Nous avons fini dans une véritable étuve ! Un concert "à la dure", comme on n'en fait plus, dans les vieilles traditions du rock'n'roll.
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On a pu, bien sûr, après le concert, acheter le CD, sorti sur le label Self Control (spécialement créé pour l'occasion), autoproduit et autodistribué ! On peut se le procurer via Internet. C'est vivement recommandé ! Pour les détails :

http://www.myspace.com.charlesdegoal

Mais venons-en aux faits. Patrick Blain, alias Charles De Goal, m'a consacré une longue interview (mars 2008) pour un article dans le numéro 44 de Longueur d'Ondes. Après être longuement revenus sur les rencontres et les événements qui ont conduit à la reprise des activités de Charles De Goal (puis à des concerts dans toute l'Europe), jusqu'à ce projet d'album et sa réalisation, nous avons passé en revue tous les titres de "Restructuration". Une visite commentée de ses textes par l'auteur lui-même, qui s'est raconté, de façon sincère et spontanée, donnant son interprétation des choses, livrant ses sources d'inspiration. En voici la retranscription. Après ça, vous n'écouterez plus Charles De Goal de la même façon…

L'idée d'un album s'est imposée dès le début de la reformation, on a créé deux morceaux, mais avec les concerts on n'a pas eu le temps de s'y consacrer totalement. Il y a six mois, on s'y est mis vraiment, on a tout fait "à la maison", en home studio. Finalement on a fait le boulot assez vite. À partir du moment où on s'est dit "ça y est, on y va", ça a été rapide. Il fallait juste le temps de s'y mettre. Mais sinon, la manière de composer n'a pas franchement changé, on ne réfléchit pas deux ans avant de faire un morceau. Cette fois-ci, il y a majoritairement des morceaux composés par Thierry (qui gère aussi le son, la production), d'autres qui sont majoritairement composés par moi, il y a même un morceau majoritairement composé par Jean-Philippe le batteur. Mais après chacun amène son grain de sel, son idée.

Les textes, c'est moi. Ça ne change pas. On ne change pas un esprit malade ! J'ai beaucoup plus travaillé dans le sens : d'abord la musique, puis les textes. Je n'avais pas des tonnes de textes en avance chez moi, je ne suis pas un poète maudit ! Je travaille pour l'occasion. Si je n'ai pas de motivation, un but concret, ça ne vient pas à l'esprit de faire des textes, comme ça, "pour rien".

Je cherche moins à cacher les choses qu'avant. Avant, il y avait beaucoup de tiroirs, il y en a peut-être moins là. Il y a deux thèmes essentiels dans cet album : le questionnement sur l'identité et le cheminement vers la mort. Je pense que c'est dû à mon âge, ça commence à me travailler, c'est sûr, ça a influencé pas mal mes textes. J'ai une certaine angoisse qui m'a prise à mes cinquante ans et qui reste assez présente.

Thierry a composé "Restructuration" du début jusqu'à la fin, un peu comme un genre de "concept album". Ça n'a pas été voulu comme ça au départ, mais il s'est avéré que les choses s'imbriquaient assez bien et apparaissaient logiques. Effectivement les sens sont moins cachés, les textes plus directs. Quoique...


1)Régularisez-moi

C'est le morceau qui a été composé par Jean-Philippe. C'est un truc de fou ! C'est même lui qui a fait les paroles. Je pense qu'il a été influencé par tous les problèmes qu'on a actuellement avec Hortefeux et compagnie. Tout le disque parle de la restructuration et la pochette, c'est justement des représentations d'ADN, plus un scalpel. C'est la trituration de l'identité jusqu'à l'ADN, jusqu'aux questions : "Qu'est-ce qu'un individu ?" "Est-ce qu'on peut le transformer ?" Donc finalement, ce morceau-là allait très bien en intro, il accroche, il annonce la couleur.


2)Passion éternité

Ce qui m'a influencé, c'est la lecture d'un philosophe qui est mort récemment, André Gorz (84 ans). Il s'est suicidé avec sa femme (Dorine, 83 ans, atteinte de maux incurables), car il ne supportait pas l'idée de lui survivre. Ça m'a vraiment beaucoup marqué, et c'est à partir de ça que j'ai fait ce texte-là. (André Gorz : "Lettre à D. Histoire d'un amour", éditions Galilée, 2006)


3)Choque-moi

Je n'avais jamais fait un texte comme ça. C'est un peu "SM light", comme tu dis. Comme c'est dans l'idée du cheminement vers la mort, c'est aussi tout ce qu'on n'a peut-être pas fait, qu'on aurait voulu faire, un regard vers le passé, qu'est-ce qu'on a fait, qu'est-ce qu'on n'a pas fait, qu'est-ce qu'on aurait bien aimé faire. Je ne sais pas si j'aurais bien aimé faire ça ! Mais je me dis tiens pourquoi pas essayer…


4)Procession

Souvent, ce qui m'arrive, c'est que je suis influencé par ce que je suis en train de lire. Pour ce morceau, je lisais "Les bienveillantes", de Jonathan Littell. Forcément le texte a été influencé par cette lecture, mais j'ai essayé de transformer ça en cheminement de la vie, où tu n'as pas ton mot à dire, où tu avances comme un mouton vers l'abattoir. Oui, il y a le côté réducteur de la vie, on fait des choses entre temps, mais finalement… "Comme à l'abattoir avancer en ligne, prier le ciel que la fin reste digne" : c'est tous aussi ce qu'on se dit, on prie pour que notre fin soit digne, pour qu'on ne meure pas d'une manière ridicule…


5)Identité

Là, j'étais en train de relire du Philip K. Dick. C'est typiquement schizophrène… C'est l'un de mes auteurs favoris. C'est vraiment le jeu : qui est à côté de moi ? Est-ce la réalité que je vois ? La réalité est-elle réelle ? C'est typiquement du K. Dick. Pourtant, un copain est venu me voir à la fin d'un concert et m'a dit : "C'est incroyable, c'est exactement ce que je suis en train de vivre." Lui, il est en train de se séparer dans son couple, de sa femme, pour aller vers quelqu'un d'autre. C'est comme cela qu'il a vu les choses. À la fois je trouve ça très bizarre, mais je suis très content que mes textes puissent être interprétés et parlent à du monde.


6)Figures imposées

Ça concerne la pression sociale qu'on a sur les épaules, qui fait que le seul moment où tu vas être tranquille, où tout va pouvoir s'évacuer un peu, c'est la nuit, dans le sommeil. Mes textes sont peut-être plus directs, mais j'essaye quand même aussi de faire en sorte qu'il n'y ait pas qu'une seule interprétation possible. Moi, ce qui m'amuse, c'est que des gens viennent me voir en me disant : "Ce texte-là me touche vraiment profondément pour telle ou telle raison", alors que ce n'est pas forcément ce que j'ai voulu dire. Parce que moi, je sais ce que j'ai voulu dire, la plupart du temps !


7)Next Stop Disneyworld

Ce n'est pas franchement une dénonciation, c'est plus une interrogation sur l'identité. Je suis moi-même un enfant de l'après-guerre et je me pose la question de savoir où sont mes racines. Le plan Marshall nous a influencés, nous a américanisés. Je ne vais pas cracher sur les Américains. Moi, ma culture, elle est aussi quelque part un peu américaine, ne serait-ce que par la musique, ou le cinéma… C'est le côté bicéphale. Il y a une petite pointe de dénonciation quand même, parce que ça m'énerve (c'est mon côté vieux con, je commence à être vieux !) de voir tous ces gamins qui vivent comme des Américains, comme des basketteurs, dans la rue, je trouve ça "too much".


8)Trop tard

C'est exactement ce dont je te parlais tout à l'heure. Ce sont les regrets de ne pas avoir fait certaines choses, le regard en arrière.


9)Décadence

Je n'aime pas les textes où c'est trop précis et j'aime un peu moins celui-là, même s'il est marrant. Il est fait pour le fun, pour la danse. C'est l'attaque du monde tel qu'il est aujourd'hui, tel qu'il transparaît dans les médias. La téléréalité, les stars, les people… Là c'est quand même une dénonciation du genre que je n'aime pas trop habituellement entendre. J'ai pris un peu plus position que d'habitude. C'est une attaque plus frontale, mais quelque part amusante. C'est presque de la tectonique ! C'est aussi ce qu'on a essayé de faire sur l'album (des sons actuels, des rythmes dansants), même si des gens risquent d'être déçus, parce qu'ils s'attendent à ce que je refasse exactement du Charles De Goal style premier album. Moi, ça ne m'intéresse pas. Réintégrer effectivement un esprit qui avait été perdu, oui, OK—c'est pourquoi on a remis certaines boîtes à rythmes "à l'ancienne"—, mais je n'ai pas envie de faire du "copier-coller", pour moi ça n'a aucun intérêt. J'avais envie de faire le Charles De Goal d'aujourd'hui.


10)Destination Terre

C'est la vie qu'on quitte, il y a une odeur de terre, une odeur d'éther, ça sent la fin…


11)Hais-toi !

Là on est passé de l'autre côté, c'est une diatribe, même si c'est un peu prétentieux : "Dieu, quand je vais te rencontrer, je vais te dire que je ne t'aime pas." Quand on est allés faire les voix dans un studio, l'ingénieur du son nous a dit : "C'est incroyable, on dirait Marylin Manson qui fait de la country !"


12)Restructuration

Celui-là peut être interprété aussi de multiples manières. J'espère que tu auras remarqué le clin d'œil à la fin : "Prêt pour une autre Exposition". Donc c'est aussi un peu quelque part l'histoire de la restructuration de Charles De Goal pour arriver à celle-ci. C'est aussi la restructuration d'un être humain ou d'une entité ou d'autre chose, présenté comme un "produit". On peut aussi y voir l'idée de la réincarnation, si on y croit. À l'origine ce n'était pas ce texte-là, c'était un texte beaucoup plus politique, sur les restructurations économiques, mais ça ne me plaisait pas. C'était le genre de texte que je n'aime pas. Je n'ai pas envie de dire "un tel c'est pas bien", on le sait, on est assez intelligent (du moins, je l'espère) pour ne pas avoir besoin que quelqu'un vous dise "attention là c'est pas bien, c'est un gros méchant". On est capables de réfléchir par nous-mêmes, on peut chacun se faire notre opinion. Ça ne t'empêche pas d'avoir tes propres opinions et de pointer du doigt quelques petits trucs… Mais je n'aime pas les donneurs de leçon.


13)Finger Weg

C'est le morceau caché de l'album, le moment où l'on redevient un enfant. "Finger weg", c'est ce qui est écrit en allemand sur les portes coulissantes du métro, ça veut dire "bas les pattes", "enlève tes doigts". C'est à prendre avec dérision.

26.04.2008

Chroniques de printemps 2008

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Le nouveau numéro de Longueur d'Ondes (44) est arrivé et comporte 84 pages! On peut se le procurer dans de multiples lieux culturels (salles de concerts, disquaires, médiathèques…), ou en le téléchargeant au format PDF via le site Web.
http://www.longueurdondes.com

On parcourra avec attention et intérêt la rencontre inédite entre Camille et Gonzales, créateurs visionnaires, on découvrira l'actualité musicale d'artistes comme Thomasi, Albin de la Simone, Rubin Steiner, Arman Méliès, Papillon Paravel, Pigalle, Kent… On fêtera le grand retour de Tanger et de Charles De Goal, nous livrant chacun un album d'excellence ; ils nous prouvent qu'en matière de rock hexagonal, on peut placer la barre très haut.

Il y a aussi des chroniques en veux-tu en voilà ! J'ai déjà lu celles d'Alain Bashung, dEUS, Kaly Live Dub, Balbino Medellin, Jean-Louis Murat… Voici cinq des miennes, qui concernent des gens qui me tiennent à cœur (auteurs, compositeurs, interprètes), que j'ai eu (et continue à avoir) grand plaisir à écouter.
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GONG GONG
"Mary's Spring"
(F Com/Pias France)

Le 1er album du duo, "Laughing with the Moon", nous avait étonnés, charmés, ensorcelés. Thomas Baudriller (basse, contrebasse, guitares, claviers, voix, programmation) et Jean-Christophe Baudouin (batterie, voix, programmation) poursuivent leurs expériences sonores, vocales, rythmiques, électroniques… sur l'épatant "Mary's Spring". Les onze pièces musicales, dansantes ou plus méditatives, foisonnent de trouvailles et d'effets : percussions corporelles, samples de voix chantées ou parlées, rires, cris, souffles… "Beatle Fish" ouvre l'album avec ses étonnants bruits d'eau, "Pinocchio" nous fait rejoindre une farandole universelle, "Witch Box" joue avec les voix d'une chorale féminine. Nous explorons un à un ces territoires singuliers, regorgeant d'idées, d'humour et de poésie. Gong Gong travaille aussi la scène, créant un univers visuel au plus proche de sa musique. En tournée dès ce printemps, avec un nouveau spectacle.
http://gonggong.free.fr
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THEO HAKOLA
"Drunk Women and Sexual Water"
(Wobbly Ashes Records/Anticraft)

L'ex-leader d'Orchestre Rouge et de Passion Fodder poursuit, depuis 1992, une carrière musicale en solo, à laquelle viennent s'ajouter d'autres projets artistiques : théâtre, cinéma, littérature… Cet Américain vivant à Paris depuis près de 30 ans, personnage attachant, singulier, authentique, nous revient avec un 5e album lumineux, élégant, magistral, à la durée phénoménale de 79 minutes ! Sur "From Little Wolf to Hair of the Dog", la basse est nerveuse, les guitares impatientes, la rythmique enlevée, le violon enflammé (Bénédicte Villain, fidèle au poste). Le chant, à l'accent si caractéristique, est toujours très inspiré. "Ballad of a Thin Man" est une reprise de Bob Dylan. Entre ce premier et ce dernier morceau, nous plongeons dans une musique rock éclatante, puisant profond dans les racines du folk américain. Les références littéraires abondent, à commencer par le titre : "Agua sexual" est un poème de Pablo Neruda.
www.theohakola.com
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ALEXANDRE KINN
"Dans la tête d'un homme"
(Interphonics/AZ Universal)

Un EP six titres paru à l'automne 2006 avait retenu toute notre attention. Pour notre plus grand plaisir, nous en retrouvons quatre parmi les treize proposés sur ce premier album très abouti. "Aude" (ode à l'enfant à naître), "J'appartiens" (questionnement sur les sentiments), "Pour toi" (déclaration d'amour), "Dans la tête d'un homme" (fragilité, faiblesse humaine), nous avaient profondément touchés, mettant notre sensibilité à vif. Les nouvelles chansons d'Alexandre Kinn, auteur, compositeur et interprète (voix, guitares, harmonica), sont dans la même veine (folk urbain humaniste) et nous font voir la vie en blues, avec ses joies, ses espoirs, ses tristesses et ses doutes. Bob Dylan n'est pas loin, ou encore Ben Harper (usage d'une weissenborn). Nous aimons beaucoup "L'alliance" (méfaits du mariage), "Tranquille" (bilan d'une vie), "Glisse" (hymne à agir). Cet artiste Fair 2008 entame une grande tournée nationale.
www.myspace.com/alexandrekinn
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MANIS
"A l'arraché"
(Autoproduit)

Nous l'avions remarqué fin 2007 au festival parisien "Désin'volt", où il était programmé en tant qu'artiste sélectionné par le COACH (structure d'accompagnement et de conseil). Nous retrouvons Manis sur ce premier album aux dix chansons élégantes, exotiques et raffinées, qui sont comme autant d'invitations au voyage, d'appels à la sensualité, d'envies de danser. Les guitares, acoustiques ou discrètement électriques, sont soutenues par des percussions légères et chaloupées ; y plane parfois le jeu divinement aérien d'un Fender Rhodes. La voix chaude, veloutée, caressante, nous parle à mots couverts, nous met dans la confidence, nous emmène dans des pays ensoleillés, proches ou lointains. "Comment ça se danse" met en scène une parade amoureuse, "La Palermitaine" nous fait rencontrer une femme troublante, "J'aime l'orage" loue les éléments, l'amour et les grands espaces, "Trahison" évoque la peine à être loin de l'être aimé.
www.myspace.com/jbmanis
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TOMISLAV
"J'y vais, j'en reviens"
(Autoproduit, 6 titres)

Jeune "one man band" aux chansons folk très attachantes, Tomislav évoque Voulzy, De Palmas ou Tété. On accroche dès le premier morceau : "Le temps est à la fête", pop song douce-amère, dont on fredonne avec plaisir la mélodie. Une voix chaleureuse, nuancée, haut perchée, une guitare acoustique énergique, agrémentée d'harmonica… Un album se prépare : on l'attend impatiemment !
www.myspace.com/tomislavausavon

12.04.2008

J'achète !

Mes activités journalistiques me permettent souvent, il est vrai, d'écouter de nouveaux albums sans avoir à les acheter et, qui plus est, avant tout le monde ! Évidemment, c'est pour la bonne cause : il y a, à la clé, l'écriture d'un article, ou d'une chronique. Dernièrement, j'ai eu la joie de découvrir, en exclusivité, le dernier album de Tanger (Il est toujours 20 heures dans le monde moderne), celui de Charles De Goal (Restructuration), le 2e Gong Gong (Mary's Spring), qui seront dans les bacs courant avril ! Incessamment, donc !

Je ne télécharge pas illégalement (d'autres s'en chargent pour moi) ni légalement d'ailleurs, et de temps en temps, j'achète des disques, ceux de gens que je considère comme des "valeurs sûres", des "talents rares", qui méritent que je leur consacre une partie de mon budget.
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Les deux derniers CD que j'ai achetés sont ceux de Jad Wio : "Sex Magik" et Daniel Darc : "Amours Suprêmes".
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Qu'est-ce qui a motivé mes choix ? Pourquoi ces disques-là plutôt que d'autres ? Tous les albums de Jad Wio (compilation "Cellar Dreams", "Contact", "Fleur de métal", "Monstre-toi", "Nu Cle Air Pop") tournent régulièrement sur ma platine, alors pourquoi me priver du dernier ? Quant à Daniel Darc, je peux dire que "Crèvecoeur" (2004) est l'un de mes disques de chevet, et qu'"Amours Suprêmes" est en passe de le devenir également.

Ce sont aussi mes lectures dans la presse musicale, plutôt enthousiastes et positives, qui m'ont convaincue du bien-fondé de mes achats. À commencer par Longueur d'Ondes, où je ne me contente pas de relire mes propres chroniques ! Celles de Patrick Auffret et d'Eric Nahon, journalistes à LO, ont largement contribué à orienter mes derniers choix discographiques. Puisse cela aussi vous inspirer et vous donner envie d'écouter ces albums…
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JAD WIO
"Sex Magik —Histoire de Lilith Von Sirius"
(Magik C/Discograph)


Devenir pute : ultime fantasme d'un chanteur qui parade en talons aiguilles… On entre dans ce disque comme dans un livre interdit, avide de découvrir les aventures forcément érotiques de Lilith Von Sirius, la courtisane de luxe. Dès "Das ist…", premier morceau aux ambiances cabaret-technoïde, on sent l'essai réussi. En rendant hommage à l'artiste libertine polonaise Diana Orlow, Bortek livre un grand disque sexuel et anticonformiste. La présence de K-Bye, le guitariste des sulfureux débuts, donne de l'amplitude aux guitares. Le résultat est joliment rythmé, tendrement subversif, triste parfois, savoureux souvent et toujours férocement pervers, voire lubrique… Ceux qui en doutent doivent écouter la sublime chanson "Sans début ni fin". L'usage de l'allemand renforce encore, sur quelques titres, le côté malsain… Vingt ans après, cet album qui reprend à la mode d'aujourd'hui les meilleurs thèmes du duo SM doit être celui de la consécration.

http://www.jadwio.com

Patrick Auffret
Longueur d'Ondes #41
(automne 2007)

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DANIEL DARC
"Amours Suprêmes"
(Mercury/Universal)


Hey honey, take a walk on the Darc side. "J'irai au Paradis parce que c'est en enfer que j'ai passé ma vie…" Dès les premières phrases, l'ex-Taxi Girl donne le ton. Pas de complaisance ou d'auto apitoiement. Juste des mots forts et simples. Darc ne parle jamais des choses qu'il ne connaît pas. Amour, mort et rédemption sont donc au programme. Et l'envie de vivre. On guette la lumière, elle arrive parfois au détour d'un refrain, comme un coucher de soleil rougeoyant dans un ciel bas et gris. Sans effet de manche, ses propos sont encore plus forts et nous prennent aux tripes. La musique surprend moins mais les mélodies tout en finesse de Frédéric Lo sont splendides et apportent un peu de lumière céleste à ces chroniques chaotiques. On croyait que Daniel Darc n'arriverait pas à surpasser l'indispensable "Crèvecoeur". On avait tort. Quand viendra l'heure de faire votre top album 2008, vous n'oublierez pas ce disque poignant sous prétexte qu'il est sorti en début d'année. Parole.

http://www.danieldarc.com

Eric Nahon
Longueur d'Ondes #43
(février/avril 2008)

01.03.2008

Chroniques de fin d'hiver

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Et hop ! C'est parti pour le numéro 43 de Longueur d'Ondes, qui devrait être maintenant disponible gratuitement un peu partout  ! En tout cas, il y en aura sur Meaux (médiathèque, MJC) et sur Noisiel (Ferme du Buisson) !!! Sinon, on peut le télécharger en PDF de chez soi, en cliquant là :
http://www.longueurdondes.com

Voici quatre de mes chroniques, figurant dans ce numéro. Il y en a pour tous les goûts ! Tous ces artistes méritent qu'on les écoute ! Qu'on aille les voir en concert !
 
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CHEMEMPA
"Mollo sur le destroy"
(Koud'ju)

Nous voilà immédiatement mis au parfum avec "Ni plus ni moins", premier titre sautillant, rayonnant, ensoleillé, d'un album survitaminé, régénérant, résolument optimiste. Les six membres de Chemempa cultivent la bonne humeur et en ont à revendre. On en a bien besoin en ce début d'année ! Pour lutter contre la grisaille et la morosité, une solution : les rythmiques entraînantes du ska et du reggae (Cyril à la batterie, Nico à la basse, Guillaume à la guitare), des mélodies cuivrées, très colorées (Yohanna à la flûte, Fabulous au trombone et à la clarinette), le chant énergique et chaleureux de Nyko. On danse salsa sur "Buenas vibrations", oriental sur "Mange la vie", on aime le clin d'œil rock alternatif de "Simca". Héritier des Satellites, Négresses Vertes, FFF, Zebda…, le combo du 77 bénéficiera en 2008 du PAP : Projet Artiste Parrainé du COAH. Vente du CD via le Web et les concerts, avant la sortie nationale en mai.
 
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LA MAL COIFFEE
"La mal coiffée"
(Modal/L'Autre Distribution)

La polyphonie est une combinaison de plusieurs voix indépendantes et pourtant liées les unes aux autres par les lois de l'harmonie. C'est ce que pratiquent les six filles de la Mal Coiffée, en langue d'Oc, s'il vous plaît ! Dans la lignée de Moussu T ou Dupain, elles nous emmènent loin vers le Sud, interprétant des chants populaires rythmés par le tambour et autres percussions.
 
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M. CHANCE
"M. Chance va mieux"
(Ignatub/L'Encours)

Ce M.-là est le personnage sorti de l'imagination de Matthieu Ballet (compositeur, arrangeur, réalisateur) qui, quand il ne travaille pas pour les autres (Thomas Fersen, Miossec, Merzhin…), trouve (et heureusement !) encore du temps pour créer sa musique. Avant M. Chance, il y a eu Dr Love, projet plus électro, qualifié par la presse de "chanson hardcore". Il faut dire que l'univers du bonhomme est plutôt froid, tranchant, sombre et acide. Les 17 titres qui composent l'album, réalisés entre 2000 et 2007, sont comme autant de lames aiguisées, effilées, qui touchent en plein cœur. On est happé par les cordes de "Je vais mieux", qui rappellent celles de Cure dans "M", interpellé par "Fuck de Fuck" et son phrasé haché, captivé par l'histoire d'Adrienne dans "La jeune fille et la mort". La reprise de Taxi Girl, "Cherchez le garçon", dansante à souhait, est du meilleur effet. En téléchargement ou en commande via le Web.
 
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SU LI ZHEN
"Su*Li*Zhen*"
(Alien Prod)

Des clochettes cristallines, suivies d'une mélodie évoquant la lointaine Asie, ouvrent, en intro, un album lumineux, aérien, onirique. Su*Li*Zhen* est le projet ambitieux de Nico, multi instrumentiste nancéen très inspiré, qui dit vivre "la musique comme un art". On se promène agréablement d'un titre à l'autre (13 au total), tantôt dansant, tantôt planant, passant d'une ambiance sonore à une autre, d'un registre à l'autre. Ça donne dans le trip hop, l'électro, le rock, le jazz, l'ambient… Le tout est cohérent, singulier, harmonieux. On aime l'instrumental "Japanese flowers", le sax tout en volutes de "As tears go by", la jolie voix de Melle Huynen sur "No way to be your pawn", "Dream on" pour son petit côté métal et médiéval. Chacun est libre d'imaginer, de s'en aller rêver au gré de ses humeurs et de ses émotions, à l'écoute de cette musique riche et inventive. On se procurera ce petit trésor en  téléchargement légal.
http://www.sulizhenmusic.com

02.02.2008

Philippe Uminski

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En novembre 2007, j'ai réalisé pour Longueur d'Ondes une interview (par mail) avec Philippe Uminski, qui préparait alors une série de concerts en première partie de Calogero, en même temps que la sortie de son album, "Les curiosités" (en téléchargement légal). Cette interview a donné lieu à un article dans la rubrique "On y croit" du numéro 42. J'avais préparé une version intégrale de "l'entrevue" pour le site Web de Longueur d'Ondes, mais comme celui-ci est actuellement en stand by, je livre ici les fruits de mon travail. Un petit jeu de questions-réponses somme toute très sympathique !

Après deux albums solo où il laissait s'exprimer sa passion pour le rock garage sixties, cet artiste complet, fondateur du groupe Montecarl dans les 90's, nous revient avec douze titres en français, finement écrits, orchestrés de main de maître, façon cabaret.

Votre album précédent remonte à 2004. Quelle a été votre démarche pour concevoir "Les Curiosités" ? Dans quel contexte l'album s'est-il mûri ?

Pour commencer, j'en ai eu marre du petit monde du rock français, de ses codes et de ses limites. Je vous rappelle que jusqu'ici, je pratiquais un rock assez dur, issu de ma passion pour le garage rock sixties. Ensuite, j'avais très envie d'écrire des chansons de mon âge, d'enlever la patine du rockeur et de tenter d'être au plus près de moi-même. J'ai eu envie d'être chansonnier, comme Charles Trenet, Lennon ou Mc Cartney. D'écrire des chansons libres, qui pourraient appartenir autant aux auditeurs qu'à moi, qui ne seraient pas coincées dans un style ou une pose quelconque. J'ai beaucoup travaillé les textes, m'interdisant d'enregistrer une seule note avant que la chanson ne tienne la route en guitare/voix. Pour moi, cet album est un album de libération. Puis, à l'enregistrement, nous avons joué intégralement "live", sans accordeurs et tempos électroniques, pendant 5 jours, dans ce même souci de vérité. Je crois pouvoir dire que ce fut un beau moment pour tous ceux qui y ont participé.

Vos textes ont un ton assez désabusé, tout en gardant de l'optimisme, une confiance en la vie, la destinée. C'est votre état d'esprit d'aujourd'hui ? De toujours ?

Absolument ! Mon DA (Directeur Artistique), Dominique Gau, me décrit comme un dépressif optimiste ! Je ne sais pas… J'ai un regard un peu dur, un peu sec sur le monde, mélangé à une grande joie de vivre !!! (un vrai gamin !!!).

Pourquoi avoir introduit des cuivres et des cordes dans cet album ? On vous en a donné la possibilité, les moyens financiers ?

L'album, tout en jouissant d'un budget confortable, n'a pas coûté plus cher qu'un autre. C'est grâce aux efforts et à l'envie de chacun que cela a été rendu possible. Pour ce qui est des cordes ou des cuivres, j'adore écrire pour orchestre (j'ai étudié au conservatoire assez longuement), je le fais souvent pour des productions auxquelles je participe. Pour la première fois, mon style était en accord avec ce genre de pratique, alors du coup je ne me suis pas privé !!! D'autant que l'orchestre sert les chansons d'une façon assez personnelle. Je ne crois pas être tombé dans le poncif des violons sirupeux "pour faire beau" (enfin... j'espère !!!).

Quelle est la chanson de l'album que vous avez le plus de plaisir à chanter ? Pourquoi ?

Pour la première fois, et probablement du fait de cette volonté d'être au plus près de moi-même, j'ai écrit des chansons qui me convenaient vocalement, dans un registre où je suis bien, sans essayer d'imiter machin ou truc (ou alors pour m'amuser...). Du coup, j'aime toutes les chanter, avec une mention spéciale pour "Lola Lola" dont j'apprécie le côté décadent et tendrement misogyne du texte.

Vous participez à des projets avec d'autres artistes, en qualité de musicien, de parolier, de réalisateur, d'arrangeur, de producteur. On cite Calogero, La Grande Sophie…

Oui. Merci à eux de m'avoir fait confiance. Ils m'ont beaucoup appris et aidé.

Avec quels autres artistes avez-vous déjà travaillé ?

Avec Romain Humeau d'Eiffel, qui est un ami très cher (et un grand talent), Dave, Marie Espinosa, Mass Hysteria, Axel Bauer, Fabien Cahen (qui est aussi un ami très cher), DJ Zebra et Denis Barthe, Pierre Guimard, Keren Ann, Leopold, Mareva Galanter, le groupe Neimo. J'en oublie probablement, qu'ils me pardonnent.

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ?

Paul Mc Cartney !!!!!!!!!

Et dans l'absolu ?

John Lennon.

Que vous apporte MySpace en terme de diffusion de votre travail, de votre musique ?

C'est un indéniable moyen de faire connaître son travail, et ça m'a aussi permis de réunir enfin un public intéressé, mais qui n'avait pas trop d'infos sur moi jusque-là.

Comment vous sentez-vous à l'approche de cette grosse tournée avec Calogero (en novembre et décembre 2007) ?

Très enthousiaste !!!! J'ai été un peu privé de scène ces dernières années alors que je m'y sens en "milieu naturel" depuis toujours. Je ne ressens pas vraiment d'angoisse, j'y pense avec beaucoup de bonheur, avec l'envie de m'amuser et de faire plaisir au public.

Comment appréhendez-vous le fait de jouer dans des grandes salles, comme le Zénith ?

Je ne me rends pas bien compte... Je n'ai jamais joué dans des salles de cette importance, mis à part quelques festivals, mais je trouve quand même qu'il est plus facile et agréable de jouer dans des grandes salles pleines que dans de petites salles vides (comme ça m'est arrivé bien des fois !!!!).

Combien y aura-t-il de musiciens sur scène avec vous ? S'agit-il des membres du Bazarnaüm Band et du Bazarnaüm Orchestra, qui ont enregistré le disque, ou d'une autre formation ?

Nous serons quatre. Greg à la batterie, Valentin à la guitare, la belle Aurore au piano, et moi à la basse et au chant. Ils n'ont pas joué sur l'album, mais joueront probablement sur le prochain !!! Le Bazarnaüm Band était la réunion de gens qui ont des projets de leur côté (Kim, Benjamin de "The Film", Alain Lanty, grand pianiste "docteur ès Beatles", Max Garoute et Johan Dalgaard) et que j'ai réunis pendant cinq jours géniaux pour former une sorte de super groupe éphémère. Je n'ai jamais pensé pouvoir les réunir sur scène… Mais mes nouveaux amis ont énormément de talent !

Sur votre "MySpace", vous apparaissez en dandy décalé, décadent (chemise ouverte, cravate défaite, costume pas net, chapeau haut de forme de travers...). Est-ce l'image que vous allez mettre en avant sur scène ? (Note de la rédactrice : ce sont d'autres photos maintenant, en noir et blanc, plus sobres que les précédentes, qui habillent sa page.)

Oui. Dandy dépenaillé, un peu "charlot" sur les bords, c'est une image qui me plaît et me ressemble. Mais je n'en ferai pas trop non plus car je ne voudrais pas que ça ait l'air d'un bal costumé. J'aimerais pouvoir me présenter de la façon la plus naturelle du monde, un moment de sincérité…

Avez-vous conçu, autour de vos nouvelles chansons, un spectacle dans l'esprit cabaret, music-hall, qui semble être le fil conducteur de vos "Curiosités" ?

C'est un projet que j'ai pour la suite, mais nous n'allons jouer qu'une demi-heure je pense, et nous allons surtout nous attacher à donner de l'énergie et du plaisir aux gens sans trop de sophistication superflue. La musique, elle, conserve cette touche cabaret ragtime avec un peu de Beatles dedans !!!

Après la tournée avec Calogero, quels autres projets de scène avez-vous ? Y aura-t-il des dates sur Paris, en Province, ou plus loin ? Dans quels types de salles ?

Nous commençons à monter une tournée pour le printemps, dans des salles évidemment plus modestes, où nous pourrons montrer toute notre palette, y compris des choses tirées des anciens albums !!! Nous jouerons probablement à Paris pour la sortie de l'album. En fait, je jouerai partout où ce sera possible, quel que soit le lieu.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Merci pour cet agréable questionnaire !!! J'espère n'avoir pas été trop bavard (mais je crois que si…).

"Les curiosités"
(Warner Music France)

http://www.myspace.com/uminski

Signalons pour ceux qui souhaiteraient le découvrir, que Philippe Uminski sera en concert à Paris, au Nouveau Casino, le 5 février 2008, pour présenter ses "Curiosités", et annoncer leur sortie dans les bacs.

29.12.2007

Chroniques de début d'hiver

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Sur la Même Longueur d'Ondes sort son numéro 42 (gratuit !) pour les fêtes de fin d'année avec, en couverture, aux couleurs de Noël, Katerine et ses Vedettes aux cuissots bien dodus…

Collaborant toujours au magazine, principalement pour des chroniques (de temps à autre des articles et des comptes rendus de concerts, de festivals…), j'en livre ici quatre, concernant des artistes que je tiens à soutenir. Les deux premières figurent dans la version papier du #42, les deux suivantes ne bénéficient (malheureusement) que de la version Net.
Il semblerait qu'actuellement, le site soit en mise à jour... patience, donc ! 
 
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CASARECCIO
"Live"
(Autoproduit)

Enregistré à Ay (51), fief de Jano, chanteur et guitariste du groupe, lors d'une série de trois concerts, ce CD contient des titres issus des deux albums studio précédents et des inédits. Il retranscrit bien l'énergie dégagée sur scène par le quintet, qui se distingue par son humour et sa bonne humeur. Casareccio mélange avec joie rock, chanson, reggae, jazz, musique espagnole.
http://www.myspace.com/casareccio

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THOMASI
"Le bazar du bizarre"
(Autoproduit)

Après "Lundi dans la lune" paru en 2006, voici un deuxième album très abouti, écrit dans la même veine que le premier. Les compositions, énergiques, enlevées, virevoltantes, font la part belle au swing, au flamenco, au jazz manouche, à la musette. Guitare, violon, contrebasse, piano, accordéon, batterie… rivalisent d'ingéniosité et de virtuosité. Les chansons, poétiques, réalistes, toujours attachantes, explorent des thèmes familiers (l'univers populaire parisien, l'amour, l'amitié…), mais aussi plus inattendus. Thomasi, bien inspiré, nous fait part de ses joies créatrices dans "Moleskine Swing". Il chante avec finesse l'attirance d'un hétérosexuel pour les amours masculines dans "Banana Café", raconte la vie du lion rugissant des films de la Metro Goldwyn Mayer dans "Mon vieux  Léo". "Lucie" décrit l'existence ratée d'une jeune comédienne. La palme de l'émotion revient à "Franck", interprétée sobrement, sans artifices.

Note de la rédactrice : Thomasi vient d'obtenir une aide financière de la SACEM pour l'autoproduction de cet album, qui sortira en février 2008.

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TALK MINA
"Nature humaine"
(Autoproduit)

Yasmina met sa voix en avant et raconte plus qu'elle ne chante, selon un phrasé rythmé, ferme et posé, qui n'appartient qu'à elle. Ses textes, francs, lucides, sincères, sont comme autant de tranches de vie : la sienne ("Androgyne", "L'amour en fuite") ou celle des autres ("La zonz", "Romain"). Olivier apporte une touche musicale discrète mais colorée, complémentaire.
http://talkingkhoia.canalblog.com

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LE CHAUFFEUR EST DANS LE PRÉ
"Imidiwen"
(Chauffeur Production/Mosaic Music)

Dès le premier titre, "Adrar", on sent qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire. D'abord on reconnaît les guitares blues touareg, les chants traditionnels du désert. Puis on entend le timbre d'une clarinette, d'un saxophone, d'un bugle ; le souffle d'un accordéon, la frappe d'une contrebasse, d'une derbouka. Nous voilà entraînés dans une joyeuse farandole, qui nous emmène au Sahara pour une veillée au coin du feu où aurait lieu un bal musette. On y danse pieds nus dans le sable, la tête dans les étoiles. Ce disque est né de la rencontre entre les six musiciens méridionaux du "Chauffeur" et les quatre artistes maliens Moussa, Yaya (guitares, chant), Kéli et Nina (chant). Il résulte d'une belle amitié ("Imidiwen" signifie "les amis"), faite d'échanges et de partages entre deux cultures, deux continents. 17 titres intenses et colorés, dont l'émouvante valse africaine "Nina et Nina". Tournée en France puis au Mali.
http://www.lechauffeur.org

20.10.2007

Chroniques d'automne

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Le numéro 41 du magazine musical "Sur la même Longueur d'Ondes", avec Kwal en couverture, est arrivé ! Il est disponible gratuitement dans les salles de concert, les bars, les médiathèques, les disquaires… de France et de Navarre ! On le trouve aussi à l'Espace Culturel des centres Leclerc et chez Cultura.

Pour savoir où trouver un exemplaire pas loin de chez vous, cliquez ici :

http://www.longueurdondes.com

Vous aurez aussi, sur le site Internet du magazine, la primeur des articles et des chroniques figurant dans ce numéro !


Vous êtes sur MySpace ? Rejoignez le cercle des amis (déjà très nombreux) de "LO" !

http://www.myspace.com/longueurdondes

Je vous présente ici trois chroniques de disques (un maxi, deux albums) que j'ai réalisées pour ce numéro d'automne. Elles concernent des artistes éminemment attachants, auteurs, compositeurs et interprètes, qui valent vraiment le coup d'être écoutés, autant pour les textes que pour la musique .

Il s'agit de : Anne Cardona, Lizzy Ling et Valier.

Vos commentaires seront les bienvenus ! D'avance merci !

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ANNE CARDONA
"Je déteste le rose"
(Autoproduit)

La brune Parisienne fait des chansons piquantes, tendres, drôles : en voici 4. Outre son horreur du rose et son goût pour les rimes en "ac", elle adore les histoires d'amour. Une voix grave peu banale, sachant monter dans les aigus, des résonances indiennes, un esprit rock : une formule séduisante à découvrir sur scène (La Comedia) d'octobre à février. EP 6 titres à sortir.

www.myspace.com/annecardona

Note de la rédactrice :

Bonne nouvelle ! Les concerts d'Anne Cardona à la Comedia se prolongeront jusqu'en juin 2008, à raison de deux mercredis par mois (le 2e et le 4e, sauf le 26 décembre : relâche). Il faut la voir ! On passe un excellent moment, dans un décor 60's en noir et blanc, où Anne évolue sans complexes, avec beaucoup d'humour, chantant l'amour ; la mise en scène est trépidante, truculente et enlevée...

Espace La Comedia

Salle des Pavés 

6 impasse Lamier 

75.011 Paris

Entrée 15 €, tarif réduit 10€

Concert à 21h

01-43-67-20-47 

resa@la-comedia.com 

http://www.la-comedia.com (???)

 

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LIZZY LING
"Un tigre dans le bungalow"
(Autoproduit)

Cette artiste n'a pas qu'une seule corde à son arc. Elle compose, écrit et prête sa voix à de nombreux projets. Les douze titres de l'album, sur lequel souffle un petit vent d'Asie, apportent poésie, fantaisie, humour et légèreté. Jean Fauque (parolier de Bashung) signe ici cinq textes émaillés de fins jeux de mots : "Le jour s'ennuie", "Mendie-moi", "Tais-toi", "Tombée là par amour", "Tout est amour". Elle-même en livre six, dont le coquin "Un tigre dans le bungalow" et un autoportrait piquant, "Lizzy Calamity", sur fond de musique western. Les arrangements, l'enregistrement et le mixage sont assurés par Minimatic (Rhodes, claviers, sons étranges…). En ouverture, on tombe sous le charme de "L'hiver" de Lionel Privat. On se recueille sur "Fleurs et sortilèges" on danse sur "Tokyo" en restant à Paris ; une histoire se termine dans "Prenons le large". L'album se clôt avec le planant et saisissant "Black Butterfly".

www.myspace.com/lizzyling

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VALIER
"Valier"
(La Blanche Production)

Seul à la guitare et à l'harmonica, ce Rennais devenu Brestois, pas né de la dernière tempête, nous crache quinze chansons rageuses, rugueuses, fougueuses et ravageuses. Chez lui, le blues s'écrit "blouse", du verbe blouser : "induire en erreur, abuser". Il nous l'assène à toute vitesse, à grands coups d'accords brutaux, de riffs sauvages, de textes incendiaires. Son imparable voix grave n'en finit pas de nous poursuivre, de nous hanter, de nous posséder, de nous consumer. Tout est intense, tout est urgence, tout est extrême. Loin des modes et des enjeux, l'homme, excentrique et solitaire, s'expose à vif, fait du rentre-dedans. On se sent bousculé, culbuté, terrassé ; on n'en sort pas indemne. On reste "sur le cul" et on en redemande : ça fait du bien, c'est salutaire. Pour mieux cerner le personnage, on lira, sur son site, "Ses combats", suite d'interviews finement menées, lucides, acides et désarmantes.

http://valierexperience.free.fr

Note de la rédactrice :

La rubrique "Ses combats" n'existe malheureusement plus sur le site de Valier. Par contre, vous pourrez écouter sa musique (6 titres extraits de l'album dont je parle et 6 autres d'une démo réalisée en mai 2007), et visionner une interview ainsi que deux titres en live au Vauban (Brest). Allez-y sans attendre !

22.09.2007

Festivals d'été 2007

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Gardons le rythme tout l'été, choisissons quelques festivals ; offrons-nous, à la clé, de belles émotions musicales !
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On commence par le Bruit de Melun (30 juin et 1er juillet) et sa programmation départementale (Boozy L, Dajzoelski, DJ R'An, Dondog, Ed-Äke, Elejia, Laid Down, Myassa, Raskar Kapak, Sihia, Versatil), hexagonale (Aaron, Abd Al Malik, Elista,Grand Corps Malade, Kaolin, Matmatah) et internationale (Ayo). La "Song family" me rejoint le samedi, et Caro m'accompagne pour faire des photos.
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Nous prévoyons d'aller à Dark Omen III (20/21/22 juillet), un festival consacré aux musiques gothiques, électroniques, métal, industrielles, ayant pour cadre le château de Vaux-le-Pénil, près de Melun, en Seine-et-Marne. Y sont programmés, entre autres : Front 242, New Model Army, The Hacker, Psyche… Nous réservons la journée du samedi 21 juillet (malgré le prix exorbitant de 44 € la place !) pour (re)voir Clan of Xymox, Jad Wio, De Volanges, découvrir des groupes à l'expression musicale et visuelle hors du commun, et surtout profiter d'un décor féerique et romanesque (château classé monument historique, jardins, caves voûtées, marché gothique, village médiéval) avec, à la clé, un grand bal masqué (trois dance floors jusqu'à l'aube). Que nenni ! Un repli de dernière minute au Bataclan parisien nous y fait renoncer, sans regret (merci la Fnac pour son efficacité à rembourser).
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Nous sommes allés deux fois, par beau temps, flâner à Paris Plages et avons assisté à quelques concerts donnés près du pont de Sully, dans le cadre du festival Fnac Indétendances (du 20 juillet au 18 août). J'ai bien aimé Daphné, Aaron (que je voyais pour la troisième fois), Narrow Terence, Hey Hey My My (Rock'n'roll can't never die !).
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Le 20 juillet, nous avons rencontré Kai-ly, nous nous sommes perdus au concert de Tété, j'ai erré sur les quais pour te retrouver, tu étais déjà rentré… Le 4 août, nous ne nous sommes pas quittés d'une semelle et après avoir écouté, de loin, quelques morceaux de Kaolin, nous sommes allés nous promener dans un Paris léger, insouciant, animé, avant de dîner dans un restaurant japonais.
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Je suis retournée à Lassay-les-Châteaux, dans une Mayenne verdoyante aux prés peuplés de vaches : s'y tenait la dixième édition des 3 éléphants (27 et 28 juillet). Cette année, le thème pour les décors était le cinéma. De nombreuses références cinématographiques parsemaient l'enceinte du festival, à commencer par cette arche de bienvenue "Elephant Park", les marteaux géants de "The Wall", la marque lumineuse de "Batman" sur la toile du chapiteau, les claps gigantesques fichés dans la pelouse aux environs de la grande scène. À la nuit tombée, les éclairages donnaient au site (très fréquenté, encore, cette année) une dimension onirique, fantastique, spectaculaire.
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J'ai fait de nombreuses découvertes musicales ; la programmation était tout à la fois pointue, cosmopolite et accessible. Je garderai de beaux souvenirs des prestations de Peter Von Poehl (Suède), Eric Truffaz (Suisse), Goose (Belgique), Son of Dave (Canada), Animal Collective (USA), Groundation (USA), Archie Bronson Outfit (UK) ; sans oublier les concerts saisissants, chacun à leur manière, du duo Air et du clan familial des Ogres de Barback.
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Je rencontrerai Vianney (du réseau Pince Oreilles) à plusieurs reprises, sur le festival ou dans la ville, nous passerons de chouettes moments ; et le dimanche après-midi, randonnant sous la pluie dans une campagne enchanteresse, je verrai apparaître Fred (du festival Le Son de l'Air), en famille, dans sa voiture, au détour d'une petite route !
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Nos vacances débutent à Granville (Normandie), début août, sous le soleil ; nous nous baignons, nous naviguons jusqu'aux îles Chausey aux paysages changeants, inhabituels. Puis cap sur Saint-Malo, balade sur la digue et les remparts, visite nocturne du Mont-Saint-Michel, virée à Binic pour pique-niquer avec Eric et Saskia…
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Ensuite, la Route du Rock (15/16/17 août), pour trois soirées électriques, frénétiques, éclectiques. Du mercredi 15 août, nous retiendrons notre arrivée sous les trombes d'eau, la folk gentillette d'Herman Düne, la pop déjantée d'Art Brut, la messe martelée de Justice. Le jeudi 16, grosse soirée et record d'affluence pour le retour de Billy Corgan et ses Smashing Pumpkins. Nous apprécions les petits jeunes cold wave de 120 days, la musique dansante et colorée de New Young Pony Club, nous partons avant la fin de CSS : ce n'est vraiment pas terrible !
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Il y a moins de monde le vendredi 17, pourtant l'affiche est alléchante, Myriam et Olivier nous ont rejoints. Je serai déçue par Electrelane (je trouve qu'elles sont meilleures sur disque) et pas vraiment transportée par Albert Hammond Jr (guitariste des Strokes). Je resterai scotchée pendant l'interprétation de l'album "Daydream Nation" par les fringants Sonic Youth, je découvrirai le rock pas banal de Turzi, je danserai comme une possédée sur les morceaux récents et plus anciens de LCD Soundsystem, mené par l'étonnant James Murphy, pour un concert plus qu'exceptionnel.
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Retour sur Paris dans le froid et dans la pluie, puis éclaircies ; le samedi 25 août, direction Rock en Seine avec Myriam et Olivier, qui eux, vont aux trois jours (24/25/26 août). Sur la scène de l'industrie, I Love UFO déverse un boucan d'enfer et Pravda joue la carte de l'humour. Nous migrons vers la grande scène : Jarvis Cocker est en pleine forme physique et mentale ; Jim Reid, le chanteur de Jesus and Mary Chain a, quant à lui, l'humeur plutôt maussade. Sur la scène de la cascade, nous écoutons Erik Truffaz, son jazz ouvert et enchanteur décidément me plaît ; nous reviendrons plus tard pour les Rita Mitsouko, qui remportent un franc et mérité succès. La version latino chaloupée, cadencée de Marcia Baïla est particulièrement réussie, ovationnée et chantée à tue-tête par un public dense et ému. Nous croisons Virginie et... Kai-ly.
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Le clou du spectacle est assurément Tool, qui nous propose une version personnelle du concert et de sa mise en scène, nous offrant une vision différente, des perceptions nouvelles. Ici, le chanteur reste en fond de scène, juché sur le praticable occupé par le batteur. Sur les écrans, défilent les vidéos créées par le groupe. Puissance du son, des éclairages et des images.
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Voilà donc un été bien rempli ! Après un gros break en septembre (je zappe la Fête de l'Huma, Arvest Festival et les Muzik'Elles), rendez-vous en octobre pour les festivals Factory (Tuxedomoon…) à la Cigale, BBmix (Young Marble Giants…) à Boulogne-Billancourt (92), Désin'volt (une soirée conférence, une soirée live) à la Bellevilloise (10 rue Boyer, près de la Maroquinerie).

Mon compte rendu du Bruit de Melun est sur le site de Longueur d'Ondes :
http://longueurdondes.com/articles/3430.htm

Celui des 3 éléphants aussi :
http://longueurdondes.com/articles/3434.htm

Celui de Fnac Indétendances ne saurait tarder (merci à Marie pour sa contribution) :
http://www.longueurdondes.com

Festival Factory :
http://www.myspace.com/festivalfactory

Festival BBmix :
http://www.myspace.com/bbmix

Festival Désin'volt :
http://www.myspace.com/smomdesinvolt

Tous les festivals cités dans cette note sont en lien à gauche, rubrique… FESTIVALS !

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